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par Richard Zrehen

Le 31 mars 1492, dans l’après-coup de leur victoire contre les Maures et la chute de Grenade qui met un terme à la reconquista, les rois très catholiques d’Espagne, Ferdinand II d’Aragon et Isabelle de Castille, signent le décret de l’Alhambra, ordonnant aux Juifs de Castille et d’Aragon de choisir entre conversion au christianisme et exil.

Le 31 juillet 1492, date-butoir, les Juifs quittent le pays par centaines de milliers, quelques dizaines de milliers sont persécutés et mis à mort par l’Inquisition, quelques dizaines de milliers choisissent le baptême…

pirates juifs des caraibes

Que dire de l’horreur, du traumatisme, de ce débordement du psychisme s’farad submergé par une déferlante à quoi rien ne prépare ?

Les repères balayés, les princes de la nation juive, si bien en cour la veille, soudainement destitués, les docteurs de la Loi qui doutent quand ils ne choisissent pas la conversion et le camp de la persécution, comme l’avait fait un siècle plus tôt Abner de Burgos (ca 1270-ca 1347), talmudiste et médecin devenu Alphonse, sacristain à Valladolid, les chefs de famille privés d’autorité, leurs fils de modèles, le triomphe des délateurs et des petits délinquants ; l’effroi dont sont transis ceux qui, contraints de ne plus observer les Commandements, ou de le faire tant bien que mal, en se cachant et en se méfiant de tout le monde, à commencer par les proches, découvrent que le monde ne s’effondre pas, que faire semblant d’être devenus comme les autres, homogénéisés, en cuisant ostensiblement l’agneau dans le lait de sa mère et en le consommant, ne provoque pas de cataclysme…

Un jour, ils comprendraient l’enseignement de Maïmonide (1135-1204), furieux de voir que certains prenaient la Torah pour un manuel de magie, disant : « La Torah est pour l’âme, pas pour le corps ».

Un jour, ils comprendraient que le référent des Commandements n’est pas le monde mais celui qui s’y soumet (« Les Commandements ont été envoyés à l’homme pour qu’il s’améliore », dit un sage du Talmud) ; qu’il ne s’agit pas de domestiquer les forces obscures pour opérer (sur) le réel, mais bien d’articuler un Symbolique.

Un jour où, pour beaucoup (les plus instruits, les plus modernes, en Turquie et en Egypte), ils jetteraient ce Symbolique avec l’Imaginaire qui l’avait longtemps soutenu et s’était effondré avec l’Expulsion d’Espagne, et deviendraient « marxistes-nationalistes ».

D’autres y gagneraient une compréhension plus fine des Commandements, la conviction qu’un État serait nécessaire – à quel prix ?

D’autres, enfin, inventeraient une mystique belle, raffinée, et s’installeraient à Safed… Mais en ce temps de vacillement du sur-moi  [2][2] « Eternerl, Eternel, Dieu clément, miséricordieux,…, rien que l’hébétude et l’urgence de sauver sa peau !

Le gros des exilés choisit la Turquie, où le sultan Bayezid II le Juste (autrement dit, Bajazet II) avait accepté de les accueillir (il enverra sa Marine en Espagne pour récupérer les candidats au départ), mais aussi le Maghreb (notamment l’Algérie, alors sous domination ottomane). Toutes choses tristement bien connues ( !).

Moins connues sont les réactions de certains de ces exilés s’fardim qui, tout en ayant une immense nostalgie du pays qui les a vu naître et de sa langue, le castillan, qu’ils ont contribué à établir, ont décidé d’endiguer vigoureusement leurs fuites d’affects et de mener sur les mers la guerre contre le royaume ingrat, retrouvant une bien vieille « inspiration », si l’on en croit Flavius Josèphe  [3] …

Ils se sont faits pirates, suivant l’exemple de Sinan de Smyrne.
(c) Dulwich Picture Gallery; Supplied by The Public Catalogue Foundation
(c) Dulwich Picture Gallery; Supplied by The Public Catalogue Foundation

Sinan le Juif, né en 1480 dans une famille de réfugiés espagnols, qui, ayant perdu un œil en en 1504 dans une rixe, l’avait couvert d’un bandeau noir devenu iconique ; Sinan le Juif, adepte de la course-poursuite (il s’en prenait aux bateaux pas aux habitants du littoral méditerranéen) qui finira par s’allier aux redoutables frères Barberousse et même par épouser une de leurs sœurs.

