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Par Baroukh Marzel, traduit par Meïr Ben-Hayoun

A mon sens je dirais en préambule que la Loi sur l’Etat nation est creuse et manque de concret, et ceci avant que la Haute cours de justice ne se soit prononcée.

C’est encore une mesure populiste de Netanyahou qui est fort dans les déclarations, mais faible dans les actes. Au demeurant, la tempête que cette loi a provoquée dans la classe politique nous offre l’occasion de poser la véritable problématique bien qu’elle ne soit pas liée directement à cette loi. Il s’agit de la définition de base d’Israël comme Etat juif et de la contradiction entre cette valeur et la valeur sacro-sainte aux yeux des pourfendeurs du sionisme et du judaïsme, la démocratie.

Il y a trente ans de cela, nous étions en campagne pour les élections à la Knesset. Les sondages d’intentions de vote montraient clairement que le parti « Kach » sous l’égide du Rabbin Meïr Kahana hy’d allait devenir la troisième formation de la Knesset (ndlt : après le Likoud et le Parti Travailliste, on lui prévoyait entre 10 et 13 sièges à la Knesset).

La gauche et la droite concluèrent une alliance contre nature menée par quelques députés du Likoud, et avec l’assistance de la Cour suprême réputée alors aux yeux du grand public comme sainte et désintéressée, disqualifièrent « Kach » de pouvoir se présenter à ces élections.

C’est ainsi qu’a été nié le droit de 200 000 électeurs à envoyer leurs délégués à la Knesset.

Le terrorisme arabe était en pleine croissance et en l’espace de quelques années, nous sont tombés dessus les sinistres accords d’Oslo dont nous mangeons les fruits empoisonnés jusqu’à présent et ils sont inscrits dans les livres d’histoires par le sang de centaines de Juifs innocents.

Quel était le motif de la disqualification de la Liste « Kach »?

Tout bonnement, le Rabbin Meïr Kahana estimait qu’il y avait contradiction entre « judaïsme » et « démocratie ». Pour lui le « judaïsme » primait, alors que pour Robi Rivlin (l’actuel président de l’Etat d’Israël), pour Benny Begin et consorts, c’est la démocratie qui prime.

Comme à son habitude, le Rabbin Kahana a mis sur le tapis cette problématique, non pas au moyen d’analyses abstraites et complexes, mais par une question simple et concrète : est-ce que les citoyens arabes d’Israël détenteurs de la carte d’identité bleue ont le droit de devenir la majorité dans l’Etat juif, d’annuler la Loi du Retour et de modifier le nom de l’Etat d’Israël en Etat de Palestine?

Et s’ils ne constituaient qu’un tiers de la population, seraient-ils autorisés à faire alliance avec la gauche et ériger un Gouvernement qui annulerait la Loi du Retour et effacerait tout signe juif distinctif de l’Etat?

Une question toute simple, n’est-ce pas ?

Cette question est très simple, mais la réponse qu’elle nous accule à donner empêche de dormir toutes les grosses huiles de l’establishment politique, médiatique et juridique en Israël.

Ils savent très bien que s’ils répondent à cette question par « NON », par là-même, ils affirmeront que les Arabes n’ont pas le droit de devenir la majorité et ainsi de prendre le pouvoir dans le pays. Dans ce cas-là, il n’y a plus d’égalité, ni de démocratie. Et pourtant, on est si fier de proclamer que nous sommes la « seule démocratie au Moyen-Orient », et à quel point nous respirons les valeurs démocratiques et éduquons la jeunesse dans ce sens. Alors non, on ne peut pas répondre positivement à cette question.

En revanche, si on répond positivement et qu’on affirme que tout citoyen de l’Etat est égal et que toute communauté a le droit de devenir la majorité et de statuer sur le caractère de l’Etat, et alors les Arabes aussi, et ils pourraient transformer Israël en Etat de Palestine sans tirer une seule balle. Et ce sera la fin du sionisme et la liquidation de l’Etat juif !!!!

Et comme personne ne désire répondre à cette question, le questionneur a été réduit au silence.

Le rabbin Kahana a dont été disqualifié de se présenter aux élections, ce qui a ainsi provoqué de façon indirecte son assassinat. De la sorte, ils ont cru être enfin dispensés de répondre à cette question dérangeante.

Toutefois, le sort des questions authentiques est qu’elles ressurgissent, et même après les avoir enfuies elles remontent à la surface avec plus de vigueur.

Et c’est précisément ce qui se passe actuellement avec cette Loi sur l’Etat nation.

Des slogans arabes prévisibles redonnent de la force à la loi Etat/Nation

De facto, cette loi n’aura pas réellement d’incidence, du fait que de même que pour toutes les lois fondamentales, elle sera soumise à l’interprétation qu’en feront les tribunaux, et on sait très bien où se situent les juges sur ces questions.

Mais alors l’agitation de la gauche n’est pas vaine. Elle est consciente que si Israël proclame uniquement sur le plan déclaratif que c’est un Etat juif, alors il faudra fournir des explications pourquoi le Rabbin Kahana a été disqualifié alors qu’il voulait donner un contenu concret à cette déclaration.

Combien la vie est difficile pour la gauche et pour la droite jouant dans la dentelle et pseudo-intellectuelles ?!!

Ces jours-ci, beaucoup font des excursions dans le pays. J’ai une recommandation pour tous ceux qui soutiennent la Loi sur l’Etat nation, mais qui ne sont pas suffisamment déterminés pour dire à la gauche qu’effectivement nous faisons le choix du judaïsme et du sionisme et non de la démocratie et de l’égalité.

Une idée a été développée dans la Halakha que lorsqu’une personne commet une faute envers autrui et que dernier est décédé, on doit se rendre près de sa tombe et lui demander pardon en présence de dix personnes.

Quand vous planifierez cet été de vous rendre à Jérusalem, avant d’entrer dans la ville, prenez à droite du côté des jardins Sakharov, et de là, continuez vers le Mont des Repos (ndlt : le cimetière de Giv’at Shaoul).

Là, vous vous rendrez à la parcelle des Cohen en direction de la tombe de ce géant de la pensée et de l’action, le Rabbin Meïr Kahana.

Demandez-lui de vous pardonner pour ce que vous lui avez fait, et demandez pardon de la part du peuple d’Israël qui continue de souffrir pour cette disqualification.

Peut-être que par le mérite de l’expression ces regrets, Dieu aura pour nous de la miséricorde et Il vous donnera la force de tourner le volant et de commencer à conduire l’Etat vers son véritable objectif, un Etat juif !

Source :
www.jerusalem24.com

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