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La génération de ce psaume initialise la longue nuit de 3000 ans dans laquelle s’enfonce le peuple Juif à l’issue de la mort de Salomon.

Jeroboam-and-Ahijah-00044199La première génération (-930 / -910) est la génération du Roi Roboam, fils de Salomon qui lui succède.

Son règne fut de dix-sept ans, soit approximativement la durée de la première génération de la nuit. Il faut compléter cette période par le règne de son fils Abiam. Le règne d’Abiam fut de trois ans. Les règnes cumulés de Roboam et Abiam totalisent vingt ans soit l’équivalent de la première génération.

Ce qui était valable durant le jour (avant la mort de Salomon) reste valable après : les seules valeurs durables dans le monde matériel sont celles associées au respect de la loi de l’Éternel. Ce sont elles qui permettront à ceux qui les respectent, à défaut de dominer le monde réel, d’entrer dans le monde futur, dans le jardin d’Éden. Là où les arbres sont éternels, arbres dont les feuilles ne flétrissent pas.

C’est ce que rappelle le début du psaume de cette génération :

Heureux l’homme qui ne suit point les conseils des méchants, qui ne se tient pas dans la voie des pécheurs, et ne prend point place dans la société des railleurs, mais qui trouve son plaisir dans la loi de l’Éternel, et médite cette loi jour et nuit ! Il sera comme un arbre planté auprès des cours d’eau, qui donne ses fruits en leur saison, et dont les feuilles ne flétrissent point : tout ce qu’il fera réussira.

Ceux qui respecteront la loi de l’Éternel parviendront jusqu’au monde futur quels que soient les efforts des méchants car Dieu protège les justes non pas dans le monde réel mais en leur préservant l’entrée du monde futur.

Le psalmiste rappelle d’ailleurs que cette règle qui était valable avant cette génération (jour) reste valable pour les générations suivantes (nuit). Mais ce conseil n’est pas suivi par Roboam ni par son successeur Abiam. En fait il n’avait pas été suivi par Salomon, mais ce dernier avait bénéficié d’un « sursis ».

En effet, cette génération confirme la prédiction d’Ahiyya faite à Jéroboam à propos de la dynastie de Salomon, du fait des manquements de ce dernier :

  • Ainsi a parlé[1] l’Éternel, Dieu d’Israël : « Je vais arracher le royaume de la main de Salomon et je t’en (Ahiyya s’adresse à Jéroboam) donnerai dix tribus. Une seule tribu lui restera, en considération de mon serviteur David et de Jérusalem, la ville que j’ai élue entre toutes les tribus d’Israël. Parce qu’ils m’ont abandonné, ont adoré Astarté, divinité des Sidoniens, Khamos, divinité de Moab, Milkom, dieu des Ammonites, et n’ont pas marché dans mes voies en pratiquant ce qui est droit à mes yeux et en obéissant à mes lois et à mes préceptes comme a fait David, son père. Toutefois, ce n’est pas à lui que je dépouillerai de la royauté, car je veux le maintenir en faveur de mon serviteur David que j’ai élu, qui a gardé mes lois et mes commandements.
  • Mais j’enlèverai le royaume à son fils et t’en accorderai dix tribus, laissant à son fils une tribu, pour que mon serviteur David conserve une possession permanente devant moi dans Jérusalem, la ville que j’ai élu pour y faire régner mon nom ».

Le psalmiste rappelle que les pécheurs mènent à la ruine. C’est bien le chemin pris par Salomon et ses successeurs.

Pour Roboam, les conseils prodigués par David lui sont vains si l’on se réfère au bilan de son règne, Roboam « se tient dans la voie des pécheurs » :

  • Roboam[3], fils de Salomon, fut roi de Juda. Il avait quarante et un ans à son avènement, et il régna dix-sept ans à Jérusalem, la ville que l’Éternel avait choisie entre toutes les tribus d’Israël pour y faire dominer son nom. Sa mère se nommait Naama ; elle était ammonite. Les Judaïtes firent ce qui déplaît à l’Éternel, et ils l’irritèrent plus que n’avaient jamais fait leurs pères, par les péchés qu’ils commirent. Ils érigèrent eux aussi, des hauts lieux, des monuments et des statues d’Astarté, sur toute colline élevée et sous tout arbre touffu. Il y eut même des prostitués dans le pays, où l’on imita toutes les abominations des peuples que l’Éternel avait dépossédés en faveur des enfants d’Israël.