Sinan, dont le drapeau portait une étoile à six branches (le « sceau de Salomon »), qui défendra Tunis contre l’Espagne en 1551, détruira l’essentiel de la flotte espagnole en 1538 et capturera Tripoli en 1551.

Il est enterré dans un cimetière juif en Albanie  [4]

C’est l’histoire qu’a entrepris de raconter Edward Kritzler, historien porté à la spéculation et au romanesque, dans Jewish Pirates of the Caribbean  [5]

Livre dans lequel il est question, par exemple, de rabbi Samuel Palache, fils de R. Isaac Palache, né à Marrakech, le premier Juif à s’installer, en tant que tel, à Amsterdam, qui y a obtenu, en 1608, le droit d’établissement pour les Juifs (mais pas pour lui), et construit la première synagogue, Neveh Shalom.

En 1608, nommé ambassadeur à la Haye par le sultan du Maroc Moulay Zidan, il négociera le premier traité d’alliance entre un État chrétien, La Hollande, et un État musulman, le Maroc.

En 1614, il assumera le commandement d’une petite flottille marocaine qui s’emparera de plusieurs vaisseaux du roi d’Espagne avec qui le Maroc était en guerre.

Et Samuel Palache sera accusé de piraterie par l’ambassadeur espagnol à Londres et jeté en prison par l’Angleterre. Acquitté, il finira ses jours en Hollande, le prince Maurice de Nassau assistant à ses funérailles  [6]

D’autres pirates s’fardim s’éloigneront de la Méditerranée et se rendront dans le Nouveau Monde (découvert par le supposé marrane (ou fils de marrane) Christophe Colomb à la suite d’une expédition financée par Isaac Abrabanel  [7].

Comme Moses Cohen Henriques lequel a contribué à planifier une opération spectaculaire qui rapportera un butin des plus considérables.

En 1628, en compagnie de l’amiral Piet Hein de la Compagnie des Indes occidentales qui avait passé quatre ans enchaîné sur une galère espagnole, Henriques prendra d’assaut au large de Cuba des vaisseaux espagnols en route pour l’Europe, chargés d’or et d’argent (d’un montant estimé à un milliard de dollars actuels).

Après quoi, il fera voile vers le Brésil avec une troupe de Juifs et de conversos et s’y s’installera dans une île qu’il avait annexée.

Quand le Portugal reprendra le Brésil, en 1654, il deviendra conseiller d’Henry Morgan – Morgan le pirate sanguinaire qui sera anobli par Charles II d’Angleterre en récompense de ses actions contre les Espagnols. Henriques n’a jamais été pris, bien que son rôle dans le « braquage » de Cuba fût connu de l’Inquisition  [8]

Il y a de nombreuses synagogues séfarades dans les Caraïbes (par exemple celle de St. Thomas, l’une des Îles Vierges  [9), et de nombreuses tombes juives s’y trouvent être celles de pirates reconnus.

Ainsi celle de Yaakov Mashiach, enterré à la Barbade, porte un crâne et des os croisés, tout comme celle de sa femme  [10]

D’autres sont allés encore plus loin, du côté Pacifique, et avec la distance la légende s’est amplifiée…

À Coquimbo, ville chilienne, fondée au XIXe siècle sur un cap pour embarquer le cuivre extrait dans la région, on peut encore entendre, à condition de comprendre l’espagnol rocailleux et altéré des marins et de ne pas craindre de boire avec eux ( !), de fabuleux récits à propos de Guayacan, le petit port situé à quelques kilomètres au nord de la ville, découvert en 1578 par Sir Francis Drake (1540-1596), le fameux pirate de Sa Majesté très britannique – surnommé le « Dragon » par les Espagnols.

On dit ainsi, qu’un beau jour de 1600 – un peu avant, un peu après, on n’est pas vraiment sûr – deux superbes corvettes firent escale à Guayacan : l’une commandée par Ruhual Dayo qu’on supposait être Flamand ou Normand, l’autre commandée par le capitaine Subatol Deul. L’escale se prolongea ; d’autres aventuriers des mers les rejoignirent, notamment Henry Drake, fils de Francis, qui voguait dans le sillage de son redouté père.

Ces hommes se jaugèrent, s’apprécièrent et décidèrent de faire alliance, ayant un ennemi commun, l’Espagne : la Fraternité du Drapeau Noir était née qui allait écumer méthodiquement le Pacifique Sud pendant de nombreuses années, à la poursuite des galions espagnols chargés de l’or du Nouveau Monde.

« On suppose que Subatol Deul et une partie de ceux qui rejoignirent sa Hermandad de la Bandera Negra, descendaient de marranes.

