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de Nolan Romy

Photo de couverture :
La silhouette d’un mystérieux voyageur avec un regard scrutateur sur le chaos du monde. Ce que le Messie en fera va dépendre de ce que nous aurons dans le cœur!

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Remerciements
A Yehouda Ben Abraham pour son aide et ses conseils.

Avertissement

Ce nouvel ouvrage s’adresse en particulier à toutes les communautés juives dans le monde. Bien que reprenant parfois des explications ou des exemples au sein du christianisme et de l’islam, les seules sources sérieuses proviennent dans sa majeure partie du judaïsme, de la Torah et du Talmud reconnu par le rabbinat français.

L’évocation du Mashia’h a de tout temps été le sujet des principales préoccupations dans toutes les religions de la planète et reste le sujet de prédilection dans les yeshivot (1) d’Israël et des diasporas. Toutefois, il a été raconté bien des histoires étranges et mystérieuses sur ce sujet et trop souvent des affabulations et des inepties en tout genre n’ont pas cessé de ridiculiser les évocations messianiques juives.

Le sujet est pourtant sérieux. Il l’est d’autant plus qu’il évoque notre époque comme jamais il ne l’a été. Il suffit d’un regard lucide sur notre époque pour ce rendre compte que quelque chose ne tourne plus rond. A ce propos, si l’on souhaite porter un regard attentif sur l’évocation du retour du Mashia’h dans le judaïsme, on s’apercevra très rapidement que les signes annoncés se révèlent plus limpides aujourd’hui. Notre époque moderne, plus que jamais, réclame de nouvelles attentes et un nouvel idéal de vie et cette espérance est devenue tellement forte qu’un nombre important de croyants désirent hâter la venue de ce Messie.

Cette attente et cette impatience, expriment surtout un désir de vivre en vertu des lois sinaïtiques et ne s’adresse par conséquent qu’aux hébreux.

Néanmoins, cette attente d’un Messie se retrouve aussi dans d’autres religions comme le christianisme et l’Islam. Bien que les noms diffèrent, on peut retrouver des analogies d’avec l’annonce purement juive. Selon les croyants de ses deux religions respectives, le Messie chrétien serait le retour de Jésus-Christ et selon les musulmans, le Messie serait l’Imam caché.

Ces deux religions ne seront donc pas le sujet de cet ouvrage mais nous y feront parfois référence lorsqu’elles ajouteront la précision quand il le faudra

(1) Une yechivah, ou yeshivah (en hébreu: ישיבה, yechivot au pluriel) est un centre d’étude de la Torah et du Talmud dans le judaïsme orthodoxe. Chaque yeshiva est généralement dirigée par un rabbin, appelé « Roch Yechivah » (littéralement « tête de yechivah »). L’enseignement y est destiné aux hommes exclusivement, mais il existe une structure équivalente pour les jeunes filles: les séminaires. Les étudiants dorment généralement sur place en internat. Le plus clair du temps est passé dans l’étude du Talmud, ouvrage monumental d’élaboration de la loi Juive. Dans la salle d’étude il y a des bancs et des pupitres; l’étude se fait par groupe de deux, avec élucidation du texte araméen, joutes oratoires et subtiles raisonnements très techniques; généralement suivis ou précédés d’un cours magistral. Le programme d’étude comporte aussi la Halakha (loi codifiée) et la pensée juive. La journée est aussi rythmée par les trois prières quotidiennes.

psaumes et mashiah

INTRODUCTION

Selon le Larousse, le Messie est un personnage providentiel qui mettra fin à l’ordre présent, imparfait ou mauvais, et instaurera un ordre de justice et de bonheur.

Après la captivité de Babylone, le mot «Messie» ne désignera plus qu’une seule personne bien précise :

Un roi sauveur envoyé par Dieu pour restaurer Israël. Après la chute de Babylone, ce Melekh ha-mashia’h (Roi oint/Roi Messie) sera identifié au roi Perse Cyrus II puisque celui-ci permettra aux Hébreux de retourner sur leurs terres et d’y reconstruire le Temple.

On donnera alors un nom à chacun de ces envoyés : Il y aura le Mashia’h ben Yossef (Messie de la lignée de Joseph) et le Mashia’h ben David (Messie de la lignée de David). Le premier sera un «Messie souffrant», qui subira bien des humiliations avant de parvenir à rassembler le peuple, et le second sera un «Roi Sauveur» qui viendra vaincre les méchants et régner sur Israël.

Les Esséniens de Qumrân les appelleront plus tard le «Oint d’Aaron» ou descendant de la petite prêtrise (ou «Messie sacerdotal», de la lignée de Levi) et le «Oint d’Israël» (ou «Messie royal») de la lignée de David) descendant de Moïse, le premier restaurant le pouvoir spirituel et le second restaurant le pouvoir temporel et conquérant les nations à la fin des temps :

«Tous les hommes qui sont entrés dans l’alliance nouvelle au pays de Damas et qui se sont retournés, ont trahi et se sont écartés du Puits d’eau vive, ne seront pas comptés dans l’Assemblée du peuple ni inscrits dans ses livres, depuis le jour où fut réuni à ses pères le docteur unique, jusqu’à ce que se lève l’Oint d’Aaron et d’Israël». (Document de Damas XIX 33b – XX 1)

Et ces deux Messies seront annoncés par un prophète : «Qu’ils soient jugés d’après les ordonnances premières selon lesquelles les hommes de la Communauté ont commencé à se corriger, jusqu’à la venue du Prophète et des Messies d’Aaron et d’Israël» (IX, 10 s.)

Bien plus tard les Chrétiens traduiront le mot «Messie» par «Christ» («Kristos» signifiant «Celui qui est oint» en grec) et Ils identifieront Jean Baptiste avec le prophète annoncé par les Esséniens. Quand à Jésus il sera identifié à la fois au Messie royal (car il était un descendant de David) et au Messie sacerdotal (à cause de ses souffrances). Il est clairement indiqué qu’il descendait de la lignée royale de David par son père Joseph, et il est possible qu’il ait été également de la lignée sacerdotale de Lévi et Aaron par sa mère Marie.

Saint Ephrem disait : «Vous vous demanderez peut-être comment le Christ descend-il de David ? Marie est évidemment de la famille d’Aaron puisqu’au dire de l’ange elle est la cousine d’Élisabeth. Il faut voir ici l’effet d’un dessein providentiel de Dieu, qui voulait unir le sang royal à la race sacerdotale, afin que Jésus-Christ qui est à la fois prêtre et roi, eût aussi pour ancêtre selon la chair, les prêtres et les rois».

Cependant, Jésus n’ayant pas rétabli l’indépendance du royaume d’Israël comme le voulaient les prophéties, il était problématique d’en faire le Messie annoncé.

Les Chrétiens réglèrent donc le problème en disant que ce sera seulement dans le futur, à la fin des temps, qu’il reviendra châtier les méchants et rétablir la justice.

Les Musulmans pensent la même chose : Issa (jésus) est bien «Al-Masih» (le Messie) qui doit revenir sur terre à la fin des temps. Certains le font cependant précéder par un 2ème envoyé qui n’est pas mentionné dans le Coran : le Mahdi. Ce nom signifie «Celui qui est bien guidé». Il est dit qu’il viendra du Khorasan, vaincra l’armée des Soufyanis (Sunites ?) et régnera sur tous les Musulmans pendant sept ans.

Pour les chiites Duodécimains, le Mahdi ne serait autre que le douzième imâm, Muhammad al-Mahdi, qui a été occulté dans un puits en 874. Pour les Chiites Ismaéliens le Mahdi correspond plutôt au septième imâm, Ismaël, qui a disparu en 760. Selon Abu Saïd Al-Khoudri, Mahomet aurait dit : «Je vous annonce l’arrivée du Mahdi, il sera envoyé alors que des divergences opposeront les hommes et les tremblements de terre se multiplieront, il emplira la terre de justice et d’équité après qu’elle ait été emplie d’injustice et de tyrannie, l’habitant du ciel comme l’habitant de la terre en sera satisfait, il partagera l’argent comme il se doit».

C’est seulement après que Jésus «descendra du ciel soutenu par deuxanges» pour vaincre le Dajjal (l’Imposteur / l’Antéchrist) et faire régner l’islam sur le monde entier (après le massacre de tous les Juifs !).

Mais d’où provient cette croyances en un envoyé (ou plusieurs envoyés) de Dieu qui venant apporter la justice sur terre à la fin des temps?

Ce mythe se retrouve à la fois chez les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans, mais, comme on l’a vu, c’est chez les Juifs qu’il est apparu en premier à l’époque où ceux-ci étaient délivrés de la servitude par les Perses.

En fait c’est chez les Perses, dans la religion Mazdéenne créée par Zarathoustra, qu’est apparu le 1erconcept du Messie. Les Perses l’appelaient «Saoshyant». Ce nom désignait parfois LE grand Messie qui viendra à la fin des temps, mais il servait parfois aussi de titre à divers envoyés du dieu Ahura Mazda apparaissant tout au long de l’histoire. Il est donc clair que le concept du Messie a été introduit dans la pensée juive par des influences zoroastriennes à l’époque où Israël n’était qu’une province de l’empire Perse.

Certains textes mazdéens indiquent qu’il y a trois envoyés divins prévus pour le cycle cosmique actuel :

1000 ans après la mort du prophète Zarathoustra, le Sauveur Aushedar (Ukhshyat-Ereta / Hoshedarmah : «Promoteur de la justice», naîtra d’une vierge. Il restaurera la religion mazdéenne et fera périr un loup démoniaque.

1000 ans après apparaîtra un 2ème Sauveur, né de la même manière : Au shedar-Mah (Ukhshyat-Nemah : «Grand promoteur de la justice». Lui aussi restaurera la religion mazdéenne et fera périr des monstres.

1000 ans plus tard encore, vers la fin des temps, viendra le 3ème sauveur : Saoshyant «Qui apporte des bienfaits», appelé aussi Astavat-Ereta (Astvat- Arta ou «Celui qui incarne la justice». Il naîtra de la vierge Eredat-Fedhri : «Sauveur victorieux», imprégnée de la semence de Zarathoustra lors d’un bain dans le lac Kansava / Kansaoya. Saoshyant rétablira la justice sur toute la terre et le mal disparaîtra.

