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Déjà au moyen-âge, Rachi nous prévenait en citant une ancienne tradition orale, que les nations du monde diront un jour au peuple juif:  « Vous êtes des voleurs ! Vous avez volé votre pays aux tribus Canaanites ! »…

Dans le temps d’Amraphel, roi de Schinear, d’Arjoc, roi d’Ellasar, de Kedorlaomer, roi d’Élam, et de Tideal, roi de Gojim, il arriva qu’ils firent la guerre à Béra, roi de Sodome, à Birscha, roi de Gomorrhe, à Schineab, roi d’Adma, à Schémeéber, roi de Tseboïm, et au roi de Béla, qui est Tsoar.

Ces derniers s’assemblèrent tous dans la vallée de Siddim, qui est la mer Salée.

Pendant douze ans, ils avaient été soumis à Kedorlaomer; et la treizième année, ils s’étaient révoltés. Mais, la quatorzième année, Kedorlaomer et les rois qui étaient avec lui se mirent en marche, et ils battirent les Rephaïm à Aschteroth Karnaïm, les Zuzim à Ham, les Émim à Schavé Kirjathaïm, et les Horiens dans leur montagne de Séir, jusqu’au chêne de Paran, qui est près du désert.

Puis ils s’en retournèrent, vinrent à En Mischpath, qui est Kadès, et battirent les Amalécites sur tout leur territoire, ainsi que les Amoréens établis à Hatsatson Thamar.

Alors s’avancèrent le roi de Sodome, le roi de Gomorrhe, le roi d’Adma, le roi de Tseboïm, et le roi de Béla, qui est Tsoar; et ils se rangèrent en bataille contre eux, dans la vallée de Siddim, contre Kedorlaomer, roi d’Élam, Tideal, roi de Gojim, Amraphel, roi de Schinear, et Arjoc, roi d’Ellasar: quatre rois contre cinq.

La vallée de Siddim était couverte de puits de bitume; le roi de Sodome et celui de Gomorrhe prirent la fuite, et y tombèrent; le reste s’enfuit vers la montagne.

Les vainqueurs enlevèrent toutes les richesses de Sodome et de Gomorrhe, et toutes leurs provisions; et ils s’en allèrent.

Ils enlevèrent aussi, avec ses biens, Lot, fils du frère d’Abram, qui demeurait à Sodome; et ils s’en allèrent.

Un fuyard vint l’annoncer à Abram, l’Hébreu; celui-ci habitait parmi les chênes de Mamré, l’Amoréen, frère d’Eschcol et frère d’Aner, qui avaient fait alliance avec Abram.

Dès qu’Abram eut appris que son frère avait été fait prisonnier, il arma trois cent dix-huit de ses plus braves serviteurs, nés dans sa maison, et il poursuivit les rois jusqu’à Dan.

Il divisa sa troupe, pour les attaquer de nuit, lui et ses serviteurs; il les battit, et les poursuivit jusqu’à Choba, qui est à la gauche de Damas.

Il ramena toutes les richesses; il ramena aussi Lot, son frère, avec ses biens, ainsi que les femmes et le peuple.

Après qu’Abram fut revenu vainqueur de Kedorlaomer et des rois qui étaient avec lui, le roi de Sodome sortit à sa rencontre dans la vallée de Schavé, qui est la vallée du roi.

Melchisédek, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin: il était prêtre du Dieu Très Haut. Il bénit Abram, et dit: « Béni soit Abram par le Dieu Très Haut, maître du ciel et de la terre! Béni soit le Dieu Très Haut, qui a livré tes ennemis entre tes mains! »

Et Abram lui donna la dîme de tout.

Le roi de Sodome dit à Abram: Donne-moi les personnes, et prends pour toi les richesses.

