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L’effroyable massacre de 1929 perpétré par les arabes, dans la ville juive d’Hébron, actuellement encore occupée par les colons musulmans…

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Hébron est une ville sainte du judaïsme. Située à 30 km au sud de Jérusalem, où est situé le caveau de Makhpela (qui est le tombeau des Patriarches et Matriarches), où sont enterrés Abraham, Sarah, Rivka, Jacob. C’est également à Hébron que le roi David a été oint et qu’il a régné, jusqu’à la prise de Jérusalem.

Une présence juive a été maintenue à Hébron sans discontinuité pendant des millénaires, quel que soit le pouvoir régnant en place.

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Juifs de l’ancien Yichouv, 1895

Dans les années autour de 1920, les relations entre les Arabes et les Juifs se tendent rapidement, et les Arabes commencent à harceler les Juifs de façon quasi-quotidienne. Des injures dans la rue, des bastonnades occasionnelles, des pierres jetées dans les fenêtres et des troubles dans le caveau des Patriarches, amènent la communauté juive à déposer de nombreuses plaintes auprès de la police britannique, en se plaignant du manque de protection.

Les Juifs attribuent certains de ces troubles à l’Association Nationaliste Arabe Chrétienne-Musulmane qui répand des chansons et autres incitations anti juives.

Le 20 aooût 1929, après des attaques arabes contre les Juifs à Jérusalem, les chefs de la Hagana proposent aux 750 Juifs du Yichouv (implantation) de Hébron d’assurer leur défense ou de les évacuer. Les responsables de la communauté de Hébron déclinent l’offre, plaçant une entière confiance dans les notables arabes en cas de troubles.

Le vendredi suivant, le 23 août, des rumeurs faisant état d’une attaque imminente de la mosquée Al-Aqsa par les Juifs circulent. Les violences arabes à l’encontre des Juifs commencent dans les rues de la Vieille ville de Jérusalem, avant de se propager à l’ensemble de la Palestine.

Les massacres de Hébron et Safed ont particulièrement sanglants, mais d’autres tueries se produisent à Motza, Kfar Ouriyah, Jérusalem et Tel Aviv. À Safed, 18 Juifs sont tués et 80 autres blessés.

LE MASSACRE D’HEBRON LE 29 AOÛT 1929

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Au total, 67 Juifs sont assassinés à Hébron : 59 meurent durant les émeutes et 8 succomberont plus tard à leurs blessures. La totalité de la communauté restante est en urgence transférée par camion à Jérusalem et tous leurs biens sont saisis par les Arabes.

Parmi les tués, la majorité sont des hommes d’origine ashkénaze, mais il y a aussi douze femmes et trois enfants de moins de trois ans. Sept des victimes étaient des étudiants de la yéchiva, originaires des Etats-Unis et du Canada. Des dizaines de personnes sont blessées, y compris des femmes et des enfants.

Plusieurs cas de viols, de mutilations et d’atroces tortures sont signalés.

A 16 heures, la foule arabe commence à se rassembler devant la yechiva d’Hébron et jette des pierres par les fenêtres. À cette heure, il n’y a que deux personnes dans la yechiva, un étudiant et le bedeau. Touché par une pierre, l’étudiant essaye de s’enfuir, mais se trouve rattrapé par la foule arabe qui le saisit et le frappe à mort; le bedeau n’échappe à la foule qu’en se cachant dans un puits.

Quelques heures plus tard, un groupe de mukhtars (chefs) locaux viennent voir Cafferata pour lui signaler que le Mufti leur a dit de passer à l’action ou d’être punis en raison du massacre d’Arabes par les Juifs à Jérusalem. Raymond Cafferata leur garantit que tout est de nouveau calme à Jérusalem et leur demande de retourner dans leur village. Cafferata passe la nuit dans son commissariat.Tôt le samedi matin, une foule armée de bâtons et de haches se répand dans les rues de la ville et lapide à mort deux garçons juifs. Cafferata tire alors sur la foule pour la disperser et tue deux des émeutiers, mais sa selle se détache et il tombe sur le sol, tandis que la foule commence à attaquer chaque maison juive.

Cafferata donne l’ordre à ses hommes d’armer leur fusil et d’ouvrir le feu, ce qu’ils font. Une grande partie de la foule se disperse, mais les émeutiers restants se dirigent alors en hurlant vers le Ghetto. Cafferata continue de tirer, touchant de nombreux émeutiers, mais ses efforts sont vains; les appels répétés pour obtenir en urgence des renforts de Jérusalem, de Jaffa, ou de Gaza ne seront suivis d’effets que bien trop tard. Les magasins du bazar, aussi bien juifs qu’arabes sont pillés. Le détachement de police envoyé de Jérusalem, est retardé par de nombreuses violences sur le chemin de Hébron et n’arrivera qu’en fin de journée. Ceci deviendra une source de ressentiment de la population juive contre les Britanniques.

Cafferata témoignera témoignera devant la Commission d’Enquête à Jérusalem le 7 novembre : « que jusqu’à l’arrivée de la police britannique, il lui était impossible de faire plus que de protéger les Juifs se trouvant à l’abri dans l’hôpital et de garder les rues vides, car il était le seul officier britannique à Hébron, une ville de 20.000 habitants ».

D’autres Juifs survécurent en se cachant dans les maisons de leurs voisins arabes, tandis que d’autres trouvèrent refuge au poste de police britannique de Beit Romano dans les faubourgs de la ville. Les Juifs survivants sont évacués vers Jérusalem. Un tiers des tués sont des étudiants de la yechiva. Après le massacre, la yechiva aussi est transférée à Jérusalem.