Une autre version parle d’un tyran appelé Azhi Dahaka (Zohak / Zahak /Azhi Dahaka) qui opprimera les humains. Un héro du nom de Thraetaona (Thahmoureth / Freifoun / Faridoun) le vaincra et l’emprisonnera au sommet du mont Demavand, mais Azhi Dahaka parviendra à s’échapper. Alors le Dieu Ahura-Mazda enverra un autre héro : Sam Kersasp (Saman Kersasp / Kersa‘spa / Keresapa / Jamshid)), fils de Mariman, qui parviendra à vaincre Dahaka. Sam Kersasp laissera ensuite le pouvoir à Husroy Kay (Kay Khosraw /Kavi Haosravah) fils de Kay Kaus, qui régnera avec Shaoshyant comme grand-prêtre. Le Dieu Ahura-Mazda rendra alors tous les hommes immortels et Ahriman (le diable Anghra Mainyu) et Azhi Dahaka seront définitivement vaincus.

Mais le mythe Zoroastrien du Messie, né en Perse, ne s’est pas répandu ensuite dans les pays Judéo-Chrétiens uniquement : il s’est infiltré aussi vers l’est. Depuis le 3 ème siècle ap. JC, la religion Bouddhiste connaît également un Messie qu’elle appelle Maitreya (= « Amical / Bienveillant »). Son nom est Milofo en chinois, Miroku en japonais, Mirug Bosal en coréen, Maidari en mongol, Byams-pa (Djampa) en tibétain, Sriaraya Mettrai en thailandais et Dilac en vietnamien. Celui-ci est un grand Bodhisattva résidant dans le ciel Tushita, et il est destiné à devenir le futur Bouddha.

Le livre Maitreyavyakarana «Prophétie de Maitreya» le présente comme un prédicateur religieux renouvelant le bouddhisme.

Les Chinois croient que Liang / Qici un moine Zen ventru mort en 916 était une de ses incarnations passées. Il en ont donc fait Budai le «Bouddha rieur», un Dieu de la fortune ou du bonheur (connu sous le nom de Hoteiau Japon).

Dans le Bouddhisme Thibétain du Kalachakra, l’équivalent du Messie sera Rudra Chakrin ou «Le Courroucé à la roue» appelé Rigden Dapo Tchakortchen en tibétain, 25ème roi de la dynastie Kalkin (ou Kulika ou Rigden en tibétain) qui règne dans le royaume mystique et mythique de Shambhala(il sera aussi la 6èmeréincarnation du Panchen Lama).

Une prophétie du Tantra de Kalachakra dit qu’il commencera son règne en 2327 et qu’il repoussera les envahisseurs La-los musulmans (les barbares de Makha / la Mecque qui avaient fondé un empire mondial) en 2424 pour restaurer le bouddhisme sur la terre entière.

La religion hindouiste connaît elle aussi un Messie qu’elle appelle Kalkin (ou Kalkin / Kalaki / Neh-kalank / Nih-kalanki). Dans le Vishnu Purana son nom est aussi Parasraya, dans le Mahabarata il est Visnuvyasa, et dans le Vayu Purna il est Harivamsa Kalki sera la dernière incarnation du Dieu Vishnu, qui viendra à la fin du Kali Yuga (l’actuel âge des ténèbres) pour vaincre le démon Kali, soumettre les Jaïnas et les Bouddhistes et restaurer la primauté de l’hindouisme. Il est souvent représenté monté sur un cheval blanc ailé. Ce dernier, dans le Bha gavata Purana, est connu sous le nom de Devadatta («Donné par Dieu»).

Une des premières mentions de Kalki se trouve dans le Vishnu Purana, qui date environ du 7ème siècle ap.JC. Dans le Kalki Purana I, 11-15, il est écrit que Kalkin naîtra sur le mont Baisakha. Dans le Vishnu Purana 4.24, il est dit qu’il naîtra dans le village de Shambhala (et le Mahabharata place sa naissance à Shambal). Cela peut être directement comparé aux rois de la dynastie kalki qui, selon le Kalachakra Tantra du Bouddhisme Tibétain, règnent sur le royaume mystérieux de Shambhala. Selon le Kalki Purana II, 40-44, Kalkin commencera ses conquêtes en attaquant la ville bouddhiste de Kikatpur, défendu par un certain Jin. Il est dit aussi dans le Kali Purana qu’il vaincra les frères jumeaux Kok et Bikok (ou Koka et Vikoka), des alliés du démon Kali.

Cela ressemble étrangement à la guerre contre Gog de Magog décrite dans Ézéchiel 38: 1-3:

«Et la parole de l’Éternel vint à moi, disant : Fils d’homme, tourne ta face vers Gog, le pays de Magog, prince de Rosh, de Méshec et de Tubal, et prophétise contre lui, et dis : Ainsi dit le Seigneur, l’Éternel : Voici, j’en veux à toi, Gog, prince de Rosh, de Méshec et de Tubal !»

Cela ressemble aussi à la guerre contre Gog et Magog décrite dans l’Apocalypse 20:7-8:

«Et quand les mille ans seront accomplis, Satan sera délié de sa prison et il sortira pour égarer les nations qui sont aux quatre coins de la terre, Gog et Magog, pour les assembler pour le combat, eux dont le nombre est comme le sable de la mer».

Cela ressemble aussi à la guerre contre Ya’djoudj et Ma’djoudj décrite dans le Coran 21:96-97:

«Jusqu’à ce que soient relâchés les Ya’djoudjs et les Ma’djoudsj et qu’ils se précipitent de chaque hauteur; c’est alors que la vraie promesse s’approchera, tandis que les regards de ceux qui ne croyaient se figent».

Cependant, à l’origine, Gog désignait probablement les Gargares de la Gogarène (Gugark) pays situé dans le nord de l’actuelle Arménie. Tubal n’étant autre que Tabal, le pays des Tibaréniens, dans le sud-est de la Turquie actuelle, et Méshec n’étant autre que les Muskhis / Mosquées, dans le nord-est de la Turquie actuelle.

Tout cela finalement nous apparaît assez confus car chaque religion a l’image du judaïsme a voulu incorporer le Messie dans sa propre mythologie. Après tout, le christianisme et l’islam ne sont que des religions plus tardives.

Nous nous concentrerons dans cette étude sur les récits messianiques du judaïsme essentiellement ainsi que sur les prophéties qui y sont rattachées.

En cette époque tourmentée, les textes du judaïsme restent d’actualité et annoncent les vicissitudes du monde à venir.

Chapitre 1

Le Messie juif et la perspective historique

Dans le judaïsme, le terme Messie a de nombreuses connotations. Dans la Bible hébraïque, ce terme fait référence à celle ou celui qui fut « oint », une personne qui serait divinement choisie, pour réaliser le plan de Dieu et concrétiser la vocation de son peuple pour le bien être de toute l’humanité. Le terme de Messie évoque aussi des images d’un monde futur rempli de paix et de tranquillité divine. Ces deux idées sacralisées ont été développées dans la bible.

Le but de cette première étude est d’explorer les références à l’origine du Messie et comment elles ont été développées dans la pensée juive et l’histoire.

Je décrirais au début l’imagerie messianique dans le Tanakh ou Torah la (Bible), pour poursuivre sa réinterprétation dans la Michna, le Talmud, les Midrash médiévaux et les sources plus modernes. Je souhaite montrer comment l’idée du Messie c’est développée à travers les âges et offrir des commentaires sur les raisons de son développement.

Qu’est-ce que « messie » veut dire?

Dans l’usage biblique, le mot « messie » ou en prononciation hébraïque le (Mashia’h), vise toute personne préposé à l’office divin en tant que roi ou prêtre. Il était physiquement oint par une huile, un symbole puissant et choisi pour un but particulier.

Le mot anglais « Messie » est dérivé du grec et messias latine, liée à la ajyum araméen, finalement, la source originale se trouve dans le Mashia’h hébreu, «oint». Le Mashia’h a été traduit dans la Septante grecque Christos, qui signifie également « oint ».

Ce Mashia’h, mot hébreu que nous avons noté ci-dessus a donc été d’abord appliqué aux rois d’Israël qui furent installés dans leur fonction royale par un acte rituel d’investiture.

Qu’est-ce que l’onction?

En recherchant dans la Bible, nous découvrons qu’il y a plusieurs sortes d’onctions. Dans la pratique de l’Ancienne Alliance, c’est un revêtement d’huile qui a un caractère sacré en ce qu’il indique une mise à part pour le service.

Il y a plusieurs onctions dans l’Ancien Testament :

• Celle des sacrificateurs, et des divers objets du culte. Ex 30.26-29 • Celle des rois • Celles de certains prophètes • Celle des lépreux guéris

1. Les sacrificateurs.

L’huile dont ils étaient oints avait une composition particulière et ne pouvait servir à aucun autre usage. Ex 30.22-25, 30 Elle était répandue sur la tête du sacrificateur et l’on en faisait l’aspersion sur ses vêtements. Ex 29.21; Lévitique 8.12, 30; Ps 133.2

Le souverain sacrificateur recevait une onction spéciale qui le distinguait des autres sacrificateurs. Lévitique 21.10

2. Les rois.

Nous n’avons pas d’indication sur la composition utilisée pour l’onction royale. Le sacrificateur ou prophète qui oignait utilisait une corne remplie d’huile et en versait sur le nouveau roi. 1 Samuel 10.1; 16.3, 13; 1 Rois 1.39; 19.15, 16; 2 Rois 9.6; 11.12.

3. Les prophètes

Il est peu probable que l’onction ait marqué régulièrement le début de leur activité. Nous avons cependant un exemple d’onction prophétique dans le cas d’Élisée. 1 Rois 19.16

4. Les lépreux guéris

Administrée par le Souverain Sacrificateur, avec les sacrifices d’expiation et d’holocauste, une onction spéciale contribuait à réintégrer dans la communauté israélite le lépreux guéri. Lévitique 14.17, 18, 27, 28

Dans l’Ancien Testament, nous voyons que l’onction se pratiquait en versant de l’huile sur la tête d’une personne ou sur un objet, que l’on consacrait à Dieu. C’est la signification de l’onction : « un revêtement » pour la mise à part. Exode 30.22/32

L’Éternel parla à Moïse, et dit:

Prends des meilleurs aromates, cinq cents sicles de myrrhe, de celle qui coule d’elle-même; la moitié, soit deux cent cinquante sicles, de cinnamome aromatique, deux cent cinquante sicles de roseau aromatique, cinq cents sicles de casse, selon le sicle du sanctuaire, et tu feras avec cela une huile pour l’onction sainte, composition de parfums selon l’art du parfumeur; ce sera l’huile pour l’onction sainte.