Abram répondit au roi de Sodome: Je lève la main vers l’Éternel, le Dieu Très Haut, maître du ciel et de la terre: je ne prendrai rien de tout ce qui est à toi, pas même un fil, ni un cordon de soulier, afin que tu ne dises pas: J’ai enrichi Abram. Rien pour moi! Seulement, ce qu’ont mangé les jeunes gens, et la part des hommes qui ont marché avec moi, Aner, Eschcol et Mamré: eux, ils prendront leur part.

Après ces événements, la parole d’Hachem fut adressée à Abram dans une vision, et il dit: « Abram, ne crains point; je suis ton bouclier, et ta récompense sera très grande. » Abram répondit: « Seigneur DIEU, que me donneras-tu? Je m’en vais sans enfants; et l’héritier de ma maison, c’est Éliézer de Damas. »

Et Abram dit: « Voici, tu ne m’as pas donné de postérité, et celui qui est né dans ma maison sera mon héritier. »

Alors la parole d’Hachem lui fut adressée ainsi: « Ce n’est pas lui qui sera ton héritier, mais c’est celui qui sortira de tes entrailles qui sera ton héritier. » Et après l’avoir conduit dehors, il dit: « Regarde vers le ciel, et compte les étoiles, si tu peux. »

Hachem lui dit encore: « Je suis le SEIGNEUR, qui t’ai fait sortir d’Ur en Chaldée, pour te donner en possession ce pays. » Abram répondit: « Seigneur DIEU, à quoi connaîtrai-je que je le posséderai? »

Et Hachem lui dit: « Prends une génisse de trois ans, une chèvre de trois ans, un bélier de trois ans, une tourterelle et une jeune colombe. »

Abram prit tous ces animaux, les coupa par le milieu, et mit chaque morceau l’un vis-à-vis de l’autre; mais il ne partagea point les oiseaux. Les oiseaux de proie s’abattirent sur les cadavres; et Abram les chassa.

Au coucher du soleil, un profond sommeil tomba sur Abram; et voici, une frayeur et une grande obscurité vinrent l’assaillir.

Et Hachem dit à Abram: « Sache que tes descendants seront étrangers dans un pays qui ne sera point à eux; ils y seront asservis, et on les opprimera pendant quatre cents ans. Mais je jugerai la nation à laquelle ils seront asservis, et ils sortiront ensuite avec de grandes richesses. Toi, tu iras en paix vers tes pères, tu seras enterré après une heureuse vieillesse. A la quatrième génération, ils reviendront ici; car l’iniquité des Amoréens n’est pas encore à son comble. »

Quand le soleil fut couché, il y eut une obscurité profonde; et voici, ce fut une fournaise fumante, et des flammes passèrent entre les animaux partagés.

En ce jour-là, Hachem fit alliance avec Abram, et dit: « Je donne ce pays à ta postérité, depuis le fleuve d’Égypte jusqu’au grand fleuve, au fleuve d’Euphrate, le pays des Kéniens, des Keniziens, des Kadmoniens, 20 des Héthiens, des Phéréziens, des Rephaïm, 21 des Amoréens, des Cananéens, des Guirgasiens et des Jébusiens. »

Plus tard, Hachem parla à Moïse et dit :

« Donne cet ordre aux enfants d’Israël, et dis-leur : Quand vous serez entrés dans le pays de Canaan, ce pays deviendra votre héritage, le pays de Canaan, dont voici les limites.

Le côté du midi commencera au désert de Tsin près d’Édom. Ainsi, votre limite méridionale partira de l’extrémité de la mer Salée, vers l’orient ; elle tournera au sud de la montée d’Akrabbim, passera par Tsin, et s’étendra jusqu’au midi de Kadès Barnéa ; elle continuera par Hatsar Addar, et passera vers Atsmon ; depuis Atsmon, elle tournera jusqu’au torrent d’Égypte, pour aboutir à la mer.

Votre limite occidentale sera la grande mer : ce sera votre limite à l’occident.

