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Avant la Shoah, treize millions de personnes parlaient yiddish. Aujourd’hui il reste tout au plus deux millions de locuteurs: les survivants, de plus en plus rares, pour lesquels il est langue maternelle, et très majoritairement les ultraorthodoxes, pour qui il demeure langue du quotidien. Un monde a disparu…

Le Yiddish est né dans la vallée du Rhin vers l’an 1000.

Il est issu d’un des dialectes allemands de l’époque, le moyen haut allemand. Contrairement à l’opinion de certains linguistes, il ne s’agit nullement d’un allemand abâtardi. Chaque langue germanique utilisée actuellement a ses propres racines dans divers lieux d’outre-Rhin. Le yiddish n’échappe pas à cette règle. Il s’écrit en caractères hébraïques et se lit de droite à gauche. Les essais de « latinisation » ont été quasiment nuls.

Cette langue fut parlée dans les communautés juives d’Ailemagne, ainsi qu’en Bohême, Moravie, Pologne, Lituanie, Ukraine et Biélorussie, mais aussi en Alsace, Holiande ou en Italie du Nord.

Elle s’apparente à une langue germanique (à l’instar de l’allemand ou du lorrain), mais s’est nourri des langues parlées sur d’autres territoires de la diaspora (langues romanes et slaves), tout en intégrant des éléments d’origine proche-orientale (hébreu et araméen).

A partir du XIXe siècle, le yiddish est employé aussi sur les continents où émigrent ses locuteurs : Australie, Etats-Unis et Canada, Amérique du Sud, Afrique du Sud. En Europe, du fait du génocide des juifs commis par les nazis, le yiddish voit brutalement diminuer le nombre de ceux qui le parlent.

L’histoire du yiddish comme langue est ainsi particulièrement indissociable de l’histoire de la communauté qui la fait vivre.

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C’est pourquoi J. Baumgarten consacre une part substantielle de son livre à la littérature d’expression yiddish (chants, poèmes et prose), tant sacrée que profane. L’auteur insiste également sur les représentations associées au yiddish, lesquelles varient fortement selon les contextes, et ont pu être négatives jusque dans la communauté juive elle-même.

C’est ainsi que le philosophe des Lumières allemand Moses Mendelssohn, dans sa volonté d’intégration sociale des juifs, rejette ce « patois des juifs du ghetto ».

Parallèlement, le yiddish n’a cessé d’être valorisé comme vecteur de transmission de la tradition juive, et a fait l’objet d’efforts de normalisation dont les résultats se manifestent au début du XXe siècle, avec l’élaboration de grammaires et de dictionnaires par des philologues tels que Max Weinreich.

Une réévaluation positive de la place du yiddishn au sein de la société ashkénaze et de la culture européenne incite à reconsidérer l’histoire complexe du yiddish sur des bases nouvelles.

Après la Deuxième Guerre mondiale, qui entraîna la disparition brutale de pans entiers de la culture ashkénaze, la carte du yiddishland s’est lentement reconstituée, sans, bien sûr, retrouver la vigueur et la splendeur d‘antan.

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