1. Tu en oindras la tente d’assignation et l’arche du témoignage, la table et tous ses ustensiles, le chandelier et ses ustensiles, l’autel des parfums, l’autel des holocaustes et tous ses ustensiles, la cuve avec sa base. 2. Tu sanctifieras ces choses, et elles seront très saintes, tout ce qui les touchera sera sanctifié. 3. Tu oindras Aaron et ses fils, et tu les sanctifieras, pour qu’ils soient à mon service dans le sacerdoce. 4. Tu parleras aux enfants d’Israël, et tu diras : Ce sera pour moi l’huile de l’onction sainte, parmi vos descendants.
On n’en répandra point sur le corps d’un homme, et vous n’en ferez point de semblable, dans les mêmes proportions; elle est sainte, et vous la regarderez comme sainte.

Nous apprenons par ce passage à la fois la composition de l’huile d’onction pour les sacrificateurs et sa signification :

• Elle était composée selon les instructions précises de Dieu. • Elle ne devait servir qu’à la consécration des sacrificateurs et de tout ce qui était sanctifié, mis à part, pour le service du sanctuaire.

Si nous sommes un tant soit peu familiarisés avec les Écritures, nous avons compris que l’onction de l’huile sainte est associée à une réalité spirituelle : celui de la sainteté et de la sagesse mais aussi d’un pouvoir.

En parcourant les textes nous pouvons affirmer que l’onction est « un revêtement » d’huile accompagné, de façon visible ou non, « du revêtement de sage ».

Nous pouvons déjà en tirer une conclusion : C’est une onction considérée comme particulièrement sainte, avec une composition secrète connue des seuls « Cohen Gadol » les Grands Prêtres, utilisée uniquement pour la consécration au service de Dieu. Cette mise à part, garantissait la sanctification.

Mais toutes les onctions dans la Torah n’avaient pas la même fonction. La première mention d’une onction dans la Bible se trouve en Genèse 28.16/22, lorsque Jacob consacre un lieu qu’il appelle Béthel, ou en français, la maison de Dieu. Jacob se leva de bon matin; il prit la pierre dont il avait fait son chevet, il la dressa pour monument, et il versa de l’huile sur son sommet. Il donna à ce lieu le nom de Béthel (Béthel signifie « Maison de Dieu »)

En Genèse 35, nous retrouvons Jacob à Béthel y dressant cette fois un autel à Dieu, sur lequel il offre un sacrifice et verse de l’huile. Il renomme alors ce lieu « El-Béthel » signifie le « Dieu de Béthel ».

L’onction des sacrificateurs et des ustensiles du Tabernacle : Cette onction dont le but était de consacrer des hommes et tout ce qui servait au culte à Dieu, avait été ordonnée à Moïse par l’Éternel lui-même, qui précisera sa composition et son utilisation. Nous l’avons vu plus haut.

Lorsque nous observons la composition de cette huile sainte exclusive pour l’onction des sacrificateurs nous remarquons qu’en plus de l’huile (image du Saint Homme par sa douceur et sa faculté de pénétration) les aromates utilisés pour ce mélange sacré, sont chargés d’une profonde signification spirituelle en rapport avec les vertus de sagesse.

Nous y trouvons

• la myrrhe, en plus de son parfum très agréable, mêlé au vin elle a un pouvoir médicinal elle faisait partie des aromates qui servait à embaumer les corps.

• la cinnamone aromatique. Elle est extraite d’un arbre, le Cinamomum zeylanicum, de la famille des Laurinées, cultivé à Ceylan, dont il est originaire. L’écorce de cet arbre fournit une huile essentielle, obtenue par distillation; elle est de la couleur de l’or, a une odeur suave, s’emploie dans l’industrie des parfums.

• le roseau aromatique, roseau parfumé et aussi qaneh, canne, roseau, indiquant une espèce odorante. Cette plante à l’odeur agréable (Sophonie 4.14) entrait dans la composition de l’huile d’onction (Ex 30.23) on s’en servait au moment des sacrifices (on l’importait d’un pays lointain (Jérémie 6.20)

• l’huile d’olive finement concassée. L’huile pure d’olives concassées, dans un mortier, était la plus fine (Exode 27.20; 29.40) On plaçait les olives ainsi écrasées dans une corbeille d’où s’écoulait l’huile vierge, recueillie avant de mettre la pulpe sous le pressoir.

Une référence concernant l’onction du Souverain Sacrificateur Aaron se trouve dans le Psaume 133.2

• L’huile précieuse qui, répandue sur la tête, descend sur la barbe, sur la barbe d’Aaron, Qui descend sur le bord de ses vêtements.

Nous pouvons nous rendre compte ici, qu’il ne s’agit pas seulement de quelques gouttes sur le front, mais d’une mesure abondante qui se répand, sur la tête, sur le visage et sur le bord du vêtement. C’est une image de l’onction du Tout-Puissant, qui est répandu abondamment sur ceux qui le reçoivent.

L’onction des rois : C’est une onction différente de celle des sacrificateurs et l’huile qui les oignait n’était pas cette composition qui ne devait servir qu’aux sacrificateurs.

L’onction des rois se faisait avec de l’huile d’olive 1 Samuel 10.1; 16.1, 13; 1 Rois 1.39; 2 Rois 9.1, 6, appelée sainte parce qu’employée au nom de Dieu. Ps 89.21

Le premier roi qui reçut la sainte onction fût Saül, que Dieu rejeta plus tard à cause de sa désobéissance. Pour le remplacer, le Seigneur envoya son prophète Samuel oindre David, l’homme selon le cœur de Dieu. Dans les deux cas la manifestation de l’Esprit de Dieu accompagna l’onction d’huile.

• 1 Samuel 10:1 Samuel prit une fiole d’huile, qu’il répandit sur la tête de Saül. Il le baisa, et dit: L’Éternel ne t’a-t-il pas oint pour que tu sois le chef de son héritage ?

• 6/7 L’esprit de l’Éternel te saisira, tu prophétiseras avec eux, et tu seras changé en un autre homme.
Lorsque ces signes auront eu pour toi leur accomplissement, fais ce que tu trouveras à faire, car Dieu est avec toi.

• 9/10 Dès que Saül eut tourné le dos pour se séparer de Samuel, Dieu lui donna un autre cœur, et tous ces signes s’accomplirent le même jour. Lorsqu’ils arrivèrent à Guibea, voici, une troupe de prophètes vint à sa rencontre. L’esprit de Dieu le saisit, et il prophétisa au milieu d’eux. 1 Samuel 16:13 Samuel prit la corne d’huile, et l’oignit au milieu de ses frères. L’esprit de l’Éternel saisit David, à partir de ce jour et dans la suite. Samuel se leva, et s’en alla à Rama.

• Par la suite certains rois d’Israël continuèrent d’être oints, mais nous remarquons que cette onction n’était pas le garant d’une bonne conduite. Certains ont bien commencé et leur fin a été tragique.

• David, malgré ses faiblesses est demeuré fidèle à l’esprit de l’onction, ainsi que certains de ses successeurs.

L’onction de prophètes : Elle n’est pas générale. Nous lisons que le prophète Élie a, sur l’ordre de Dieu, oint son serviteur Élisée pour lui succéder. Il faut remarquer que Élie s’est servi de son manteau pour revêtir Élisée d’une manière symbolique, figurant le revêtement du Souffle Divin qui devait se réaliser lors de l’enlèvement du prophète.

« Élisée releva le manteau qu’Élie avait laissé tomber. Puis il retourna, et s’arrêta au bord du Jourdain; il prit le manteau qu’Élie avait laissé tomber, et il en frappa les eaux, et dit: Où est l’Éternel, le Dieu d’Élie? Lui aussi, il frappa les eaux, qui se partagèrent çà et là, et Élisée passa. Les fils des prophètes qui étaient à Jéricho, vis-à-vis, l’ayant vu, dirent: L’esprit d’Élie repose sur Élisée! » 2 Rois 2.13/15

Concernant l’onction des prophètes dans l’Ancien Testament, Élisée semble être une exception.

Les prophètes étaient suscités directement par l’Éternel, leur onction étant uniquement spirituelle, l’Esprit de Dieu reposait sur eux. En fait, c’est cela la réalité : l’Esprit de Dieu reposant sur celui qui est oint. Si cela n’est pas, l’onction d’huile devient un acte liturgique et traditionnel sans signification spirituelle.

L’onction des lépreux guéris Lévitique 14.1/32 Ce passage, concernant la loi pour la purification du lépreux guéri, prend toute sa valeur dans le processus de l’onction.

Premièrement le lépreux doit être purifié, au moyen du sang d’animaux offerts en sacrifice.

• Le sacrificateur ordonnera que l’on prenne, pour celui qui doit être purifié, deux oiseaux vivants et purs, du bois de cèdre, du cramoisi et de l’hysope. Le sacrificateur ordonnera qu’on égorge l’un des oiseaux sur un vase de terre, sur de l’eau vive. Il prendra l’oiseau vivant, le bois de cèdre, le cramoisi et l’hysope; et il les trempera, avec l’oiseau vivant, dans le sang de l’oiseau égorgé sur l’eau vive. Il en fera sept fois l’aspersion sur celui qui doit être purifié de la lèpre. Puis il le déclarera pur, et il lâchera dans les champs l’oiseau vivant. Ensuite le lépreux guéri devra procéder à un renouvellement de son aspect physique, d’un changement de vie, image symbolique de la nouvelle naissance.

• Celui qui se purifie lavera ses vêtements, rasera tout son poil, et se baignera dans l’eau; et il sera pur. Ensuite il pourra entrer dans le camp, mais il restera sept jours hors de sa tente. Le septième jour, il rasera tout son poil, sa tête, sa barbe, ses sourcils, il rasera tout son poil; il lavera ses vêtements, et baignera son corps dans l’eau, et il sera pur.
Puis deux agneaux seront offerts, l’un en sacrifice de culpabilité pour l’expiation et l’autre en holocauste symbolisant l’offrande à Dieu, du lépreux guéri.

Lévitique 14:14 Le sacrificateur prendra du sang de la victime de culpabilité; il en mettra sur le lobe de l’oreille droite de celui qui se purifie, sur le pouce de sa main droite et sur le gros orteil de son pied droit.

Remarquons qu’avant l’onction d’huile, l’expiation par le sang est indispensable. Avant que la Présence descende sur ceux qu’il revêtira, ces derniers devront se consacrer au service divin.

Avec l’acte symbolique de l’onction, Dieu a doté par exemple le roi David de la sagesse de la force de remplir les charges et devoirs de la fonction royale. Les fonctions de rachat de l’Oint a été exprimé par le prophète Isaïe:

«L’esprit de Dieu repose en moi parce que le Seigneur m’a conféré l’onction, il m’a envoyé comme héraut de joie pour les humbles, pour guérir les blessés du cœur … » (Esaïe 61:1).