Ce fameux « délinquant » juif (Este famoso delincuente judío) a formé ladite bande aux environs de 1600 avec Henry Drake et un dénommé Ruhal Dayo, et choisi Guayacan comme quartier général »  [11]

Mais ces hommes de peu de foi n’étaient pas sans loi ; ils auraient décidé de coucher les termes de leur alliance par écrit…

En 1926, Manuel Castro ( ?), fermier chilien rêvant d’or et de richesses enfouies dans une grotte miraculeuse, aurait découvert, pour tout trésor, un sac contenant des rouleaux de parchemins couverts d’écritures bizarres, mêlant des caractères romains et hébreux.

Après déchiffrement par Israël Zapatero ( ?), moine de Coquimbo quelque peu érudit, on apprit que Subatol Deul, signant le document d’alliance, avait tenu à préciser qu’il était juif d’Espagne, fils de Sudel Deul, médecin espagnol, converti de force au christianisme mais resté fidèle à la loi de Moïse, ayant visité plusieurs pays dont il parlait la langue après son départ de l’ingrate mère patrie, notamment l’Amérique.

Sudel Deul aurait même, selon le témoignage de Sir Francis Drake, introduit la patate en Europe, mais le fragment est incomplet…

On crut comprendre, également, qu’un soir que sa corvette se trouvait près du rivage, au sud de Coquimbo, Subatol Deul aurait remarqué une lumière qui clignotait. Intrigué, l’endroit passant pour inhabité, le capitaine aurait fait mettre un canot à la mer et, accompagné de quelques hommes d’équipage armés jusques aux dents, aurait exploré les alentours.

À quelques dizaines de mètres du rivage, la petite troupe aurait découvert un chaudron fumant, dans lequel se serait trouvé un fond de métal en fusion : de l’or !

Au matin la petite troupe, qui avait monté la garde toute la nuit, aurait fini par découvrir l’entrée d’une grotte, dissimulée par des branchages et des roches.

À l’intérieur, des Indiens extrayaient le minerai sous la direction d’un unijambiste parlant l’espagnol de Castille. Il fut tué, semble-t-il, en tentant de résister et Subatol Deul résolut d’annexer la mine fabuleuse pour le compte de la fraternité.

Au bout d’un certain temps, leur trésor ayant atteint des proportions considérables, les pirates – qui n’avaient pas pour autant renoncé à sillonner l’océan – auraient enterré quelques six mille livres d’or et autant, sinon plus, d’argent, pour les retrouver quand la situation se serait calmée parce que l’Espagne, lassée de perdre ses vaisseaux, commençait à menacer.

En 1645, les événements se précipitent : la Marine espagnole écrase la fraternité, de nombreux « frères » sont tués – notamment Henry Drake – et Deul et Dayo échappent de peu à la capture.

Là, si on doit en croire les extrapolations d’Israël Zapatero, les deux « frères » auraient trouvé refuge dans la tribu des Indiens qui exploitaient la mine et auraient fini par épouser les filles du chef…

Le chef mort, Subatol Deul, aurait été élu cacique par les anciens de la tribu et, sous sa direction, les Indiens auraient trouvé une autre mine d’or…

« La bande fut annihilée en mars 1645 par une escadre espagnole, mais Deul s’échappa avec ses trésors et se réfugia dans les environs de La Serena, dans une tribu indigène amie, où il a passé, dit-on, le reste de sa vie… »  [12]

Il y a la légende, mais il y a des faits avérés que même les sceptiques admettent. Ainsi, recensant pour Ha’aretz le Jewish Pirates of the Caribbean de Kritzler  [13], Danny Paller écrit-il :

« Çà et là, dans le livre, comme de petites pépites d’or pirate, on trouve d’authentiques détails de vie juive. Pendant ses raids de pirate, Palache ne manquait jamais de se faire accompagner par un chef-cuisinier pour lui préparer des repas cacher… »  [14]

Il y a donc eu des pirates juifs s’fardim, qui, par réaction à l’agression espagnole, auraient délibérément transgressé la loi de Moïse, en ne reculant pas devant des moyens plus que contestables pour « articuler » leur réponse.

Comme l’écrit Adam Kirsch : « Les pirates juifs, comme les pirates non-juifs, étaient fondamentalement des assassins et des voleurs, et souvent des trafiquants d’esclaves, en outre »  [15]

Des pirates juifs !

