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Ravensbrück fut le seul grand camp de concentration réservé aux femmes.

Ce fut Himmler lui-même qui, à la fin de l’automne 1938, décida d’ériger un camp de concentration pour femmes à Ravensbrück, un endroit à la fois très isolé et cependant facilement accessible, et situé dans un cadre merveilleux de forêts et de lacs, avec de grands terrains étendus et inhabités.

Ravensbrück était situé près de la ville de Fürstenberg, dont il était séparé par le lac de Schwedt. Il y avait une route en excellent état entre Ravensbrück et Fürstenberg, et cette dernière ville disposait d’une gare importante directement reliée à Berlin.

Fin 1938, 500 prisonniers furent transférés de Sachsenhausen à Ravensbrück afin d’ériger le camp. Ils construisirent 14 baraques de logement, une cuisine, l’infirmerie, ainsi qu’un petit camp pour hommes totalement isolé du camp des femmes. Le terrain entier fut entouré d’un haut mur surmonté de barbelé électrifié.

Les premières prisonnières arrivèrent le 18 mai 1939. Il s’agissait de 860 femmes allemandes et 7 femmes autrichiennes. A partir de ce moment, le nombre de prisonnières augmenta très rapidement: 400 tziganes autrichiennes arrivèrent le 29 mai et dès le 28 septembre 1939, les premières prisonnières en provenance de Pologne furent déportées à Ravensbrück. Fin 1939, le camp comptait déjà 2290 prisonnières.

Le "Walzkommando" de Ravensbrück: Les femmes punies par les SS devaient traîner ce rouleau jusqu'à épuisement complet...
Le « Walzkommando » de Ravensbrück: Les femmes punies par les SS
devaient traîner ce rouleau jusqu’à épuisement complet…

Avec la guerre, la population du camp devint de plus en plus internationale et il y eu bientôt des prisonnières provenant de 20 pays européens.

Le régime de Ravensbrück était typique de celui en vigueur dans les autres camps de concentrations: coups, tortures, pendaisons, exécutions étaient quotidiens. Les femmes devenues trop faibles étaient régulièrement envoyées au « camp de jeunesse » de Uckermark situé à proximité du camp où à Auschwitz afin d’y être gazées.

D’autres furent tuées par injection de poison ou encore utilisées comme cobaye pour des expériences « médicales ». Des entreprises SS furent installées à proximité du camp et les femmes furent astreintes aux travaux forcés les plus éprouvants.

Le camp fut agrandi jusqu’à 4 fois. Fin 1941, il y avait 12000 prisonnières. En 1942, des convois de femmes russes arrivèrent au camp tandis que le nombre d’enfants s’accrut également. Fin 1942, le camp comptait 15000 prisonnières et 42000 prisonnières à la fin de 1943. Le camp avait son propre crématoire et en novembre 1944 on y construisit une chambre à gaz. A ce moment, la population du camp atteignait 80000 femmes et enfants.

En tout et pour tout, 132000 femmes et enfants furent incarcérés à Ravensbrück. On estime que 92000 d’entre eux y furent assassinés ou moururent d’épuisement ou de faim.

Victime à Ravensbrück.
Victime à Ravensbrück.

Dans les derniers mois de la guerre, suite à l’avance rapide des forces soviétiques, des milliers de femmes furent gazées. Ainsi, en mars 1945, 130 nourrissons et femmes enceintes furent gazées dans un wagon de chemin de fer.

Fin mars 1945, les SS évacuèrent les archives du camp ainsi que les machines des ateliers.

Le 27 et 28 avril 1945, les SS ordonnèrent à toutes les prisonnières capables de marcher d’évacuer le camp. Seules 3000 femmes malades et complètement exténuées, ainsi que 300 hommes restèrent au camp.

Le camp fut libéré le 30 avril 1945 par les troupes russes. Les femmes survivantes de la marche de la mort imposée par les SS furent libérées en chemin.

Vue générale de Ravensbrück à la libération.
Vue générale de Ravensbrück à la libération.

Localisation: Nord de l’Allemagne, près de Furstenberg
Créé en: 1938
Libération: 30 avril 1945, par l’Armée Russe.
Estimation du nombre de victimes: 92.000

Le « camp de jeunesse » de Uckermark

Après sélection par le commandant SS Suhren et les médecins SS Schwarzhuber et Pflaum, les prisonnières trop faibles pour travailler étaient transférées au « camp de jeunesse » de Uckermark pour s’y « reposer ».

Les prisonnières devaient défiler devant les gardes et médecins SS et montrer qu’elles étaient encore en bonne santé. Avoir les pieds gonflés, être trop amaigrie ou malade signifiait presque toujours l’envoi au « repos ». En réalité, ce « repos » imposé par les SS consistait à être enfermé dans les baraques du « camp de jeunesse » sans aucun soins ni nourriture jusqu’à ce que mort s’en suive.

Mais la majorité des femmes envoyées à Uckermark n’y arrivaient même pas. Elles étaient gazées dans plusieurs camions spécialement aménagés dans ce but.

Un de ces véhicules était un ancien camion sanitaire de l’armée néerlandaise transformé en chambre à gaz mobile. Les autres camions étaient des véhicules de transports fermés communément appelé par les prisonnières les « Mina Vertes ». Les victimes étaient empoisonnées par les gaz d’échappement provenant du moteur.

Les SS appelaient le transfert pour Uckermark « transport pour Mittweida ». « Mittweida » était le nom de code signifiant le gazage.

Les enfants de Ravensbrück

Une des principale caractéristique du camp de Ravensbrück était le fait que des centaines d’enfants y étaient prisonniers.

La barbarie nazie fut sans limite vis-à-vos de ces enfants et leur sort fut absolument épouvantable.

Les enfants étaient condamnés à mort avant même leur naissance. Les nouveaux-nés étaient immédiatement arrachés des bras de leur mère et noyés ou tout simplement jetés dans un seau pour y mourir.

Dans la majorité des cas, cela se faisait en présence de la mère. Les nombreux témoignages enregistrés après la guerre font état d’enfants jeté au feu, enterrés vivants, empoisonnés, étranglés, noyés.

Les médecins SS les utilisèrent également pour des expériences médicales ou stérilisaient des jeunes filles, quelquefois à peine âgée de 8 ans, par exposition directe des organes génitaux aux rayons X (Dr. Clauberg).

Au début de l’existence de Ravensbrück, les enfants étaient immédiatement tués. Le médecin SS Rosenthal et son amie Gerda Quernheim avortaient de force les prisonnières, souvent dans des conditions bestiales. Par après, certains enfants furent laissés en vie à la naissance mais les conditions de vie en vigueur dans le camp ne faisaient dans la plupart des cas que retarder leur mort.

Seul les enfants les plus vigoureux purent survivre. Ils devaient aider les femmes à exécuter les travaux les plus lourds, de jour comme de nuit. De ces enfants, quelques-uns seulement ont survécu à la guerre.

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