Cet acte religieux de l’autonomisation par le don de l’Esprit de Dieu fournit le modèle biblique des figures messianiques.

Depuis les rois d’Israël ont été installés dans leurs fonctions par l’onction, ils pourraient tous être considérés comme des «messies», les « oints ».

Nous savons que les trois premiers rois d’Israël: Saül (1 Sam.10: 1), David (1 Sam.16: 13), et Salomon (1 Ki.1 :34-39) étaient oint par les prophètes.

Par conséquent, nous notons que «messie» peut se référer à quiconque est divinement nommé à une tâche qui doit ou devrait affecter le destin du peuple juif.

Finalement, le terme en est venu à désigner un futur roi d’inspiration divine avec des dimensions eschatologiques, qui est, celui qui arriverait à la fin des temps. Ce messie à venir devait rétablir le royaume d’Israël et l’avènement d’une ère de paix. Bien que l’aspiration à un ordre idéal en vertu d’un roi davidique a commencé à se cristalliser déjà dans les temps bibliques, dans la Bible la définition de Mashia’h n’était pas encore utilisée dans cette spécificité eschatologique qui elle, ne viendra que plus tard.

Au temps des rois et des prophètes vers le huitième siècle avant notre ère et jusqu’à la destruction du premier Temple en 586 avant JC, l’espérance du salut a commencé à jouer un rôle prépondérant et visible dans la vie du peuple.

Ces attentes dans une promesse dynastique avait été annoncé par le prophète Samuel :

tונstאoמן ביtתך וoמtמoלtכtתך oעד־עmוlלם tלlפנsיך uכtסwאך יutהיsה נlכmון oעד־עmוlלם׃

« Ainsi ta maison et ton règne seront assurés pour jamais devant tes yeux, [et] ton trône sera affermi à jamais ». (2 Sam. 7:16) ».

Dans l’imaginaire juif, le personnage de David et de l’époque est devenu le modèle de la figure messianique.

Les prophètes plus tard, comme Amos, Isaïe, Michée, Osée, Ézéchiel, Jérémie, et d’autres, ont embellis et élargis la vision du roi David et l’ère messianique à venir, bien qu’ils omettent certaines références à la règle davidique. Ils ont simplement décrit l’âge à venir comme une période d’abondance matérielle sans précédent et la tranquillité spirituelle (Ésaïe 2:1-4; 11:1-9).

L’espoir de la rédemption ainsi exposée par les prophètes dans un futur à venir permettait de faire face à l’iniquité sociale de leur monotone journée.

Si les problèmes ne peuvent être résolus dans le présent, au moins le peuple avait foi dans un monde meilleur qui se manifestera un jour.

Cet espoir résidait dans la venue d’un roi de la plus haute éthique, alors la sagesse et la force allait enfin aboutir à un moment de paix et de justice. Les chercheurs spécialisés dans le domaine ont établi une distinction entre deux types de messianisme: « réparatrice » (« nostalgie d’autrefois ») et « utopique », (« une perception métaphysique du Messie »). Le premier évoque la mémoire historique nationale du « bon vieux temps » de la royauté davidique, le second se réjouit d’une perspective conduisant tous les habitants de la Terre dans une idéalisation d’un monde parfait.

Les prophètes ont prédit qu’avant l’arrivé de cet âge futur, les péchés du peuple juif devront être expiés par la souffrance et l’exil. C’est alors seulement qu’avec un repentir sincère, ils bénéficieront du pardon et du retour vers la Terre promise.

Amos et plusieurs autres prophètes décriront plus tard cette période d’affliction et de jugement sévère à venir comme le « Yom YHWH », « jour du Seigneur ».

Cette période difficile sera suivi par le rassemblement du peuple juif dispersé sur la Terre et retrouvera l’indépendance d’Israël dans une ère de paix.

Cet âge à venir serait caractérisé extérieurement par la libération de la domination politique des peuples étrangers, et en interne, par un réveil moral, spirituel et par des réformes sérieuses au sein de la nation juive.

Dans l’écriture poétique des prophètes tardifs on trouve différentes descriptions de cette époque qui suit dans la foulée le « Jour du Seigneur ». Nous allons citer brièvement quelques versets pour illustrer les images graphiques à la fois de la terreur du Jour du Seigneur, et la beauté de la paix qui va suivre.

Amos, par exemple, parle de la journée noire du jugement où Dieu détruira Israël pour sa méchanceté :

.יח הוי oהuמtתoאuוים, sאת-יום יtהlוה: lלlמה-זsה lלsכם יום יtהlוה, הוא-חmsשך tולא-אור .יט oכwאsשר יlנוס uאיש uמtפני lהwאuרי, וtפגlעו oהדmב; וlבא oהoביuת–tוlסoמך יlדו oעל-oהuקיר, ונtlשכו oהנllחש .כ wהלא-חmsשך יום יtהlוה, tולא-אור; tואפל, tולא-נmגoה לו 18

Malheur à qui désire voir le jour de l’Éternel! Que peut être pour vous le jour de l’Éternel? Ce sera un jour de ténèbres, non de lumière. Ce sera comme quand un homme fuit devant un lion, se trouve face à face avec un ours, entre dans la maison, s’appuie contre le mur et qu’un serpent le mord. Bien sûr, le jour de l’Éternel sera ténèbres et non lumière, il sera sombre et sans lueur. (Amos 5:18 N20).

Il continue en disant qu’Israël serait en exil, mais finirait par revenir et reconstruire le pays:

יג uהנה יluמים lבuאים, נtאם-יtהlוה, tונuoגש חורש oבקmצר, tודmרך wענluבים tבמmשך oהזloרע; tוuהuטיפו sהlהuרים .lעuסיס, tוlכל-oהtגlבעות uתtתמוגoגtנlה יד tוoשtבuתי, sאת-tשבות oעuמי יutשlראל, וlבנו lעuרים נtoשמות tויllשבו, tונltטעו tכlרuמים tוlשתו sאת-יינlם; .tוlעשו גoנות, tואtכלו sאת-tפuריsהם טו ונtoטtעuתים, oעל-אtדlמlתם; tולא יuנltתשו עוד, מoעל אtדlמlתם wאsשר נloתuתי lלsהם–אoמר, יtהlוה } אלsהיך. }ש 13

Voici, des jours vont venir, dit l’Éternel, où le laboureur se rencontrera avec le moissonneur, celui qui foule le raisin avec celui qui répand les semences. Les montagnes ruisselleront de moût et toutes les collines deviendront liquides. 14 Je ramènerai les captifs de mon peuple Israël: ils restaureront leurs villes détruites et s’y établiront, planteront des vignes et en boiront le vin, cultiveront des jardins et en mangeront les fruits. 15 Je les replanterai dans leur sol, et ils ne seront plus déracinés de ce sol que je leur ai donné, dit l’Éternel, ton Dieu. » (Amos 9: 13-15).

Ces versets se réfèrent à une surabondance de la fertilité de la terre.

La vigne serait également produite et riche de raisin. Le semeur de graines dans les champs ne suivra pas les floraisons tellement la terre récompensera le peuple (comme dans Lev. 26:5). Métaphoriquement, ces images agricoles d’Amos symbolisent l’abondance spirituelle qui va suivre pour le peuple repentant et restaurés en leur terre par Dieu.

Esaïe a également parlé des ravages et la terreur d’attendre dans le Jour du Seigneur :

.ו היuלילו, uכי lקרוב יום יtהlוה; tכשmד, uמoשoדי יlבוא .ז oעל-כן, lכל-יloדיuם uתtרsפינlה; tוlכל-tלoבב אנוש, יulמס .ח tונutבlהלו–uציuרים oוwחlבuלים יmאחזון, oכיולlדה יtuחילון; uאיש sאל-רעהו יutתlמהו, tפני tלlהuבים tפניsהם .ט uהנה יום-יtהlוה lבא, אtכזluרי tוsעtבlרה oוwחרון אף–lלשום lהאsרץ tלoשlמה, tוoחlטsאיlה יotשuמיד uמsמנlה 6

Lamentez-vous, car le jour du Seigneur est proche; c’est comme un fléau déchaîné par le Tout-Puissant. Aussi toutes les mains sont défaillantes, tout cœur d’homme se liquéfie. 8 Ils sont frappés d’épouvante les maux, les douleurs s’emparent d’eux; ils se tordent comme une femme en travail, ils se regardent l’un l’autre avec stupeur, leur visage est comme en feu. Oui, il arrive implacable, le jour du Seigneur, jour d’emportement et de violente colère, qui réduira la terre en solitude et en exterminera les criminels. (Isaïe. 13:6-9).

Après ces images de l’affliction sur le Jour du Seigneur, Isaïe présente l’image d’un roi juste, et des récits de paix et d’abondance qui résulterait de ce souverain règne.

.א tויllצא חmsטר, uמגזoע יulשי; tונsצר, uמlשlרlשיו יutפsרה .ב tונllחה lעlליו, רוoח יtהlוה–רוoח lחtכlמה וuבינlה, רוoח עlצה וגtבוlרה, רוoח oדoעת, tויutראת יtהlוה .ג oוwהuריחו, tביutראת יtהlוה; tולא-tלoמtראה עינlיו יutשפוט, tולא-tלuמtשoמע אזtנlיו יוuכיoח ד tוlשoפט tבsצsדק oדuלים, tוהוuכיoח tבuמישור tלoענtוי-אsרץ; tוuהlכה-sאsרץ tבשsבט uפיו, וtברוoח tשlפlתיו .יluמית lרlשע .ה tוlהיlה sצsדק, אזור lמtתנlיו; tוlהאמונlה, אזור wחlלlציו .ו tוגlר זtאב uעם-sכsבש, tונlמר uעם-tגuדי יutרlבץ; tועגsל וtכuפיר וtמuריא יotחlדו, tונooער lקטmן נmהג lבם .ז וlפlרה lודmב uתtרsעינlה, יotחlדו יutרtבצו יotלדיsהן; tואtריה, oכlבlקר יmאoכל-sתsבן .ח tוuשwעoשע יונק, oעל-חר lפsתן; tוoעל tמאוoרת uצtפעונuי, lגמול יlדו lהlדה ט לא-יlרעו tולא-יotשuחיתו, tבlכל-oהר lקtדuשי: uכי-lמtלאה lהאsרץ, דlעה sאת-יtהlוה, oכoמיuם, oליlם } tמoכuסים. }ס י tוlהיlה, oביום oההוא, שmsרש יuoשי wאsשר עmמד tלנס oעuמים, אlליו גויuם יutדרmשו; tוlהיtlתה tמנlחתו, } lכבוד. }פ 1

Or, un rameau sortira de la souche de Jessé, un rejeton poussera de ses racines. Et sur lui reposera l’esprit du Seigneur: esprit de sagesse et d’intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de science et de crainte de Dieu.  Animé ainsi de la crainte de Dieu, il ne jugera point selon ce que ses yeux croiront voir, il ne décidera pas selon ce que ses oreilles auront entendu.  Mais il jugera les faibles avec justice, il rendra des arrêts équitables en faveur des humbles du pays; du sceptre de sa parole il frappera les violents et du souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant.

