Cela se passait bien avant la destruction du premier temple. En ce temps, il existait une foire aux militaires, comme en France, il n’y a pas si longtemps, la foire aux ouvriers agricoles qui avait lieu à la porte Saint Martin.

Cette foire attirait les recruteurs de mercenaires pour le compte de leurs rois et princes.

Les sujets les plus recherchés, étaient les hébreux, reconnus comme les meilleurs pour leurs vertus guerrières et leur fidélité à leurs employeurs.

On faisait affaire, le mercenaire rejoignait son poste dans le pays du souverain qui l’avait embauché, avec armes, bagages et famille.

L’histoire a gardé la trace écrite d’une de ces garnisons ; il s’agit de la colonie des Juifs d’Eléphantine au sud de l’Egypte, sur le Nil.

Ces hommes et femmes avaient pour mission de surveiller et de garder, au besoin par les armes, cette région d’où partaient les attaques en provenance de la Nubie et du Soudan, par des pillards attirés par la richesse de l’Egypte.


Les Pharaons (époque Ptoléméenne) confièrent la défense du lieu à des Juifs.


Ils reçurent de Jérusalem l’autorisation de construire un lieu de culte parce qu’ils voulaient aussi respecter leur tradition face aux prêtres égyptiens et au culte d’Amon, le dieu Bélier.

Par contre, ils ne furent jamais autorisés par le clergé de Jérusalem à procéder à des sacrifices. Ce temple est connu sous le nom de Temple d’Onias.

Une caste sacerdotale juive exista donc sur place, ce qui laisse à supposer que ces militaires furent plusieurs milliers.

Leur trace, leur vie, leur prêtre, et une foule de détails nous sont connus grâce à la découverte au début de notre siècle de papyrus dont les traductions furent publiées sous le titre de « La religion des Hebro-Araméens d’Eléphantine ».

Parmi les nombreuses anecdotes relatives à la vie de cette garnison, il y en a une que je tiens à vous relater.


Une lettre de Cléopâtre (oui celle la même que nous connaissons, surtout à propos de son nez… rien à dire, elle avait du flair !) voici ce qu’elle écrit à son frère aux prises avec une sédition à l’ouest du Delta : « Je t’adresse mes deux meilleurs généraux ; Matatiyaou et Eliyaou, ils ont valeureusement servi notre père, tu peux leur donner une entière confiance et ils t’aideront à gagner… » Fabuleux non ?

Et puis, au fil du temps, cette colonie va disparaître, vaincue par les adorateurs d’Amon qui n’avaient pas encaissé le fait que les Juifs aient pu sacrifier un bélier, un mouton pour Pessah..en fait, leur propre dieu, transformé en merguez et en brochettes.

Le Temple fut détruit. La colonie militaire s’effrita et disparut sans bruit..

De plus en plus de chercheurs s’accordent à reconnaître qu’il pourrait s’agir des Juifs d’Ethiopie.

Pour ma part, je pense que ces Juifs d’Eléphantine durent certainement emporter avec eux une copie de l’Arche d’Alliance, ce qui expliquerait le mythe que celle-ci se trouverait à Lalibela en Ethiopie à l’intérieur d’une église.

Les Ethiopiens chrétiens la sortent une fois par an et elle reçoit alors la vénération du peuple. En éthiopien, elle s’appelle « Tabote », curieux lorsqu’on sait que les Juifs de Tunisie désignent sous ce nom la boite, le cercueil, la teva…

Paul Uzan – © Le Monde Juif .info

© Photos : DR

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