« Si on a un crochet à la place d’une main, sur quel bras met-on les tefillin ?… Combien de temps doit-on attendre, après qu’on a capturé un navire, avant de mettre une mezouza sur le chambranle de la porte de la cabine ? » demande, entre autres, Seth, ancien de Yeshiva University, qui a du mal à prendre l’affaire au sérieux  [16]

Et pourtant…

Avec ce syndrome de Stockholm inversé où des persécutés se sont faits au moins aussi féroces que leurs persécuteurs – forme aiguë et paradoxale de l’assimilation –, on découvre une autre conséquence de l’Expulsion des Juifs d’Espagne, on mesure un peu mieux l’ampleur du traumatisme subi par ces Juifs « déboussolés », nomades d’un nouveau genre.

Tout cela nous a-t-il quelque chose à nous apprendre sur nos pirates modernes, ceux qui sévissent au large de la Somalie, par exemple, au-delà des évidences ?

Que ces pirates juifs avaient besoin d’un endroit où s’abriter, de l’absence d’un État ou au contraire du soutien d’un État, direct ou indirect au travers d’associations avec d’autres pirates ; qu’on pouvait les réduire ou les abandonner une fois qu’ils avaient « servi » ?

On répondra à la question de façon oblique.

Le 30 septembre 2008, 2e jour de Roch-Hachana 5769, l’humoriste ( !) Andy Borowitz publie dans le Huffington Post – blog démocrate branché, bobo chic – un billet où l’on peut lire ceci :

« Les pirates somaliens qui ont surpris le monde en capturant un vaisseau ukrainien dans le golfe d’Aden ont annoncé aujourd’hui qu’ils interrompraient brièvement leur terrorisme de haute mer par respect pour les fêtes juives.

« À tous nos amis juifs, nous disons du fond du cœur Chana Tova », a déclaré Sugulé, le porte-parole des pirates, juste avant que ceux-ci ne déploient un drapeau frappé de l’Étoile de David sur le navire capturé.

Sugulé a pris soin de préciser que les pirates interrompaient leur attaques et pillages pour Roch-Hachana par respect pour les pirates juifs, non pas parce qu’ils sont juifs eux-mêmes.

« Aucun de nous autres, les pirates somaliens, n’est Juif… À part Abe, le comptable, qui l’est à moitié… »  [17]

Le 26 avril 2009, on apprend que les employés d’une agence de sécurité israélienne ont ouvert le feu et réussi à mettre en fuite les pirates somaliens qui tentaient d’arraisonner, dans l’océan Indien (au nord des Seychelles), un navire de croisière italien, le Melody, ayant 1500 passagers à bord.

Le navire appartient à la MSC Cruises dont l’un des navires, l’Achille Lauro, fit l’actualité en 1985 quand des membres du FPLP le prirent d’assaut, blessant un touriste juif américain infirme, Leon Klinghoffer, qu’ils jetèrent à la mer dans son fauteuil roulant  [18]

Quel commentaire ajouter ?

Notes

[1]
Philisophe.

[2]
« Eternerl, Eternel, Dieu clément, miséricordieux, long à la colère, plein de grâce et d’équité ; qui conserve la grâce jusqu’à la millième génération ; qui supporte la faute, la rébellion et le péché, et innocenter il n’innocentera pas : il se souvient de la faute des pères sur les fils, sur les petits-fils, jusqu’à la troisième et jusqu’à la quatrième génération… », Exode 34, 6-7 (trad. du Rabbinat français) – je souligne.

[3]
Cf. F. Josèphe, Antiquités juives, 14, 43, où il est question de pirates juifs au temps de Jean Hyrcan et d’Aristobule (ca – 60).

[4]
Cf. <www.shoretechnology.com/Surgun_d.htm>, Sinan « The Great Jew » – Jewish Pirate, <www.j-grit.com/adventurers-sinan-pirate.php>, Jewish Pirates, Wikipedia, <www.en.wikipedia.org/wiki/Jewish_pirates>.

[5]
Cf. Edward Kritzler, Jewish Pirates of the Caribbean – How a Generation of Swashbuckling Jews Carved Out an Empire in the New World in Their Quest for Treasure, Religious Freedom – and Revenge, Doubleday, 2006. – Titre un peu racoleur, en écho à la saga cinématographique Pirates of the Carribean (produite par les studios Disney), ne rendant pas justice à son objet qui déborde largement les Caraïbes.

[6]
Palache, Jewish Virtual Library, <www.jewishvirtuallibrary.org/jsource/judaica/ejud_0002_0015_0_15331.html>.

