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Ce livre contient tous les principes dévoilés par le Ari Zal (Rabbi Isaac Louria).

Porte 3

Chapitre 1: Portique 3  » L’Unite et son dévoilement « 

Après que nous avons vu les portes une et deux et l’unité d’avant et du milieu, le Ramh’al veut parler de l’unité de la fin, du but de la création. Il n’y a pas de différence entre le début et la fin. Cependant ce qui amène les créatures à la fin, bien que cela peut nous paraître dérangeant à cause de la conduite intermédiaire est qu’il révèle le mal et donc un changement à priori dans l’unité divine de l’avant et de l’après.

Le but ultime de la création est de prodiguer le bien selon le bien parfait. D-ieu est le bien parfait, l’extrême perfection. On peut le définir comme étant le bien même si nous n’avons pas le droit de le définir. Uniquement par la négation nous pouvons le définir pourtant dans la notion de bien, on peut le définir d’une manière positive.

Lorsque D-ieu fait le bien, ce n’est pas pour lui qu’il le fait. En général, un homme lorsqu’il fait le bien, c’est pour lui qu’il le fait mais pas D-ieu. Car le bien que prodigue D-ieu est un bien désintéressé. Lorsque de l’eau coule d’un verre, il y a deux raisons: soit parce qu’il y a un trou soit c’est parce que cela déborde. Chez D-ieu c’est parce que cela déborde. Chez l’homme c’est parce qu’il y a une lacune et donc il veut compléter cette lacune, le bien est pour lui sa manière de remplir ce manque, la pauvreté est une lacune, la maladie est une lacune.

Tout cela est dans la dualité, le bien et le mal, une chose et son contraire.

Le bien parfait ne procède pas du manque. Le bien de l’homme est toujours un bien relatif car ce bien est engendré par une situation. Pourquoi l’homme prie? Pourquoi l’homme donne? Pourquoi l’homme fait? Pourquoi un homme construit une maison? Car il ne veut pas être dans la rue.

Pourquoi D-ieu a voulu créer la création? D-ieu ne manque de rien, il n’a besoin de rien. Tout ce qui motive un homme est la lacune, le mouvement de l’homme est la lacune, ce qui va provoquer la dynamique est le manque. Mais D-ieu n’a pas de lacune, alors qu’est-ce qui motive son acte, qu’est-ce qui va provoquer son action?

D’après le Rambam, il est impossible de parler du but de la création. Nous pouvons expliquer le but par rapport à l’homme mais non par rapport à lui. On ne peut dire plus que:  »D-ieu veut faire du bien à l’homme ». Par rapport à l’homme, il y a un but mais par rapport à D-ieu, il n’y a pas de but car il est sans fin. Seul celui qui a une fin, a un but. Et ainsi est appelé D-ieu:  » le sans fin et sans but ». Pourtant il y a le Tsimtsoum ( retraction de la Lumière Originelle), donc, il s’est fait un but! Par le Tsimtsoum, il y a une révélation.

D’après le Ari Zal, il n’y a pas de but sans le Tsimtsoum mais d’après le Ramh’al, il y a un but sans le Tsimtsoum, en amont du Tsimtsoum. Il est difficile de comprendre d’après le Ramh’al que dans l’unité, il y a le but. Mais ce n’est pas uniquement dans le tsimtsoum qu’il y a le réchimou et les Séphirot et les mondes et donc le but. Il y a quelque chose avant le tsimtsoum dans l’infini lui-même mais ici, dans cette porte, il est difficile d’en parler. Cette bonté divine étant une sorte de débordement qui va vers un but à lui qui n’est pas produit par une lacune.

Pour cela, le Ramh’al dit que la fin du monde, son but est d’atteindre l’infini c’est-à-dire la perfection. Mais si D-ieu avait un but précis et défini dans la limite, le monde ne pourrait jamais atteindre l’illimité. Il ne serait jamais illimité et il n’y aurait pas de possibilité au monde futur. Et s’il y a un monde futur c’est-à-dire l’infini, c’est que depuis le début, le désir de la création est infini.
Le Ari Zal n’a pas parlé du but dans l’unité seul le Ramh’al le fait. D-ieu n’a pas besoin de ses créatures cependant il les crée pour leur octroyer le bien. Mais d’où procède ce bien puisqu’il est sans but?

Son bien ne procède pas du manque puisqu’il est sans manque. C’est le bien qui engendre le bien. L’acte ne procédant pas du manque. Sa volonté étant le bien extrême. Le bien dans son essence est de faire le bien dans son extrême perfection.

Ici le Ramh’al introduit l’unité finale. Son désir est uniquement d’octroyer le bien parfait. Le salaire et la punition sont les motivations de l’homme pour faire le bien, combler des lacunes. Si l’homme n’était pas manquant, il n’y aurait pas de recherche du bien. Tout le principe de la création est la Noukva, le pouvoir féminin qui représente toute la réalité du monde qui est née en arrière c’est-à-dire sans se voir.

La nature ne perçoit pas D-ieu car il y a une grande force qui empêche cette perception et donc elle ne saisit jamais D-ieu. Elle est dans le  »dos » de la présence. Il y a comme une absence chez elle et il faut qu’elle se sépare pour qu’il y ai un retour de face à face. Et c’est cela qui engendre le service d’après le Ramh’al, la relation avec D-ieu avec amour.

Le Ramh’al explique la différence entre les âmes d’avant leur descente dans un corps et après. Avant leur venue dans ce monde, elles sont comme des anges. Les anges aiment-ils D-ieu? Non ils ne peuvent que le craindre. Ils ressentent D-ieu qu’avec la crainte, ils ne le servent qu’avec crainte. Mais l’âme qui est descendue très bas, ne perçoit plus D-ieu et le recherche tout le temps qu’il est dans le corps.

L’ange est soumis à la domination de l’unité divine, il n’a aucune sensation de volonté individuelle alors que l’âme dans le corps a la sensation d’avoir sa propre volonté. Mais s’il prend conscience par la Téchouva (acte de se retourner, regret pour les repentant), il peut atteindre ce que l’on appelle la recherche donc l’amour et la joie de retrouver sa présence ce qu’un ange ne peut atteindre et tout ceci du fait de sa situation dans ce corps où la face de D-ieu est cachée. C’est la situation de la séparation  »dos à dos » et c’est cela le bien, c’est la possibilité de dévoiler un amour qui est enfoui en lui. Et par cela, l’homme va atteindre le bien parfait par cette dissimulation de la présence divine grâce au travail et au libre-arbitre.

Qu’est-ce que la fin de tout? C’est le retour du mal au bien où il y a le dévoilement de l’unité.

Rav Mordékhaï Chriqui (5777)
Retranscription Rav Michael Smadja
http://rabbi-haim-luzzato.blogspot.com

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