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Le 12 juillet 1906, le capitaine Alfred Dreyfus est réhabilité

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Après sa réhabilitation à son retour du bagne, la vie d’Alfred Dreyfus fut tout aussi mouvementée…

La période de l’Affaire Dreyfus qui suivit immédiatement la réhabilitation du capitaine juif accusé à tort de trahison n’est pas la plus étudiée, et pour cause. Alferd Dreyfus ayant retrouvé son honneur, on imagine l’épisode clos.

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Les Lettres à la marquise publiées par Grasset ce 22 mars, qui contiennent la correspondance de 1899 à 1923 entre l’officier et Marie-Louise Arconati-Visconti, donnent à voir quelle fut la vie du capitaine à son retour du bagne.

Lettres à la marquise
Marie-Louise Arconati-Visconti

A travers ces 458 lettres se dessinent toute la vie politique de l’époque, commentée par Alfred Dreyfus et l’aristocrate qui utilisa la fortune héritée de son mari « au mécénat d’art et à la propagation d’idées progressistes »…

Il y est question de « la fin de l’Affaire, [du] vote de la loi de séparation des Églises et de l’État, [des] premières années de la SFIO, [du] ministère Clemenceau et [des] grèves, [d)u transfert des cendres de Zola au Panthéon, [et de] la Grande Guerre ».

On y apprend qu’après la réhabilitation du capitaine juif, la vindicte contre lui continue de se déchaîner : vandalisme de monuments en l’honneur de personnalités l’ayant défendu, et agressions physiques contre Dreyfus. Son logement est vandalisé et il reçoit même un coup de feu d’un certain Louis Grigori lors du transfert des cendres de Zola au Panthéon. Édifiant.

Écrite au premier semestre 1902 par Alfred Dreyfus: sur les progrès relatifs de l’humanisme.

J’ai lu quelques extraits de l’histoire de l’Inquisition au Moyen Age. Il y a heureusement quelques progrès depuis cette époque, mais que d’efforts encore pour que l’iniquité et l’injustice, je ne dis pas cessent, car tant qu’il y aura des hommes, il y aura lutte entre la conscience et les passions ou les ­intérêts, mais diminuent. Grattez le vernis de civilisation dont les siècles nous ont couverts, et l’homme primitif ­reparaît. Il n’y a qu’à voir ce qui se passe dans les expéditions coloniales. Alfred Dreyfus, en 1902

Écrite en 1910 par Marie-Louise Arconati-Visconti: les antidreyfusards continuent leur action après le procès qui innocenta l’officier de renseignements.

Après sa réhabilitation, la violence contre Dreyfus se déchaîne. Elle se traduit par le vandalisme de monuments en l’honneur de personnalités dreyfusardes et en agressions physiques visant Dreyfus lui-même: il reçoit des coups de feu d’un journaliste antisémite, Louis Grigori, lors du transfert des cendres de Zola au Panthéon en 1908 (le tireur sera acquitté!) et voit son logement investi par des «Camelots du Roi» (jeunes royalistes).

Écrite en octobre 1918 par Alfred Dreyfus: l’officier, homme de son temps, montre un virulent anti-germanisme.

(…) Les événements se précipitent beaucoup plus rapidement que l’on ne se l’était imaginé: la bête de proie est acculée et ne sait plus où donner de la tête. La Bocherie et son empereur cherchent à tirer leur épingle du jeu, au meilleur compte, mais j’espère bien qu’on ne se laissera pas duper et qu’on exigera l’acceptation de toutes nos conditions, sans discussion. Il suffit d’ailleurs de relire le discours anniversaire de Guillaume II au banquet anniversaire d’Hindenburg, il y a 6 mois environ, pour se rendre compte qu’il faut les obliger à plier sans conditions. Leur fourberie est incommensurable et leur cynisme impudent.

Réalisé à partir de plusieurs sources

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