En plus de « se tenir dans la voie des pécheurs », Roboam « suit les conseils des méchants », le conseil des jeunes gens qui l’entourent qui lui conseillent de durcir le joug imposé au peuple plutôt que d’écouter la sagesse des « vieillards » qui luis conseillaient le contraire.

Ainsi, au lieu d’inverser la tendance amorcée par Salomon, son père, il durcit encore plus sa position envers les autres tribus représentées par Jéroboam, qui en héritera après la scission des deux royaumes :

  • « Ton père (c’est Jéroboam qui s’exprime) a fait peser sur nous un joug trop dur. Toi maintenant, allège le dur traitement de ton père et le joug pesant qu’il nous a imposé, et nous t’obéirons. » Il (Roboam) leur répondit : « Allez, attendez encore trois jours et puis revenez. » Et le peuple se retira. Le roi Roboam consulta les vieillards qui avaient entouré Salomon de son vivant, et leur dit « De quelle façon me conseillez-vous de répondre à ce peuple ? » Et ils lui parlèrent ainsi : « Si aujourd’hui tu cèdes à ce peuple, si tu te montres conciliant leur égard et leur donne une réponse de bonnes paroles ils seront constamment tes serviteurs fidèles ». Mais il rejeta le conseil que lui avaient donné les vieillards. (Prenant conseil sur les jeunes gens qui l’entourent) il s’exprima ainsi : « Mon père a fait peser le joug sur vous, moi je le rendrai encore plus lourd ; si mon père vous a châtiés avec des verges, moi je vous châtierai avec des scorpions (fouets avec des crochets aux extrémités) ».

Suite aux conseils de Dieu, Roboam renonce à faire la guerre à Jéroboam.

Le psalmiste rappelle que les pécheurs mènent à la ruine. C’est bien le chemin pris par Salomon et ses successeurs.

Les conseils prodigués par David lui auront été vains si l’on se réfère au bilan du règne de Roboam. Roboam et sa génération ont suivi la voie des méchants, ils se sont tenus dans la voie des pécheurs, ils ont pris place dans la société des railleurs. Ils n’ont pas recherché leur plaisir dans la loi de l’Éternel : la nuit commence.

crepuscule-Roboam de par sa réponse inadaptée à la révolte menée par Jéroboam provoque la scission des royaumes, son royaume n’englobera que deux des tribus d’Israël, les dix autres seront sous contrôle de Jéroboam. Suite aux conseils de Dieu, Roboam renoncera à faire la guerre à Jéroboam. Naissent ainsi, issus de la scission les royaumes de Juda et d’Israël.

Durant le règne de Roboam Roi du royaume de Juda, Jéroboam Roi du royaume d’Israël, pour éviter que le peuple sur lequel il règne aille en pèlerinage à Jérusalem sur les terres de Roboam crée un culte alternatif, pour cela il érige deux veaux d’or qu’il installe aux deux extrémités du pays à Beth El et à Dan afin que le peuple leur voue un culte idolâtre en remplacement du culte légitime de Dieu à Jérusalem.

Roboam et Abiam n’ont pas respecté la voie des justes et se sont placés dans la voix des « méchants » il déclenche ainsi la nuit sur le peuple d’Israël et la sanction sur leurs actes. C’est ce que résume la suite du psaume de cette génération :

Tels ne sont pas les méchants, mais plutôt comme le chaume que pourchasse le vent. Aussi les méchants n’ont-ils pas le dessus dans le jugement, ni les pécheurs dans l’assemblée des justes.

Toutefois si les « méchants » sont punis et conduisent le royaume de David (royaumes d’Israël et de Juda) à la ruine, les justes finiront par obtenir la juste rétribution de leurs actes à la fin de la nuit, ce qui est la conclusion du psaume de cette génération :

Car l’Éternel protège la voie des justes, mais la voie des méchants conduit à la ruine.