Le 1er septembre, Sir John Chancellor condamne « les actes atroces commis par des groupes de criminels impitoyables et assoiffés de sang… meurtres perpétués sur des membres sans défense de la population juive… accompagnés d’actes de sauvagerie innommables. »

En tout, 195 Arabes et 34 Juifs sont condamnés par les différentes cours pour des crimes en rapport avec les émeutes de 1929. 17 Arabes et 2 Juifs sont condamnés à mort, mais à l’exception de 3 Arabes qui seront pendus, leurs sentences seront commuées en prison à vie. De fortes amendes sont imposées à 25 villages et quartiers urbains arabes. Quelques compensations financières sont payées aux personnes ayant perdu des membres de leur famille ou des biens.

Une petite douzaine de familles retournent à Hébron en 1930, mais sont de nouveau évacuées durant la révolte arabe de 1936-1939.(rébellion des Arabes pour la création d’un État indépendant en Palestine mandataire et contre l’autorité mandataire britannique, les partis arabes la soutenant et contre l’immigration juive.

La ville n’a plus de population juive pendant 37 ans jusqu’à la Guerre des Six Jours, en 1967, quand quelques Juifs trouvent le courage de se réinstaller à Hébron.

En 2006, on comptait quelques centaines de Juifs vivant à Hébron sur une toute petite partie de la terre qui appartenait aux Juifs en 1929.

Extraits du rapport sur le massacre :

Eliezer Dan Slonim est né à Hébron en 1900. Il est le fils de Rabbi Yaakov Yosef, le rabbin d’Hébron. Eliezer est un des membres du conseil municipal nommé par le gouvernement. Il est aussi le directeur de l’Anglo-Palestine Bank. Eliezer a d’excellentes relations avec les Britanniques et avec les Arabes, qui lui ont assuré qu’aucune émeute ne peut se produire.

Baruch Katinka, un membre de la Haganah rend compte de sa discussion avec Eliezer Dan avant le massacre :

« Deux jours avant le massacre, on nous a fait part de la nécessité de nous rendre à Hébron avec 10-12 hommes armés afin de défendre la place. Je crois que nous étions 10 hommes et 2 femmes… Nous sommes arrivés à Hébron juste après minuit et nous nous sommes rendus à la maison de Eliezer Dan Silonim, le responsable local de la banque et le responsable de la communauté. Nous le réveillâmes et lui dirent que nous avions apporté des armes et des hommes. Il commença à hurler et à nous dire que s’il voulait des armes, il nous les aurai demandé, mais qu’il n’en n’avait nul besoin car il était en parfaite intelligence avec les Arabes, qu’on avait besoin de leur faire confiance, qu’ils étaient sous son influence et qu’ils ne feraient aucun mal.

Au contraire, continua t’il, de nouvelles personnes à Hébron risqueraient de les provoquer. Pendant cette dispute, deux policiers arabes arrivèrent et nous enjoignirent de nous rendre au bureau de police. L’officier Cafferata nous reçu en pyjamas et nous demanda qui nous étions et ce que nous faisions. Nous lui avons dit que nous nous promenions. L’officier nous a fait remarquer qu’il était particulièrement dangereux de se promener actuellement et nous a forcé à retourner à Jérusalem escortés par la police. Deux de nos hommes sont restés chez Silonim avec des valises. Celles-ci contenaient des bombes, mais ils ont du, eux aussi, retourner à Jérusalem contraints par Silonim. Le jour suivant le massacre avait lieu ».

Le vendredi, après la mort de la première victime, 40 personnes se réfugient dans la maison de Dan, assurées qu’en raison de ses rapports avec les Arabes, rien de grave ne se produira.

Le samedi, les émeutiers entrent en contact avec le rabbin Slonim et lui proposent un marché: s’il leurs remet tous les étudiants ashkénazes de la yechiva, ils épargneront la vie de la communauté sépharades.

Le rabbin Slonim refuse de leurs livrer les étudiants et est tué sur le champ, ainsi que sa femme et son fils âgé de 4 ans (son autre fils de 3 ans survivra). Rien que dans la maison de Slonim, 22 personnes sont massacrées. Au total, 12 Juifs sépharades et 55 Juifs ashkénazes seront assassinés.

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Un homme pleurant après le pogrom

RAYMOND CAFFERATA

Dès le début du massacre, la plupart des policiers arabes désertent, conduisant les émeutiers aux endroits où se cachent les Juifs.

Cafferata témoigne devant la Commission que:

« En entendant des hurlements, je pénètre par un passage voûté dans une pièce et vois un Arabe en train de couper la gorge d’un enfant avec un poignard. Il l’avait déjà entaillée et s’apprêtait à lui porter un autre coup, mais en me voyant, il se retourne et se jette sur moi. Il me manque de peu, mais se trouve pratiquement sur le canon de mon fusil.

Je tire et l’atteins à l’abdoman. Derrière lui, il y avait une femme juive couverte de sang avec un homme que je reconnus comme le policier Issa Sherif de Jaffa. Il se tenait sur la femme avec un poignard à la main. Il me vit et alla s’enfermer dans une pièce voisine en me criant en arabe : « Votre Honneur, je suis un policier. » … Je pénétrais dans la pièce et l’abattis ».

Dix-neuf familles arabes auraient sauvé des centaines de Juifs.

Zmira Mani parle d’un Arabe nommé Abu Id Zaitoun qui alla chercher son frère et son fils pour la secourir, elle et toute sa famille. Abu et sa famille ont protégé les Mani avec leurs armes, les ont cachés dans une cave avec d’autres Juifs qu’ils avaient trouvés et ont recherché un policier pour les escorter en toute sécurité jusqu’au poste de police britannique de Beit Romano.

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