 La justice sera la ceinture de ses reins, et la loyauté l’écharpe de ses flancs.  Alors le loup habitera avec la brebis, et le tigre reposera avec le chevreau; veau, lionceau et bélier vivront ensemble, et un jeune enfant les conduira. Génisse et ourse paîtront côte à côte, ensemble s’ébattront leurs petits; et le lion, comme le bœuf, se nourrira de paille. Le nourrisson jouera près du nid de la vipère, et le nouveau-sevré avancera la main dans le repaire de l’aspic. Plus de méfaits, plus de violences sur toute ma sainte montagne; car la terre sera pleine de la connaissance de Dieu, comme l’eau abonde dans le lit des mers.. 10 En ce jour-là, il y aura un rejeton de Jessé, qui se dressera comme la bannière des peuples; les nations se tourneront vers lui, et sa résidence sera entourée de gloire. Isaïe 11,1-10).

Les prophètes Isaïe, Michée, Jérémie, et Zacharie voient leur Messie rédempteur de l’homme comme un leader idéal possédant des qualités spirituelles et éthiques élevées.

Ce futur roi est considéré comme un successeur naturel de David, un juste, un juge et un protecteur des faibles, tel que décrit dans Ésaïe ci-dessus.

Bien que ces prophètes parlent d’un rachat moral et spirituel dans une ère future qui sera inaugurée par un homme, roi sacré aux qualités éthiques exceptionnelles, d’autres prophètes, comme Nahum, Sophonie, Habacuc, Malachie, Joël et Daniel, ne décrivent pas un homme de la trempe Davidique, mais Dieu lui-même pour inaugurer l’épopée messianique à venir.

Chaque prophète insiste sur des aspects particuliers de cet âge futur.

Ensemble, ils présentent un tableau complet des principales caractéristiques de cet âge messianique. Ces éléments comprennent le grand jugement sur le monde des ténèbres, le Jour du Seigneur, la création d’Israël sur sa terre en vertu de la règle de la venue d’un roi juste et sage, la reconnaissance du Dieu d’Israël par les nations du monde, la propagation de la règle de la justice et la paix, l’apprivoisement de la création sauvage, et la restauration de la fertilité du sol vierge.

Ces paroles de réconfort des prophètes prévoient un avenir où l’humanité tout entière reconnaîtra le vrai Dieu, la guerre sera bannie de la planète, et la paix régnera en maître. Finalement, toutes ces idées au sujet du Messie ont été développées dans les apocryphes et autres écrits. Toutefois, les doctrines du Messie qui se sont développées au sein du judaïsme venaient pour la plupart des écrits des rabbins dans la Michna, le Midrash, et le Talmud.

Les rabbins utilisent la Bible pour s’en inspirer dans leurs visions du Messie.

Considérant que les prophètes de la Bible ont été plus littéraire et poétique dans leurs descriptions d’une figure messianique, les rabbins ont tenté de rendre l’idée plus concrète en décryptant différents aspects et éléments du messie (ou l’âge messianique).

Nous allons voir le matériel biblique pour commencer par une analyse de la notion du Messie dans les sources rabbiniques.

Le messianisme dans la Michna

L’évidence de la fonction de Messie dans la Michna. Curieusement, il n’y a pas tellement de place consacrée à la question du Messie. La Michna, est une source rabbinique compilé par Rabbi Yéhouda HaNassi en 200-250 après J.C.. Il donne quelques références à l’ère messianique, mais pas à la personne même du Messie.

Une référence se trouve dans la Michna Brachot dans le cadre de l’Exode. Une autre apparaît dans Sota décrivant les ravages qui règnent à la fin des temps où on attend le Messie à venir. Voyons de plus près chacune de ces références.

Premièrement, la discussion en Brachot : Les sages ont demandé « Quel est le sens du verset ?

ג לא-תmא oכל lע lליו lח מץ, uש tב oעת יl uמים תmאoכל-lעlליו oמצות sלsחם עmנuי: uכי tבuחlפזון, יllצאlת מsאsרץ uמtצoריuם–tלoמoען uתזtכmר sאת .יום צאtתך מsאsרץ uמtצoריuם, כmל יtמי oחיsיך

Tu ne dois pas manger de pain levé avec ce sacrifice; durant sept jours tu mangeras en outre des azymes, pain de misère, car c’est avec précipitation que tu as quitté le pays d’Égypte, et il faut que tu te souviennes, tous les jours de ta vie, du jour où tu as quitté le pays d’Égypte. (Deutéronome 16:3).

La réponse a été que si l’Écriture a tout simplement déclaré: «les jours de ta vie», cela signifie que pendant les jours, mais depuis il a déclaré: «tous les jours de ta vie», cela signifie aussi pendant les nuits il faut se rappeler l’Exode d’Égypte. Les sages en outre élargissent la première interprétation. Ainsi, «jours de ta vie» renvoie à ce monde seulement, mais « tous les jours de ta vie » inclurait aussi les jours du Messie (Michna Brachot 1:5).

La section de la Michna Sota, que certains chercheurs désignent comme la « Petite Apocalypse » en raison de son contenu catastrophique, se lit comme suit:

« Avant l’arrivée du messie, l’arrogance se développera, les prix flamberont, la vigne donnera ses fruits et le vin sera inabordable. Le gouvernement se tournera vers l’hérésie et aucun avertissement ne sera pris en considération. La maison d’étude deviendra un lieu de débauche. La Galilée sera dévastée, la terre de Gabban stérile, les gens de cette province erreront de ville en ville et nul n’aura souci de leur venir en aide. Les Sages seront humiliés et l’on méprisera ceux qui craignent la faute. La vérité sera proscrite, les enfants outrageront les vieillards, les adultes se lèveront devant les plus jeunes. Le fils avilira le père, le père de famille sera haï dans son propre foyer (Mic 7, 6). Le visage de la génération ressemblera à celui d’un chien. Le fils ne rougira plus devant son père. Et à qui nous fieronsnous désormais, sinon à notre Père céleste ? » (M. Sota 9:15).

C’est le texte mishnique qui devient presque apocalyptique dans son expressivité et le contenu nous laissent imaginer les bouleversements sociaux et politiques, des épidémies de la faim, et sont économiquement causés par l’apostasie, la profanation de Saint Nom de Dieu et de l’oubli de la Torah.

Il est intéressant de noter que la personne du Messie ne figure pas dans ce texte dramatique de l’ère messianique. En général, la Michna ne parle que d’un âge messianique, et non la personne du Messie.

Rabban Yohanan ben Zakkaï était le sage qui a négocié avec les Romains au cours des jours qui ont précédé la destruction du Temple en l’an 70. Il demandait l’autorisation pour le contrôle de la ville de Yavneh et des sages qui y étudiaient, c’était à cette époque un centre d’études. Cette demande avait pour but d’épargner la ville plutôt que de perdre ses forces en s’opposant à la conquête d’Israël par les Romains.

Nous avons quelques informations sur ses tendances messianiques.

Bien que la tendance de la population a été de suivre toute personne qui promettait d’être le Messie et les libérer de Rome, Yo’hanan ben Zakkaï minimisait ses sentiments messianiques parmi le peuple, car il craignait d’indisposer les Romains.

De la même manière, R. Yehuda Hanassi, le compilateur de la Michna, a également été réticent à encourager toute mention du Messie, surtout après l’échec de la révolte de Bar Kochba2 en 132-135 Ap. J.C..

R. Yohanan ben Zakkaï, n’a fait qu’une seule mention positive au sujet du Messie, qui dans son cas, fait spécifiquement référence au roi Ezéchias.

Ben Zakkaï évoque le Messie à ce personnage historique parce qu’il croyait que, comme le roi, il avait consacré sa vie à sauver son peuple. Pourtant, souvent, il s’inquiéta du fait qu’il n’avait pas sauvé Jérusalem, tandis que Ezéchias avait miraculeusement sauvé Jérusalem en 702 avant notre ère.

Ben Zakkaï, qui était vivant au cours de la destruction du Temple, et qui selon la tradition rabbinique, a vécu 120 ans, a peut-être aussi vu la montée de Bar Kochba, et donc se méfiait des mouvements messianiques.

Les questions dans le mythe et la personne du Messie ne sont guère abordées dans la Michna.

Une histoire raconte qu’avant la mort de Ben Zakkaï, il aurait déclaré: « Préparez un trône pour le roi Ezéchias, qui est à venir » (Ber. 28b ARN 25:40).

C’est probablement la seule proclamation messianique du sage. Il a dit une fois: «Si les jeunes vous disent, allons, laissez-nous construire le Temple, ne les écoutez pas. S’ils disent les vieux viennent détruire le Temple, écoutez-les ».

Ces sentiments indiquent qu’il souhaitait freiner toute reconstruction du Temple, qu’il sentait les dangers d’une résurgence messianique.

Nous pouvons avancer que la matière limitée sur le Messie dans la Michna peut être attribuée à des maîtres Juifs qui craignaient d’indisposer les autorités romaines sur les aspirations messianiques du peuple.

Ces rabbins ont également vécu la débâcle de Bar Kochba et étaient donc suspects de fausses figures messianiques. Inversement, plus tard, les rabbins du Talmud ont été suffisamment éloignés de ces événements et pouvaient spéculer librement sur un futur Messie juif.

Maintenant nous allons examiner la période talmudique dans la littérature juive et à cet égard, les discussions rabbiniques sur le Messie abondent.

Le Messie dans le Talmud et le Midrash

« Le jour où Jérusalem a été détruite le Rédempteur est né. »

L’adage ci-dessus à partir de sources rabbiniques (Eicha Rabba 1:51; Yer.Brachot 2:4) est imprégné d’optimisme quant à la notion messianique. Elle exprime la foi que le jour où le Temple a été détruit le Messie serait né; les graines de la rédemption sont considérées comme plantés dans les cendres de la destruction.

La croyance en un Messie est l’expression suprême de l’esprit juif, ce qui permet au peuple juif à endurer toutes les épreuves et les tribulations à travers les âges.