  • [1] I ROIS, Chapitre 11, versets 31 à 36
  • [2] Voir I ROIS Chapitre 12 et suivants
  • [3] I ROIS Chapitre 14, versets 21 à 24

– 930 à +50 > Première garde de la nuit

Le peuple Juif a fauté à trois reprises dans le désert, chacune de ces fautes aurait du entrainer l’extermination du peuple Juif par Dieu.

Ces fautes ne sont pas de l’entière responsabilité du peuple Juif (cela ne sera pas expliqué sur ce site), Moïse a pu ainsi obtenir pour chacune d’elle que l’extermination du peuple Juif ne soit pas effective.

Par contre, il n’a pu éviter que le peuple juif subisse 147 malédictions, 49 d’entre elles sont édictées dans le livre du Lévitique (faisant partie du Pentateuque), le 98 autres sont évoquées par Moïse lui-même dans le Deutéronome (cinquième et dernier livre du pentateuque).

Chaque malédiction est associée à une génération de vingt ans.

Les 147 malédictions correspondent donc à une durée d’environ 3 millénaires, soit environ un millénaire pour chaque série de 49 malédictions. Cette période de 3 millénaires c’est la nuit du peuple Juif qui comporte 3 gardes : une garde par série de 49 malédictions.

Les 98 malédictions du Deutéronome correspondent à deux des fautes du peuple d’Israël dans le désert : celle de Réfidime et celle des explorateurs. Les malédictions associées à ces deux fautes de par leur signification toucheront le peuple Juif dès qu’il entamera son exil au sein des nations. Celui-ci commence à la destruction du second Temple. Celle-ci est associée à la période 50-70 de notre ère, ce qui correspond à la génération 50, la première génération de la seconde garde de la nuit.

Les 49 malédictions du Lévitique correspondent à la faute du veau d’or, elle sanctionne l’attirance du peuple d’Israël pour le paganisme.

Celles-ci sanctionneront le peuple d’Israël pendant toute la durée d’existence des deux temples de Jérusalem. Pendant tout ce temps, le service au temple est encore effectif et l’association avec le Lévitique n’est pas fortuite puisque ce livre du pentateuque décrit principalement les obligations du peuple Juif, de ces prêtres et de ses rois envers le service au Temple.

Cette période démarre à la mort du roi Salomon en -930 et jusqu’en 50 de notre ère puisque la génération 50-70 est déjà associée à la destruction du second Temple et donc à l’initialisation de l’exil du peuple Juif.

Les errements paganistes du peuple Juif pendant ces 49 premières générations de la nuit sont effectifs, puisqu’ils génèrent la fin du royaume d’Israël et l’exil prolongé de sa population puis la destruction du premier Temple par Nabuchodonosor et l’exil du peuple du royaume de Judée pendant 70 ans à Babylone. Mais au moins pour le peuple de Judée, ces 49 générations auront pour résultat à leur issue un peuple fidèle à son Dieu et qui n’est plus attiré par les dieux païens.

Ainsi, si les deux premiers Temples étaient nécessaires pendant la première garde de la nuit à attacher le peuple Juif à son Dieu, à la veille de la destruction du second Temple, la présence d’un Temple n’est plus indispensable et les Juifs pourront bientôt remplacer les sacrifices au Temples par des prières.

Selon la tradition juive, un jour est décomposé en six « gardes » de quatre heures. Trois gardes pour le jour, trois gardes pour la nuit :

Rabbi[1] Eliezer affirme : la nuit comprend trois gardes, et, à chacune d’elles, le Saint Béni Soit Il siège et rugit comme un lion, ainsi qu’il est dit : « L’Éternel rugit d’en haut et donne de la voix depuis sa demeure sainte, il rugit, il rugit en son domaine ».

Ce premier millénaire correspondant aux 49 malédictions du Lévitique symbolise la première garde de la nuit. Celle-ci est marquée par Nabuchodonosor puis les dynasties Perses. Le premier lion à rugir est donc le lion de Mésopotamie qui s’attaque au Temple de Jérusalem puis aide à sa reconstruction.

[1] TALMUD, BERAKHOT 1, 3a qui inclut une citation de JEREMIE Chapitre 25, verset 30

Paul David

-930 à -911, psaume 1 : Le déchirement.

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