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I – Les juifs d’Islande ne sont pas reconnus

Si le judaïsme était reconnu en Islande, comme c’est maintenant le cas de l’islam et du bouddhisme, la communauté recevrait des subventions qui lui permettraient d’avoir un lieu de prière, un Sefer Torah ou de la nourriture cachère pendant les fêtes religieuses.

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Mais il faudrait pour cela que chaque Juif se déclare comme tel sur un document officiel, ce qui ne va généralement pas de soi pour les Juifs de diaspora.

Il faudrait par ailleurs que la communauté juive se dote d’une représentation comme le rappelle Mike Levin, Juif islandais né aux Etats-Unis: le président de la communauté, le trésorier, le porte-parole officiel qui seraient sommés de réagir à chaque évènement du Proche-Orient.

Les Juifs islandais, pour la plupart non-pratiquants n’y voient donc pas un grand intérêt.

Mais ils ne sont pas pour autant détachés de leurs origines: l’arrivée d’un émissaire du mouvement Loubavitch dans la capitale islandaise au printemps dernier, pour les fêtes de Pessah, a été très bien accueillie.

Le rav Berel Pewzner raconte que puisqu’il ne savait pas où trouver les Juifs d’Islande, il a passé une annonce dans le journal local invitant les membres de la communauté à assister au seder de Pessah.

« C’était le premier seder célébré en Islande, et plus de 50 personnes nous ont rejoints », se souvient-il.

Il est ensuite revenu pour les fêtes de Tichri, organisant « le premier minyan depuis la Seconde Guerre mondiale ». Pour nombre des participants, « ce fut la première fois qu’ils entendaient le shofar ».

La grande majorité des Juifs qui vivent en Islande, soit une centaine de personnes environ, s’y trouvent parce qu’ils ont épousé un (ou une) de ses citoyens, et résident presque tous dans la capitale, Reykjavik.

Depuis une dizaine d’année, l’Islande et ses 310 000 habitants accueillent un nombre important de nouveaux immigrants, principalement d’Europe de l’Est et du monde arabe.

Ces derniers sont souvent pro-Palestiniens, et, par conséquent, assez souvent anti-Israéliens.

Pourtant, comme le dit l’israélienne Sigal Har-Meshi avec le sourire, leur arrivée n’est pas déplaisante: « Pour moi, simplement voir d’autres personnes aux yeux marrons est très agréable ».

Y a-t-il de l’antisémitisme en Islande? Tous ne sont pas d’accord.

Si de rares incidents ont eu lieu, et parfois particulièrement choquants – un propriétaire de magasin a inscrit sur sa porte « interdit aux Juifs », une croix gammée a été retrouvée sur la voiture d’une famille dont le garçon préparait sa bar-mitsvah -, il semble qu’ils sont dus à des individus isolés ou qu’ils s’expliquent par une étonnante ignorance de la judaïté chez de nombreux Islandais et une sensibilisation à la cause palestinienne.

Certains y voient toutefois un antisémitisme plus ancré, en rappelant qu’il y a « beaucoup de xénophobie » dans le pays.

Peu de Juifs vivent en Islande, mais de nombreux Israéliens visitent le pays, curieux de ses paysages si particuliers.

Il faut dire que l’une de leurs concitoyennes est aussi une Islandaise connue de toute la population: Dorit Moussaieff, née à Jérusalem, est l’épouse d’Olafur Ragnar Grimsson, président de la république islandaise.

II – Histoire des Juifs dans ce pays des glaces

D’après le témoignage de Jean-Claude Nerson

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103.000 Km2, 320.000 habitants, température annuelle moyenne 5°. Les étés les plus chauds, le thermomètre peut monter jusqu’à 13°.

Depuis le 11e siècle des textes islandais évoquent l’existence des Juifs qu’ils nomment le peuple de Dieu, mais la présence physique avérée d’un individu juif peut se dater au 17e siècle, lorsqu’un certain Daniel Salomon, marchand polonais, récemment converti au christianisme, se hasarde sur cette île inhospitalière.

Aucune trace d’installation pérenne n’est retrouvée.

En 1704, un Juif danois d’origine portugaise, Jacob Franco, obtint la charge de Fournisseur royal des tabacs, décernée par la Couronne danoise, sur les îles d’Islande et les îles Feroé.

Jusqu’à la fin du 18e siècle, cette charge ne fut tenue que par des Juifs, mais aucun n’avait l’autorisation de s’installer en Islande.

En 1815, Ruben Moses, riche armateur de Copenhague, tenta d’affréter un vaisseau, «l’Ulrika», pour favoriser l’installation de quelques familles juives danoises.