Le concept de l’ère messianique apporte la vie avec la perspective d’offrir un espoir à l’humanité. Cet espoir issu de la venue du Messie, c’est avant tout l’affirmation d’un projet et d’un but final de notre histoire, c’est l’arrivée d’une nouvelle ère qui se voit inaugurée, la guerre sera bannie de la terre, et la paix régnera en maître. Il est imprégné d’une aura de l’espoir et la rédemption d’Israël et de l’humanité.

Le Talmud, à la différence de la Michna, est composé d’une centaine de références au Messie, et à l’ère messianique.

La question qui a occupé l’esprit des sages, a été la l’étude d’une conception historico-religieuse et sociomessianique au centre desquels le Messie viendrait prendre place?

Ayant retenue les leçons de la tragédie de Bar Kochba, ils ont tendance à dévier de la politique vers le spirituel. Aucune tendance politique n’apparaît et aucune mesure sociale ne sont prises par ces sages lorsqu’ils évoquent les pouvoirs du Messie.

Contrairement à la Michna, qui cite le Tanakh avec parcimonie, les rabbins du Talmud nous fait découvrir que le Messie n’est pas seulement historique, mais reste aussi un devenir qui va au-delà de l’histoire.

Est-ce que sa venue sera exclusivement une métaphysique ou demeurera-t-elle un phénomène naturel?

Les sages du Talmud discutent encore des événements catastrophiques qui mettraient fin à la venue du Messie (San. 97a).

Considérant que, dans Sota, la décadence morale et spirituelle a déjà été soulignée, les rabbins étudient le caractère du Messie, et s’appuient sur le livre d’Isaïe, pour montrer qu’il doit avoir des qualités exceptionnelles d’esprit et l’âme. Ils lui confèrent la plus haute des puissances spirituelles (Esaïe 11).

Par exemple, uniquement par le ressenti, le Messie sera capable de déclarer qui est juste et qui est injuste.

Dans ces discussions, les sages évaluèrent Bar Kochba et ils décidèrent qu’il n’avait pas eu les qualités nécessaires pour être le Messie, il a donc échoué. La défaite de la révolte de Bar Kochba a changé l’attitude des évaluations des sages pour le Messie, alors que Rabbi Akiva quant à lui, démontra sa croyance dans le Messie en Bar Kochba en tant que juge, guerrier et leader.

A propos de la venue de Mashia’h, le Talmud enseigne qu’elle interviendra « alors qu’on ne l’attend pas » (Sanhedrin 97a). Cette expression est interprétée de manières diverses, en voici un sens plus profond :

La venue de Mashia’h doit être préparée pendant le temps de l’exil, c’est-à-dire un temps où, précisément, on « n’attend pas » la Délivrance, où la préoccupation de l’immense lumière de la nouvelle ère est mise de côté. Lorsqu’on en vient à illuminer ces endroits les plus obscurs, cet état de choses où règnent la « non-attente » et l’antithèse absolue de la lumière de Mashia’h, alors le descendant de David arrive.

(D’après un commentaire du Rabbi de Loubavitch, Chabbat Parchat MatotMassei 5713) :

Parfois ses sages et leurs supputations très originales sur le rédempteur, a contribué à influencer le succès et la gloire de la personnalité du Messie. Les Sages s’interrogent (Traité Horayot 11b) pourquoi tous les rois ne furent pas oints. Une réponse est que l’onction ne survenait que lorsqu’un doute survenait en début de leur royauté sur leur désignation par l’Éternel. Elle faisait donc office de permission officielle.

Cependant, même les rois n’ayant pas reçu l’onction avaient le titre de Melekh HaMashia’h. C’est que le titre de « Mashia’h » indique que leur sacre a reçu l’approbation divine, ce qui explique pourquoi le roi perse Cyrus est aussi appelé mashia’h (Isaïe 45), car il mena la vie dure au roi de Babylone, et le remplaça, avec l’appui et la bénédiction de Dieu (un appui dont Cyrus est bien conscient, car il n’hésite pas à en remercier Ahura Mazda, Dieu suprême de l’hénothéisme mazdéen).

Le Mashia’h est en pratique un homme, né d’une femme (exégèse de ad ki yavo Silo), sans aucun caractère divin ou surhumain. (« Le Talmud ne fait mention nulle part d’une croyance en un rédempteur surhumain en tant que Messie », in Cohen, 1949. Chap. XI, The Hereafter, § I. The Messiah, p. 347)

Selon une tradition répandue, un Messie potentiel se lève à chaque génération, mais il ne peut s’accomplir que si la providence suprême estime que la génération en est digne.

Selon les Sages, il y a deux Messies, le premier étant le Mashia’h ben Yossef, qui réalise les étapes pratiques, comme le rassemblement du peuple, et le Mashia’h ben David, qui est le Messie spirituel.

Le Mashia’h ben Yossef, de la tribu d’Éphraïm, descend de Rachel, tandis que le Mashia’h ben David, de la tribu de Juda, descend de Léa.

Le Talmud scrute les allusions au Messie en d’autres endroits :

Sanhédrin 94a:
Le Saint, béni soit-Il, voulut faire d’Ezéchias le Mashia’h et de Sennachérib Gog et Magog. La mesure de justice vint Lui dire : Maître du monde, qu’en est-il du Roi David, qui a dit tant de chants et éloges devant Toi ? Tu n’as pas fait de lui le Mashia’h, alors qu’Ézéchias, pour lequel Tu as réalisé tous ces miracles, et qui n’a pas chanté un chant devant Toi, tu ferais de lui le Mashia’h ?

Sanhédrin. 98a :
Rabbi Yehoshoua ben Levi, se promenant, rencontra adossé à l’entrée d’une caverne, le prophète Élie, à l’endroit où était enterré Rabbi Shimon Bar Yochaï.
Il lui demanda : Ai-je une part dans le monde à venir? Il (Élie) répondit : si le Maître le veut. […]Il lui demanda ensuite : Quand viendra le Messie? Il répondit – Va et demande-lui. Où le trouverai-je?, s’enquit le Rabbi. A la porte de Rome Et comment je vais le reconnaître? « Il est assis avec les pauvres affectés de toutes sortes de maladies. Tous défont et refont leurs pansements en une seule fois, mais lui, il fait et refait ses pansements, les uns après les autres, en disant ceci:’Lorsque je devrai amener la Délivrance, il ne faut pas que je sois retardé à refaire tous mes pansements »! Il (Rabbi Yehoshoua ben Levi) alla donc, et le salua : Paix sur toi, mon maître et professeur. Paix sur toi, fils de Levi (Ben Levi) Quand viendras-tu, Maître? Aujourd’hui A son retour auprès d’Élie, Élie s’enquit : que t’a-t-il dit ? Paix sur toi, fils de Levi Par cela, il t’a assuré, ainsi qu’à ton père, une portion du monde à venir. Il ne m’a pas parlé vrai, il a dit qu’il viendrait aujourd’hui, mais il ne l’a pas fait! Il (Élie) lui répondit : C’est ce qu’il t’a dit : aujourd’hui, si vous entendez Sa voix (Psaumes 95:7)

Soukka 52b:
Il est écrit (Michée 5:4): « C’est ainsi qu’il y aura la paix. Lorsque l’Assyrien viendra dans notre pays, et qu’il pénétrera dans nos palais, nous ferons lever contre lui sept pasteurs et huit oints ». Qui sont les sept pasteurs ? David au centre; Adam, Seth, Mathusalem à sa droite; Abraham, Jacob, et Moïse à sa gauche. Et qui sont les huit oints ? Jessé, Saül, Samuel, Amos, Sophonie, Sedecias, le Mashia’h et Élie.

Les noms du Messie dans le Talmud

Les sages examinent aussi les noms du Messie et offrent une variété d’explications.

Il y a une opinion, que le nom du Messie était l’une des dix choses créées avant le monde. Selon ses sages qui étudièrent des passages de la Bible, certains de ceux-ci pouvaient être interprétés dans un sens messianique et donnèrent une variété de noms par laquelle le Messie peut-être appelé.

R. Shela dit que, « le Messie Shilo car il est écrit, Pacifique Shilo vient »

י לא-יlסור שsבט uמיהוlדה, וtמחmקק uמבין oרגt lליו, oעד uכי-יlבmא uשילה, tולו יu tק oהת .עoמuים

Le sceptre n’échappera point à Juda, ni l’autorité à sa descendance, jusqu’à l’avènement du Pacifique auquel obéiront les peuples. (Genèse 49:10).

Le nom de Menahem, fils d’Ezéchias, a également été suggéré comme nom du Messie.

Les noms ont été proposés aussi en raison de leurs significations respectives, de sorte que chaque nom dit quelque chose des caractéristiques du Messie.

Par exemple, Menachem, est symbolique plus que d’un nom propre, et suggère que le Messie doit être le consolateur et rédempteur du peuple juif.

Haninah vient de la racine hébraïque qui signifie « compassion ». Tous les noms jusqu’à présent sont positifs. Cependant, nous constatons également une désignation négative.

Un des plus étranges noms donnés au Messie est ליפול, en hébreu « lifoul », qui signifie «tombé». R. Nahman remarque la connotation négative d’un nom comme celui-là.

L’opinion de Maïmonide, dont la conception du Mashia’h dans la pensée juive est si fortement tributaire. Le passage suivant est tiré de son Mishné Torah (Hilkhot Melakhim Oumil’hamoteihem, chapitre 11) :

« Le Roi oint (Melekh ha-mashia’h) est destiné à se lever et restaurer le royaume Davidique dans son antique et première souveraineté. Il construira le Temple de Jérusalem et rassemblera les égarés d’Israël. Toutes les lois reprendront vigueur en ses jours comme avant: les offrandes sacrificielles seront offertes et les années sabattiques ainsi que les Jubilés seront tenus, en accord avec tous les préceptes mentionnés dans la Torah.