Edward Kritzler en donne un portrait plutôt coloré : pirate avéré et pittoresque ; traits quelque peu forcés du rabbin diplomate et négociateur, apparemment plus motivé par le bien-être de sa communauté que par un éventuel butin…

[7]
Isaac Abrabanel (1437-1508), rabbin, talmudiste, cabaliste, ministre des Finances et conseiller du roi Alphonse V du Portugal, de Ferdinand et d’Isabelle et Ferdinand d’Espagne, des Deux-Siciles et de la république de Venise.

[8]
Moses Henriques, Jewish Pirate, <www.j-grit.com/adventurers-moses-henriques.php>.

[9]
Cf. Ariela Pelaia, « Minyan On the High Seas », About.com : Judaism, 8 juin 2009, <www.judaism.about.com/b/2009/06/08/ minyan-on-the-high-seas.htm>. Également le site The United Congregation of Israelites – Kingston, Jamaica.

[10]
Cf. Lilith Wagner, « Aaaargh, Jewish pirates », YnetNews, 10 mai 2006, <www.ynetnews.com/articles/0,7340,L- 3311329,00.html>. « Un autre pirate séfarade a joué, plus tard, un rôle important dans l’histoire américaine… Dans son Jews on the Frontier (Rachelle Simon, 1991), Rabbi I. Harold Sharfman rapporte l’histoire de Jean Lafitte, dont la mère et la grand-mère (des conversas) avaient fui l’Espagne pour la France après que le grand-père maternel eut été exécuté – parce qu’il « judaïsait ».

Surnommé Le Corsaire, Lafitte établira un royaume pirate dans les marais de la Nouvelle Orléans et conduira plus de 1000 hommes pendant la guerre de 1812 entre l’Angleterre et les États-Unis. Chassé de la Nouvelle Orléans, Lafitte a restauré son royaume sur l’île de Galveston (au Texas)… Mais dans The Buccaneer (film d’Anthony Quinn, scénario de Harold Land et C. Gardner Sullivan, avec notamment Yul Brinner, Claire Blomm, Charles Boyer et Charlton Heston) sorti en 1958, et qui traite du rôle de Lafitte dans la guerre de 1812, aucune mention n’est faite de son ascendance juive », Lilith Wagner, op. cit.

En fait, s’il y a bien sur une page de la Bible de Laffitte une phrase de remerciement « à sa grand-mère, juive espagnole, témoin de ce qui s’est passé au temps de l’Inquisition », le gros des détails sort du « Journal de Jean Lafitte » (publié en 1958) qui serait « l’œuvre d’un faussaire, John Andrechyne Laflin… prétendant être l’arrière-petit-fils du fameux pirate de la Nouvelle Orléans », Dale L. Walker, Legends and Lies : Great Mysteries of the American West, Powell’s Books, .

[11]
Cf. Federico Rivanera Carlés, Los marranos : ¿ víctimas o victimarios de España ?, Hispanismo. Org, .

Federico Rivanera Carlés, qui semble être un catholique-nationaliste espagnol, parle des Juifs et des marranes comme de « traîtres à l’Espagne et à la Chrétienté… », et renvoie à Günther Bóhm, « Piratas judíos en Chile », Revista Judaica, année XII, n° 142-143, p. 156-158, Buenos Ayres, avril-mai 1945. Il précise que « cet article est reproduit par Bóhm dans Nuevos antecedentes para una historia de los judíos en Chile colonial, Santiago, éd. Universitaria, 1963, p. 53-55.

[12]
Federico Rivanera Carlés, Los marranos, ibid., qui renvoie à l’ouvrage de Günther Bóhm, p. 157.

[13]
Ibid., note n° 2.

[14]
Cf. Danny Paller, « Yo ho ho and a bottle of schnaps », Ha’aretz, 6 janvier 2009, <www.haaretz.com/news/yo-ho-ho-and-a-bottle-of-schnapps-1.267553>.

[15]
Cf. Adam Kirsch, « Edward Kritzler’s history of Jewish pirates is uneven », Jewish Journal, 10 décembre 2008, .

[16]
Cf. Seth, « Top Ten Halachic Questions for a Jewish Pirate », BangItOut, 19 septembre 2006, <www.bangitout.com/ articles/viewarticle.php?a=1504>.

[17]
Cf. Andy Borowitz, « Somali Pirates Take Break for Jewish Holidays », The Huffington Post, 30 septembre 2008, .

[18]
Cf. Avraham Zuroff, « Israeli Security Guards Thwarted Somalian Pirates from Takeover », Arutz Sheva, 26 avril 2009, <www.israelnationalnews.com/News/News.aspx/131037>.

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