Le Parlement islandais ne permit pas le débarquement, car aucun Juif n’était autorisé à s’installer dans le pays.

Le Roi du Danemark, dont l’Islande dépendait, voulait favoriser la venue de marchands juifs pour le développement économique du Pays.

Après deux ans d’âpres discussions, le Parlement islandais (l’Alpingi), accepta la proposition du Roi sous réserve qu’aucun marchand juif ne révèle son judaïsme aux insulaires.

Aucun Juif n’accepta cette offre.

Pendant tout le 19e siècle, on dénombre très peu de Juifs en Islande, malgré cela un antisémitisme sévit sous la houlette du Président de l’Université, le Professeur Bjorn Olsen, qui dans un article du premier journal islandais racontait l’histoire d’une confrérie secrète de marchands juifs qui affamait le pays.

Cette fiction s’incrusta profondément dans la mémoire islandaise.

Malgré cette hostilité, quelques commerçants juifs danois, comme la famille Arnhems, s’installèrent à Reykjavik.

Le pays était particulièrement inhospitalier, tant par l’attitude des autochtones que par la nature elle-même. Le journaliste hongrois Max Nordau décrivait ce pays comme un désert glacé et il écrivait à sa famille que « mieux valait vivre comme un chien à Pest (qui forme avec Buda la capitale de la Hongrie), que comme en voyageur en Islande ».

A l’aube du 20e siècle si peu de Juifs s’étaient installés en Islande, qu’on ne trouve aucune trace de leur présence.

Il ne faut pas oublier Fritz Nathan, Juif danois, qui laissa à la postérité le plus haut building d’Islande qu’il fit construire dans les années 1920.

Les lois très restrictives sur l’implantation des étrangers et singulièrement des étrangers juifs confortèrent encore la xénophobie ambiante.

Les lois danoises sur l’immigration étaient appliquées avec rigueur, lorsque, en mai 1938, les Danois refusèrent l’asile politique aux Juifs autrichiens, les Islandais prirent les mêmes dispositions.

La population islandaise demandait avec insistance aux autorités que les emplois soient réservés aux seuls nationaux.

De plus, elle se rapprochait des thèses nazies, Hitler ayant promis de la délivrer du joug danois.

Des citoyens islandais avaient contacté un Prince allemand afin qu’il devienne Roi d’Islande. Ce Prince, membre du parti nazi, était un haut dignitaire du 3e Reich et ce projet était fermement soutenu par Goebbels.

Un parti nazi fut formé en Islande dès 1933, rattaché au parti allemand, il ne parvint jamais à avoir des Députés au Parlement.

Ce parti disparut faute d’ennemis à combattre, les Juifs étaient si peu nombreux qu’on ne pouvait en faire de crédibles boucs émissaires.

Les quelques Juifs avaient peu à craindre des nazis islandais mais beaucoup plus des autorités totalement inféodées à l’idéologie nazie.

En 1939, le plus haut responsable nazi chargé de l’étude des émigrations juives en Europe, se félicitait de la position intransigeante du Parlement islandais.

Le Premier Ministre Jonasson déclara dans un grand élan de lyrisme antisémite « l’Islande a toujours été un pays de pure race nordique, sans présence juive, et ceux qui s’y sont installés doivent partir ».

Ce beau programme s’écroula lorsque advint la 2e guerre mondiale. Les troupes britanniques débarquèrent rapidement en Islande (considérée comme une position stratégique pour empêcher l’invasion allemande en Grande Bretagne), et s’installèrent durablement. Beaucoup d’Islandais les considéraient comme des ennemis.

Quelques centaines de combattants britanniques étaient juifs et ils décidèrent d’organiser un office religieux pour la fête de Kippour 1940.

C’était la première fois dans l’histoire de l’Islande que l’on célébrait un office religieux autre que chrétien.

A l’arrivée des troupes américaines, la Communauté militaire de confession juive s’étoffa considérablement.

En 1944, sur 70 000 soldats américains on pouvait dénombrer quelques 2 000 Juifs.

Des réfugiés allemands purent enfin, en petit nombre, trouver asile en Islande, ils furent, dès leur arrivée, obligés de changer de nom afin d’islandiser leur patronyme pour ne pas heurter la population.

Harry Rosenthal devint Haradu’r Magnusson, Karl Friedlander, Hjortur Haraldsson.

La république d’Islande fut proclamée en 1944 lorsque les Allemands envahirent le Danemark mais l’antisémitisme viscéral des Islandais n’avait pas disparu pour autant, l’un des ministres les plus influents du gouvernement fit publier les fameux « Protocoles des Sages de Sion » et dénonça un complot juif pour la gouvernance du Monde.