Quiconque ne croit pas en lui, ou n’attend pas sa venue, ne défie pas seulement les autres prophètes, mais aussi la Torah et Moïse notre Maître. Car la Torah témoigne à propos de lui en ces termes:

« 1. alors l’Éternel, ton Dieu, ramènera tes exilés et aura compassion de toi, il te rassemblera encore … 2.Quand tu serais exilé à l’autre extrémité du ciel … et c’est là qu’Il t’ira chercher. » etc. (Deutéronome 30:3-5). »

Ces mots sont explicitement mentionnés dans la Torah, circonscrivent et incluent tous les mots parlés par tous les prophètes. Dans la section de la Torah référant à Bala’am, aussi, il est écrit : « et voilà qu’il prophétisa à propos des deux oints » : le premier oint, c’est David, qui a sauvé Israël de tous ses oppresseurs; et le dernier oint se lèvera parmi sa descendance et sauvera Israël à la fin. Voici ses propos (Nombres 24:17-18):

« Je le vois, mais non maintenant » – c’est David; « Je le contemple, mais non de près » – c’est le Melekh ha-mashia’h. « Un astre sort de Jacob » – c’est David, « Un sceptre s’élève d’Israël » – c’est le Melekh ha-mashia’h. « Il perce les flancs de Moab » – c’est David, ainsi qu’on l’apprend de « Il battit les Moabites, et il les mesura avec un cordeau… » (II Samuel 8:2), « Et il abat tous les enfants de Seth » – c’est le Melekh ha-mashia’h, à propos duquel il est dit : « Et il dominera d’une mer à l’autre » (Zacharie 9:10). « Il se rend maître d’Édom » – c’est David, ainsi: « Et Édom fut assujetti à David, etc ». (II Samuel 8:6); « Il se rend maître de Séir, ses ennemis » – c’est le Melekh ha-mashia’h, ainsi: « Des libérateurs monteront sur la montagne de Sion, Pour juger la montagne d’Ésaü; Et à l’Éternel appartiendra le règne » (Abdias 1:21). »

« Et [dans la section] des Villes de Refuge, il est dit : « Lorsque l’Éternel, ton Dieu, aura élargi tes frontières,…tu ajouteras encore trois villes à ces trois-là », etc. (Deutéronome 19:8-9). Cela ne s’est jamais produit, or le Saint, béni soit-Il ne commande pas en vain. Mais, comme pour les paroles des prophètes, cela ne nécessite pas de preuve, comme tous leurs livres sont emplis de ce sujet. » « N’imagine pas que le Melekh ha-mashia’h doit produire des miracles et des signes et produire de nouvelles choses dans le monde ou ressusciter les morts et ainsi de suite.

Cela n’est pas ainsi : car Rabbi Akiva fut un grand savant au sein des sages de la Michna, il fut l’assistant-guerrier du roi Bar-Kokhba, et clama qu’il était le Melekh ha-mashia’h. Lui et tous les Sages de sa génération le créditèrent de l’être, jusqu’à ce qu’il fut tué par [ses] péchés; ce n’est qu’à sa mort qu’ils surent qu’il ne l’était pas. Les Sages ne lui avaient demandé ni miracle ni signe… »

« Et si un roi se lève, venant de la Maison de David, étudiant la Torah et s’impliquant dans les commandements comme son père David, d’après les Torah écrite et orale, s’il oblige tout Israël à les suivre et à renforcer ses points faibles, et mène les guerres de Hashem, celui-là devra être traité comme s’il était l’oint. S’il réussit et remportait sur toutes les nations qui l’entourent et construit un Saint Temple en l’endroit assigné et rassemblait les égarés d’Israël, ce sera en vérité le Mashia’h, et il amendera le monde entier, qui vénérera le Seigneur ensemble, ainsi qu’il est dit : « Alors Je donnerai aux peuples des lèvres pures, afin qu’ils invoquent tous le Nom de l’Éternel, pour le servir d’un commun accord. (Sophonie 3:9). »

« Cependant, s’il ne réussissait pas jusqu’à maintenant, ou était tué avant de le faire, il serait clair qu’il n’est pas celui que la Torah nous a promis, et qu’il est en vérité comme tous les rois propres et entiers de la Maison de David qui sont morts. Le Saint, béni soit-Il ne l’aura fait venir que pour éprouver le peuple, ainsi: « Quelques-uns des hommes sages succomberont, afin qu’ils soient épurés, purifiés et blanchis, jusqu’au temps de la fin, car elle n’arrivera qu’au temps marqué. » (Daniel 11:35). »

Maïmonide écrit ensuite la raison pour laquelle les Juifs pensent que Jésus eut tort de « créer » le christianisme et que Mahomet eut tort de fonder l’islam : non seulement ils n’ont pas sauvé Israël, rassemblé leurs exilés et renforcé leurs mitzvot, mais ils ont causé sa perte par l’épée, la dispersion de ses rescapés et leur humiliation, ils ont changé ou nié la Torah et, pour le christianisme, conduit une grande partie du monde à rendre erronément un culte à un Dieu autre que le Seigneur. Toutefois, écrit Maïmonide, ces deux foi aident à rapprocher le monde de Dieu, et participent donc à sa rédemption.

Nahmanide

En juillet 1263, Nahmanide, rabbin de Gérone devenu chef spirituel de la communauté juive de Catalogne, est convoqué par son protecteur le roi Jaime Premier à une disputation publique avec un Juif apostat devenu moine dominicain, connu sous le nom de Fra Pablo Christiani, qui entend prouver la vérité du christianisme à partir des passages de textes pharisiens (aggadot tirées du Talmud et du Midrash) traitant du Mashia’h. Cet épisode marque un tournant dans la pensée juive : discuter de ce qu’est le Messie cède le pas à discuter de ce qu’il n’est pas.

Nahmanide démontre l’inanité des prétentions de Christiani en remettant les passages cités dans leur contexte. Il fait remarquer au passage que la plupart ne sont que des « sermons » n’ayant pas aux yeux du judaïsme la force du Talmud ou de la Torah. Il cite ensuite de nombreux passages bibliques et talmudiques prouvant que le Mashia’h attendu par les prophètes est un être humain, de chair et de sang, et non une divinité dans l’entendement chrétien de Jésus; qu’il doit amener un règne de paix et de justice universelles, et non une ère de violence, de guerres, surtout au nom de la religion (chrétienne).

Par ailleurs, Nahmanide affirme que la question du Messie n’est pas si importante pour les Juifs que les Chrétiens ne l’imaginent : il est plus méritoire pour un Juif d’observer les préceptes des exilés, souffrants, humiliés sous la botte des Chrétiens, que sous le règne du Mashia’h où c’est l’état naturel des choses.

Joseph Albo

À la fin du XIVème siècle, une vague de persécutions s’abat sur les Juifs d’Espagne, entraînant un nombre de conversions souvent forcées, et irréversibles, créant la classe des Cristianos Nuevos ou marranes. Le grand rabbin de Burgos, Salomon Halévi choisit de se convertir avec toute sa famille. Il est vivement critiqué par l’un de ses anciens élèves, Joshua HaLorki.

20 ans plus tard, le même Joshua HaLorki, entretemps devenu médecin du pape après sa conversion sous le nom de Geronimo de Santa Fe, provoque les Juifs lors d’une disputation menée de façon tendancieuse, et aboutissant après deux ans à d’autres conversions plus ou moins volontaires.

L’un des participants à cette fameuse disputation de Tortosa, le Rav Joseph Albo, note que le 12ème principe de foi de Maïmonide, l’attente du Messie, a particulièrement mis les Juifs à mal, d’autant que Geronimo de Santa Fe n’a pas hésité à répéter l’erreur de l’un des plus grands érudits du judaïsme, Hasdaï Crescas, maître du Rav Albo, qui s’est laissé abuser par le pseudo-Messie de Cisneros.

Joseph Albo décide donc de reformuler les principes de foi (Ikkarim) de façon à ne garder que les trois principes suivants :

  • 1. Croyance en l’existence de Dieu;
  • 2. Croyance dans la révélation;
  • 3. Croyance dans la justice divine.

La seule religion véritablement révélée est celle qui, à partir de ces principes, peut faire ressortir les autres sans se contredire. Le Messie n’est aucun de ses dérivés : en d’autres termes, on peut être Juif et ne pas croire au Messie sans être apostat.

Cet ouvrage, dont le but était avant tout de déplacer la polémique vers un terrain plus « neutre » fut excessivement mal accueilli au sein du judaïsme.

Isaac Abravanel

Isaac Abravanel, homme de cour, commentateur et contradicteur de Maïmonide vit au premier plan l’un des plus grands traumatismes de l’histoire des Juifs jusqu’à la Shoah : l’expulsion des Juifs d’Espagne le 2 août 1492, du sol où la plupart étaient établis depuis l’Exil.

À son échec personnel de n’avoir pu faire annuler le décret de l’Alhambra et sa souffrance, s’ajoute la perception de la souffrance de ses frères, mourant dans la misère et le désarroi, se détachant de toute spiritualité et sainteté. C’est afin de renforcer leur foi qu’il rédige sa Trilogie messianique (Migdol Yeshou’ot) Ces malheurs fondant subitement sur le peuple Juif ne sont-elles pas les douleurs d’enfantement du Messie?

Abravanel réfute les interprétations chrétiennes de la réalisation des prophéties messianiques, particulièrement celles du livre de Daniel, en la personne de Jésus, mais aussi les interprétations de ceux des commentateurs Juifs qui situent la réalisation des prophéties à l’époque du Second Temple.

Selon Abravanel, celui-ci n’était qu’un ersatz du premier, et s’inscrivait dans les suites de l’exil qui débuta lorsque le Premier Temple tomba. Il fait non seulement remarquer que le royaume des chrétiens n’est pas indestructible, puisque les musulmans les ont fait reculer à plusieurs reprises, mais que la quatrième bête de Daniel pourrait bien être Rome, et sa « petite corne » (Daniel 7 :8) la papauté, qui a des « yeux d’homme » et dit « des choses monstrueuses », telles les doctrines de la Trinité ou de l’Incarnation.

Abravanel défend également les sources rabbiniques du messianisme, parmi lesquelles la Aggada, mise à mal par Nahmanide. Il commente principalement le chapitre 28 des Pirke de Rabbi Éliezer (qui traitent des quatre empires du songe de Daniel) et les passages du traité Sanhédrin afférant au Messie. Finalement, il fait de même avec les passages bibliques.

Les idées d’Abravanel connaîtront une grande pérennité en son temps et dans les siècles à venir.

Rabbi Éliezer ben Hourcanos (Hyrcan), dit Rabbi Éliezer le Grand, ou simplement Rabbi Éliezer, est l’un des plus grands Tannaïm, Sages du Talmud. Il se situe entre la première et la deuxième génération suivant la destruction du deuxième Temple. Les Pirke de Rabbi Éliezer lui sont également attribués. Il s’agit d’un Midrash reprenant ses enseignements. Bien que certains soupçonnent cette œuvre d’être pseudo-épigraphique, la majorité s’accorde à penser qu’il s’articule sur au moins un noyau de ses enseignements.

