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Ramat Rahel est situé au sommet d’une colline, à mi-chemin entre la Vieille Ville de Jérusalem et Bethléem.

Ramat Rahel

Les fouilles réalisées entre 1959 et 1962 ont mis à jour les vestiges de plusieurs peuplements successifs au cours des âges.

Le plus important est une grande citadelle et un magnifique palais des rois de Juda, datant des VIIIe et VIIe siècles avant l’ère chrétienne.

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L’archéologue a identifié le site comme étant Beit Hakerem (maison du vignoble) mentionné dans la Bible, l’un des lieux d’où les signaux d’avertissement étaient adressés à Jérusalem, au moyen de feux, à la fin de l’époque du Premier Temple (Jérémie 6 : 1).

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L’époque biblique

Au VIIIe siècle avant l’ère chrétienne, une citadelle royale fut construite à cet endroit par l’un des rois de Juda.

Il n’en subsiste qu’une petite portion d’un mur de casemate (une double muraille de fortification compartimentée). Mais plus d’une centaine d’empreintes de sceaux sur le modèle lamelekh (au roi, en hébreu), retrouvées sur les anses de jarres, évoquent les débuts de la citadelle. Ils donnent une indication de l’importance du site en tant que centre administratif du royaume de Juda.

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Vers la fin du VIIe siècle et au début du VIe siècle avant l’ère chrétienne, une nouvelle citadelle royale, beaucoup plus importante que la précédente, fut construite sur le site ; elle comprenait un système de fortification extérieur ainsi qu’une citadelle intérieure et un palais.

Les fortifications extérieures étaient constituées par une énorme muraille de 3 ou 4 mètres d’épaisseur. Bien qu’une petite partie seulement ait été mise à jour, on suppose qu’elle entourait une superficie d’environ deux hectares au sommet de la colline. Aucun vestige de construction n’a été retrouvé à l’intérieur de cette muraille. On pense que c’est dans cette vaste cour que se rassemblaient les troupes et les auriges.

La citadelle intérieure, de 75 m x 50, entourée par un mur de casemate de 5 mètres d’épaisseur, se dressait dans l’angle nord-est de la cour. A l’intérieur de ce mur, les sols des pièces étaient recouverts d’une épaisse couche de plâtre dur suggérant qu’il s’agissait d’entrepôt.

La porte de la citadelle intérieure, renforcée par des contreforts, se trouvait au centre de la muraille est. Elle comportait deux cellules, une de chaque côté de l’entrée, aux sols en épaisses dalles de pierre. La porte était fermée par des doubles battants intérieurs et extérieurs. Dans la citadelle intérieure, une ouverture plus étroite était pratiquée dans le même mur, plusieurs mètres au sud.

La superficie située à l’intérieur de la citadelle était divisée en une cour pavée de pierres et bordée de bâtiments sur ses côtés nord et ouest. Le bâtiment situé au nord, qui comprenait une cour intérieure à ciel ouvert entourée de plusieurs pièces, servait probablement de résidence royale. Une étroite poterne camouflée, construite en grosses pierres sous le mur nord reliait la citadelle à l’extérieur, aménageant ainsi une possibilité de fuite.

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La citadelle royale de Ramat Rahel est l’un des exemples les plus instructifs de l’architecture israélite-phénicienne de l’époque biblique.

Avec ses pierres polies, équarries et soigneusement disposées, la construction des murs de casemate et des bâtiments de la citadelle était d’excellente qualité. La porte principale, en grosses pierres taillées, présente également une belle facture. De nombreux chapiteaux proto-éoliques demeurés entiers ont été retrouvés dans les ruines de la citadelle ; ils ornaient autrefois les montants de la porte principale et des accès aux bâtiments.

Les balustrades des fenêtres consistant en une rangée de colonnettes en pierre, décorées de palmettes et surmontées de chapiteaux raccordés de style proto-éolique, ont également été mises à jour. Elles ornaient probablement l’étage supérieur des bâtiments à l’intérieur de la citadelle. Ces éléments architecturaux décoratifs rappellent un verset du livre de Jérémie qui décrit les fenêtres de la maison de Joïakim, roi de Juda : et y perce de larges fenêtres, l’orne de lambris de cèdre et de vermillon (Jérémie 22 : 14).

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Dans les débris qui couvraient la citadelle après sa destruction par les Babyloniens, de nombreux objets de luxe, comme ceux provenant d’un palais assyrien, ont été retrouvés.

Une empreinte de sceau portant l’inscription Eliaqim, intendant de Yokhin, est attribuée à un fonctionnaire de Joïachin, roi de Juda, le fils du roi Joïkim.

Epoques ultérieures

Pendant la domination perse, Beit Hakerem était un centre de district (Néhémie 3 : 14) comme l’ont confirmé les découvertes archéologiques.

Plusieurs dizaines d’empreintes de sceaux ont été mises à jour sur des anses de jarres datant des IVe et IIIe siècles avant l’ère chrétienne. Elles portent le mot yehoud, nom officiel de la province de Juda à cette époque.

Certaines mentionnent yehoud hphh (le gouverneur du district de Juda) mais nombreuses sont celles qui ne précisent que le nom des gouverneurs.

A partir de la période asmonéenne (IIe siècle avant l’ère chrétienne), de nombreuses empreintes de sceaux sur les anses des jarres mentionnant le nom yrshlm (Jérusalem) ont été retrouvées.

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A l’époque hérodienne (Ier siècle de l’ère chrétienne), un petit village se dressait sur le site.

Après sa destruction en l’an 70, il fut abandonné jusqu’au IIIe siècle, lorsque la dixième légion romaine construisit une villa et des thermes sur la colline.

A l’époque byzantine (milieu du Ve siècle), un grand monastère et une église furent construits à cet endroit et abandonnés au début de la domination islamique (VIIe siècle).

Les fouilles ont été dirigées par Y. Aharoni pour le compte du Département des antiquités (l’actuelle Direction des antiquités d’Israël), la Société d’exploration d’Israël, l’Université hébraïque de Jérusalem et l’Université de Rome.

http://mfa.gov.il/

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