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Daniel Marguerat – professeur de Nouveau Testament à l’Université de Lausanne

La morale de l’excès, dérive de Jésus

  • 1 – La quête du Jésus de l’histoire
  • 2 – Les guérisons du jour de Shabbat
  • 3 – Tu aimeras ton prochain comme toi-même
  • 4 – L’état d’urgence de Jésus
  • 5 – Judaïcité de Jésus – Loi rituelle et morale

Un judaïsme divisé au premier siècle

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Les sectes juives

Au 1er siècle, la Judée est sous occupation romaine. Cette oppression provoque des divisions au sein du monde juif.

Les quatre courants du judaïsme les plus importants sont les pharisiens, les saducéens, les zélotes et les esséniens

Les Pharisiens

Les pharisiens se distinguent par une observation stricte de la loi. Ils manifestent un aussi grand attachement à la tradition orale qu’aux écritures. Cela induira le développement de la synagogue
comme lieu où l’on interprète la loi et sera à l’origine du rabbinisme et plus tard, du Talmud.

A la suite de la chute du Temple de Jérusalem, seuls les pharisiens qui disposent d’une structure alternative pour cultiver la tradition, restent à Jérusalem.

Les Zélotes

Les zélotes, sont les groupes radicaux qui combattent le pouvoir romain les armes à la main pendant la Première guerre judéo-romaine. Vers l’époque de la chute du Temple, autour de 70 de
l’ère commune, ils prennent la tête de l’armée de Massada. Préférant mourir que de se rendre, les derniers Zélotes se suicidèrent avec leurs familles.

Les Saducéens

Les Saducéens occupent une place prépondérante au sein du clergé séculier et de la classe politique de l’époque. Une partie d’entre eux participe à l’administration de la Judée romaine. Leur
doctrine très conservatrice leur vaut une vive critique dans le Nouveau Testament. La mort de Jésus est imputée à des membres de ce groupe social par les Évangiles.

Les Esséniens

Les esséniens vivent selon des règles très strictes (répartition des biens de la collectivité, vie monacale). Les archéologues pensent que le site de Qumrân était un établissement essénien et que ceux-ci seraient les auteurs des manuscrits de la mer Morte.

Après la destruction du Temple ils sont englobés dans la communauté pharisienne, ce qui donne naissance à la tradition du
judaïsme rabbinique. Ils ont également inspiré les premiers chrétiens.

Un sage au temps de Jésus

Hillel et Chamaï

Hillel ( ?- 20)

Hillel est le père d’une école tenante d’une certaine
souplesse. Il forme avec Shammaï le couple de sages le plus
célèbre de l’histoire talmudique.
Ils sont en constant désaccord sur la Loi.

Les débuts

A quarante ans qu’Hillel se rend en terre d’Israël pour étudier auprès des deux maîtres de sa génération, Chemaya et Avtalion.

Bien que sa famille soit prospère Hillel refuse d’en tirer avantage. Il vit donc dans le besoin, et exerce le métier de bûcheron afin de pouvoir se consacrer aux études à mi-temps. Cependant, l’accès aux études était à l’époque limité à ceux qui pouvaient en payer les droits d’entrée. Un jour, ne pouvant se procurer le demi-dinar nécessaire, il se résout à écouter les leçons des maîtres sur le toit. Ceux-ci le retrouvent à moitié gelé le lendemain, et décident de l’acquitter du droit d’entrée ad vitam.

La création d’une école de pensée

Il fonde une école de pensée (Beit Hillel, maison de Hillel) partisane d’un courant d’interprétation souple de la halakha), ensemble des règles de vie ordinaires, religieuses et juridiques, en opposition à Shammaï, partisan d’une tradition plus rigoureuse. (Beit Shammai, maison de Shammai).

Il est aussi président (Nassi) du Sanhédrin pendant une vingtaine d’années, et fonde la dynastie des Nessi’im qui est la seule véritable autorité reconnue par le peuple après le déclin de la royauté et avant la dissolution du Sanhédrin par Rome, vers le Ve siècle après l’ère chrétienne.

Hillel renouvelle l’interprétation de la Loi en publiant sept règles herméneutiques reprises plus tard par Rabban Yohanan ben Zakkaï lorsqu’il transfére le Sanhédrin à Yabneh après la destruction du temple en 70, et entame dit-on la rédaction de la Mishna (codification de la loi orale) pour préserver le judaïsme rabbinique.

Daniel Marguerat est professeur honoraire à l’Université de Lausanne où il a enseigné le Nouveau Testament depuis 1984. Il est ancien doyen de la faculté de théologie dans cette université et ancien président de la Fédération des Facultés de théologie Genève-Lausanne-Neuchâtel. Il a été professeur invité à Rome, Jérusalem, Paris, Genève, Montpellier, Mexico, Ottawa, Montréal, etc.Son travail porte notamment sur la question du Jésus de l’histoire et la construction de la théologie paulinienne. Parmi ses dernières parutions figurent L’Aube du christianisme, Qui a fondé le christianisme ? et Le Dieu des premiers chrétiens. (Mise à jour: mars 2007)

http://www.akadem.org/

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