Le Gaon de Vilna

Les impressions du Gaon de Vilna sur le Messie, et le Messie fils de Joseph en particulier, ont été consignées par l’un de ses élèves, le Rav Hillel de Siklov dans son livre « Qol HaTor ». Loin de tout mysticisme, le Gra (HaGaon Rabbenou Eliyahou) spécule sur un Mashia’h ben Yossef responsable d’hommes, qui fait avancer les choses afin de ressusciter, défendre, protéger et faire vivre la nation (juive), sans aucune publicité ni reconnaissance, s’occupant au contraire des plus démunis.

Selon le Gra, le Mashia’h ben Yossef n’est pas forcément un homme : la Reine Esther joua ce rôle au sein de sa génération.

Le Maharal

Dans son Netza’h Israël, entièrement consacré au sujet de la Délivrance, le Rav Yehouda Löw estime que le Roi David fut le prototype du Messie fils de David, se basant sur les derniers versets du Livre de Samuel (2 Sam 23:1) :
« Voici les dernières paroles de David. Parole de David, fils d’Isaïe, Parole de l’homme haut placé, De l’oint du Dieu de Jacob, Du chantre agréable d’Israël ».

Le futur Messie devra être un roi sur lequel compte Israël, menant leur guerre dans une dimension spirituelle.

D’autres notions messianiques dans le Talmud

Une des questions importantes concernant le Messie traite de la conduite nécessaire de la part d’Israël pour inaugurer son arrivée.

Deux sages du Talmud, R. Éliezer et R. Joshua discutèrent de ce sujet (San.97b).

R. Éliezer fait du rachat des péchés la condition absolue de la repentance: « S’ils ne se repentent pas, ils ne seront pas rachetées. R. Joshua diffère dans son interprétation des sources. Il affirme que la nation sera remboursée, même si elle ne se repent pas.

R. Joshua ne rompt pas le lien entre la repentance et la rédemption, mais affirme qu’il est impossible de croire qu’Israël ne sera pas sauvé, même s’il ne se repent pas. Il offre comme une preuve du rachat des Israélites en Égypte. Le rachat a été fondé par la bonté de Dieu, plutôt que sur la repentance d’Israël. Toutefois, il semble malgré tout difficile de soutenir la position de R. Joshua si l’on veut bien considérer la destruction de premier et second Temple.

Le Talmud utilise divers versets bibliques pour prédire la venue du Messie.

Au premier rang de ceux-ci on retrouve Ésaïe qui annonce l’espoir d’une restauration de la dynastie davidique. Il représente le Messie comme un être humain, une personne de la sagesse et la compréhension.

.א tויllצא חmsטר, uמגזoע יulשי; tונsצר, uמlשlרlשיו יutפsרה 1

Or, un rameau sortira de la souche de Jessé, un rejeton poussera de ses racines.

ב tונllחה lעlליו, רוoח יtהlוה–רוoח lחtכlמה וuבינlה, רוoח .עlצה וגtבוlרה, רוoח oדoעת, tויutראת יtהlוה 2

Et sur lui reposera l’esprit du Seigneur: esprit de sagesse et d’intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de science et de crainte de Dieu. Esaïe 11:1-2).

Autour de l’arrivée de cette personnalité unique, des événements étonnants, contraire à la nature, seraient observés:

ו tוגlר זtאב uעם-sכsבש, tונlמר uעם-tגuדי יutרlבץ; tועגsל וtכuפיר וtמuריא יotחlדו, tונooער .lקטmן נmהג lבם 6

Alors le loup habitera avec la brebis, et le tigre reposera avec le chevreau; veau, lionceau et bélier vivront ensemble, et un jeune enfant les conduira. (Esaïe 11:6).

Les rabbins du Talmud, comme nous l’avons montré, ont beaucoup à dire au sujet du Messie et l’ère messianique à venir, nous avons à peine gratté la surface.

Nous avons évoqué quelques références, mais il y a beaucoup plus. Ces références peuvent souvent dévier du spirituel à la politique, du naturel au surnaturel, du rationnel à l’émotionnel. Ils visent à montrer que le Messie n’est pas seulement un personnage historique, mais aussi trans-historique.

Est-ce que la venue du Messie est une personne physique ou un phénomène métaphysique?

Les réponses des sages diffèrent grandement sur cette question et nous pourrions affirmer, qu’il serait parfaitement possible que la manifestation du Messie se révélerait doublement.

Bien que la Bible parle d’un futur roi davidique qui ouvriraient la voie à une ère de paix et de prospérité, les rabbins ont développés davantage la notion métaphysique mais rien n’empêche une manifestation complètement humaine.

Selon les rabbins le Messie mettra un terme à toutes les souffrances du peuple juif. Globalement, nous constatons que les rabbins de l’époque talmudique ont été plus séduits par l’idée d’un Messie surnaturel. Leurs idées ont été transmises et se transmettent encore à travers les âges.

Certaines de ces idées ont été développées par le grand Maïmonide philosophe juif, dont l’un des 13 principes de foi5 traite avec la croyance dans le Messie. La croyance a continué à occuper l’esprit des philosophes médiévaux et penseurs juifs, souvent au temps des persécutions et des souffrances.

Les persécutions espagnoles au 13ème siècle, qui ont abouti à l’expulsion de 1492 et qui paradoxalement a provoqué un nouveau mouvement mystique comme la Kabbale.

Ce mouvement mystique fournit un exemple d’une doctrine qui se posent encore plus de question sur la venue d’un Messie durant les périodes tumultueuses de l’histoire juive.

Dans la doctrine kabbalistique de la sainte étincelle, le Messie viendra où toutes les étincelles ont été sauvés du domaine des pouvoirs démoniaques.

Cette idéologie a donné lieu à la figure du 17ème siècle, Sabbataï Tsevi, un triste exemple de l’aspiration messianique mal interprétée et très mal comprise. Mais finalement ces aspirations messianiques trouvent son expression dans le mouvement hassidique du 18ème siècle.

Maintenant, nous allons plonger dans les concepts modernes en ce qui concerne le Messie.

D’autres conceptions messianiques dans le monde juif des premiers siècles de l’ère chrétienne.

Siracide 51

Louez le Gardien d’Israël… Louez le Rédempteur d’Israël… Louez Celui qui rassemble les dispersés d’Israël… Louez Celui qui construit Sa cité et Son Sanctuaire… Louez Celui qui fait germer la corne de la maison de David… Louez Celui qui choisit pour prêtres les fils de Sadoq6… Louez Celui qui choisit Sion.

Baruch  (version syriaque) 2, 10

Heureux l’homme qui n’est pas né ou qui est né pour mourir. Nous les vivants, malheur à nous qui voyons le déclin de Sion. Les paysans, n’ensemencez pas votre terre, et toi terre, pourquoi donnerait-tu les fruits de ta récolte ? … Toi, vigne, pourquoi continuerais-tu à donner ton vin ? Toi, Soleil, stoppe la lumière de tes rayons. Lune, éteints ta lumière. Car, pourquoi la lumière continuerait-elle à briller quand la lumière de Sion est ténèbres ? Vous, les jeunes mariés n’entrez pas sous le dais nuptial…

Abot de Rabbi Nathan 4

Un jour R. Yohanan Ben Zakhaï faisait route depuis Jérusalem en compagnie de R. Yeoshua, lorsqu’il vit le Sanctuaire en ruine. Quelle calamité pour nous, s’exclama R. Yeoshua, que cet endroit où les péchés d’Israël étaient expiés, gis aujourd’hui en ruine !

R. Yohanan lui dit : Mon fils, ne t’afflige pas ! Nous avons un moyen d’expiation qui lui est équivalent : c’est la pratique de la bonté, selon les mots Car c’est l’amour qui Me plait, et non les sacrifices (Os, 6, 6).

Si des jeunes gens viennent te dire : Allons reconstruire le Temple, ne les écoute pas. Mais si des vieillards viennent te dire : Allons renverser le Temple, écoute-les, parce que les constructions des jeunes sont destruction ; et les destruction des gens âgés est construction.

Talmud de Jérusalem, Taaniot, 4, 68d

Lorsque R. Aqiba voyait Bar-Kohba, il disait qu’il était le roi messie. R. Yohahan ben Torata lui dit : Aqiba, des herbes pousseront entre tes joues et le fils de David (le Messie) ne sera pas encore venu…

Talmud de Babylone, Sanhedrin 97a

Nos maîtres ont enseigné : Le septénaire à la fin duquel le fils de David viendra

– la première année sera accompli le verset Et Je ferai pleuvoir sur une cité et ne pas pleuvoir sur une autre cité, durant la deuxième, les flèches de la famine seront lancées, durant la troisième, il y aura une grande famine : hommes, femmes, enfants, gens dévots, faiseurs de miracles mourront, et la Torah sera oubliée par ceux qui l’étudient, durant la quatrième l’abondance sera partielle, la cinquième, l’abondance sera grande, les gens mangeront, boiront et seront dans l’allégresse, et la Torah sera restaurée à ceux qui l’étudient, durant la sixième, il y aura des Voix célestes, durant la septième, des guerres, et à la fin des sept années, le fils de David viendra.

Michna Sota 9, 15

Avant l’arrivée du messie, l’arrogance se développera, les prix flamberont, la vigne donnera ses fruits et le vin sera inabordable. Le gouvernement se tournera vers l’hérésie et aucun avertissement ne sera pris en considération. La maison d’étude deviendra un lieu de débauche.

La Galilée sera dévastée, la terre de Gabban stérile, les gens de cette province erreront de ville en ville et nul n’aura souci de leur venir en aide. Les Sages seront humiliés et l’on méprisera ceux qui craignent la faute. La vérité sera proscrite, les enfants outrageront les vieillards, les adultes se lèveront devant les plus jeunes. Le fils avilira le père, le père de famille sera haï dans son propre foyer (Mic 7, 6).

Le visage de la génération ressemblera à celui d’un chien. Le fils ne rougira plus devant son père. Et à qui nous fierons-nous désormais, sinon à notre Père céleste ?

Talmud de Babylone, Sanhedrin 98a 3

Le fils de David ne viendra pas avant que les juges et les surveillants de l’ordre ne disparaissent d’Israël. Si vous voyez une génération qui donne des signes de déclin régulier, attendez-vous à voir le Messie.

Le fils de David n’apparaîtra que dans une génération totalement pervertie.

« Qu’il vienne, mais puissé-je ne pas le voir. Rav Yossef explique : Qu’il vienne et puissé-je m’asseoir à l’ombre du crottin de son âne. »

« Que soient pulvérisés les os de ceux qui calculent la fin, car on a souvent dit : « Puisque le temps de la fin est achevé, et qu’il n’est pas venu, c’est qu’il ne viendra pas. »

A suivre…..

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