Devenir Islandais était très difficile dans ces conditions, pourtant un petit nombre de Juifs voulaient devenir de vrais citoyens, après avoir changé de nom, souvent de religion, malgré leurs efforts ils ne purent jamais jouer un rôle dans la vie de leur nouvelle Patrie.

Bien que l’Islande fût l’un des 37 pays qui votèrent la résolution de l’ONU le 29 novembre 1947 en faveur de la création de l’Etat d’Israël, elle ne fut jamais réellement « jew’s friendly ».

N’oublions pas que quelques membres du parti nazi islandais se firent les auxiliaires zélés des SS en devenant gardiens de nombreux camps de concentration en Allemagne notamment à Dora.

Le propre fils du premier Président de la nouvelle République était membre de la SS. Poursuivi, il se réfugia en Argentine. Pour beaucoup de dignitaires, il fallait rapidement faire oublier ce lourd passé en accédant aux plus hauts postes de la société islandaise.

En 2000, l’Islande participa à la Conférence de Stockolm sur l’Holocauste et signa la charte obligeant les Etats membres à enseigner la Shoah dans les écoles.

De nombreux lecteurs des journaux qui relataient ces faits écrivirent des lettres aux rédactions disant que cet enseignement mettait en danger la cohésion du Pays. Cela reflète une forme exacerbée d’ethnocentrisme.

Le conflit israélo-palestinien permit de fortes poussées d’antisionisme, les journaux et beaucoup d’hommes politiques se complaisaient à établir le parallèle entre les actions menées par l’armée israélienne à Gaza et les exactions des nazis pendant la guerre.

Ils allèrent jusqu’à trouver une justification symbolique conquérante dans le drapeau israélien. Les 2 lignes horizontales bleues figurant le Nil et l’Euphrate et l’étoile de David figurant le peuple juif, seul légitime possesseur de la terre entre ces deux fleuves.

Aujourd’hui la Communauté juive d’Islande se compose de 50 à 100 personnes, aucun recensement officiel ne vient étayer ce nombre, c’est réellement une goutte d’eau dans cet océan de « luthériens au sourire de glace » comme aime à qualifier ses compatriotes, un grand auteur islandais.

Pas de lieu de culte, pas de salle communautaire, un temple luthérien dont on couvre les symboles chrétiens sert à célébrer les grandes fêtes.

Le judaïsme n’est pas reconnu comme une religion officielle et ce n’est pas la « first lady », qui n’entretient d’ailleurs aucun lien particulier avec ses coreligionnaires, qui changera quoi que ce soit dans leur existence.

« J’ai découvert cette Communauté qui s’est maintenue contre vents et marées dans ce pays de glaces, de geysers et de fjords et je me pose la question sur la volonté d’une poignée de femmes et d’hommes de se maintenir malgré des difficultés journalières et de s’intégrer malgré l’environnement hostile. Cela pour le moins mérite notre respect. » Jean-Claude Nerson

III – Loi choquante en Islande : 6 ans d’emprisonnement pour les auteurs de la circoncision (Mohel)

Les députés de cinq partis différents en Islande ont récemment présenté un projet de loi visant à interdire la circoncision.

Selon le projet de loi, une peine allant jusqu’à six ans d’emprisonnement sera imposée pour l’acte de la Brit Mila (circoncision).

Selon la loi, la circoncision constitue une violation des droits des hommes, et seulement si la raison médicale est suffisante.

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“L’enfant a le droit de décider s’il veut ou non la circoncision, et les parents doivent donner des conseils appropriés dans les questions relatives à la religion.”

Comme mentionné précédemment, le projet de loi a été présenté par des représentants des 63 députés islandais issus de cinq partis différents, une initiative lancée après qu’un groupe de médecins danois ait déclaré que les hommes n’avaient pas été circoncis avant l’âge de 18 ans au moins.

“La Brit Mila est une partie importante et critique de la vie juive et il n’y a aucune autorité dans le monde qui interdise aux Juifs d’interdire cette importante mitsva”, a déclaré la Conférence européenne des rabbins

Le Président de la conférence, le rabbin Pinchas Goldschmidt a ajouté que « bien que la population juive en Islande soit petite, il est impossible d’ignorer le dangereux précédent établi par la présente loi et les conséquences qui peuvent conduire à une telle législation dans d’autres pays. Nous demandons instamment aux décideurs d’annuler immédiatement la législation et continuer à soutenir la vie juive. “

Sources :

http://www.amicale-des-deportes-auschwitz-et-birkenau-rhone.asso.fr/
https://infos-israel.news
http://www.israel-infos.net/

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