Voici quelle sera votre limite septentrionale : à partir de la grande mer, vous la tracerez jusqu’à la montagne de Hor ; depuis la montagne de Hor, vous la ferez passer par Hamath, et arriver à Tsedad, elle continuera par Ziphron, pour aboutir à Hatsar Énan : ce sera votre limite au septentrion.

Vous tracerez votre limite orientale de Hatsar Énan à Schepham ; elle descendra de Schepham vers Ribla, à l’orient d’Aïn ; elle descendra, et s’étendra le long de la mer de Kinnéreth, à l’orient ; elle descendra encore vers le Jourdain, pour aboutir à la mer Salée. Tel sera votre pays avec ses limites tout autour.  » Nombres 34.1-12 

En se basant sur ces textes, plusieurs experts ont défini les véritables frontières d’Israël (avec quelques légères différences)… mais quelle est la véritable traduction?

Ces douze versets méritent une explication sur le vocabulaire employé pour qu’ils soient compris de tous.

Mer de Sel : la mer morte

S’infléchira : la frontière quitte la ligne qu’elle suivait pour inclure une région

Vers le torrent d’Egypte : D’après Rachi, il s’agit du Nil. Selon d’autres sages, il ne peut s’agir du Nil proprement dit, car, si c’était réellement ce fleuve, la Thora qui qualifie ici ce cours d’eau de נחל, « torrent », le désignerait par היאור, « le fleuve », comme dans la Genèse et l’Exode. Pour Ibn Ezra, il s’agit d’un torrent qui se jette dans le Nil.

La Mer : la Mer Méditerranée

La Grande Mer et le territoire : Pour Rachi, cela nous apprend que les îles de la mer font aussi partie du pays

Comme vous pouvez vous en rendre compte, le tracé des frontières n’est pas très clair, ainsi les frontières d’Eretz israël diffèrent selon les commentateurs bibliques, surtout pour la frontière nord….

Certains diront que les frontières d’Israël sont les frontières du grand Israël qui vont jusqu’à l’Euphrate comme il est indiqué dans le Deutéronome chap. 1, V. 6 :

« Hachem, notre Dieu, nous a parlé à Horev, en disant : « Vous avez suffisamment séjourné près de cette montagne. Tournez-vous, mettez-vous en route et allez à la montagne de l’Armoréen et vers tous ses voisins, dans la Arava, dans la montagne et dans la plaine, dans le sud et au bord de la mer, la terre du Cananéen et le Liban, jusqu’au grand fleuve, le fleuve de l’Euphrate. Vois ! J’ai livré le Pays devant vous ! Venez et prenez possession de la Terre que Hachem a juré à vos pères, à Abraham, à Isaac et à Jacob, de leur donner à eux ainsi qu’à leur descendance après eux. » »

Selon le Rav Feinstein :

« Parmi les régions énumérées dans ce passage se trouvent les terres d’Amnon, de Moab, de Seir et certains territoires situés au nord, aussi loin que l’Euphrate.

Toutefois, aucune de ces terres ne se situe à l’intérieur des frontières définies dans le Livre des nombres (34, 1 à 12). Ces régions font parties des terres promises à Abraham (Genèse 15, 18 et 19). Elles auraient fait partie d’Eretz Israël, si les enfants d’Israël s’étaient immédiatement rendus dans le pays, comme Dieu leur avait ordonné.

Cependant, après la faute des explorateurs, cette partie du serment fait à Abraham leur a été retirée et c’est seulement à la venue du Messie que ces terres seront comprises dans le territoire d’Eretz Israël »

Selon le Rav S. R. Hirsch cité par le Rav Munk :

A une lecture attentive, on s’aperçoit que le Pays, selon ces indications est beaucoup plus grand que celui qu’ils ont reçu en réalité.

Ainsi, nous trouvons ici la totalité de la Transjordanie jusqu’aux rivages de l’Euphrate, alors qu’en réalité ce n’est qu’une partie de la Transjordanie qui a été annexée au Pays d’Israël.

Selon nos traditions, ce changement de dispositions aurait eu lieu après la faute des explorateurs, que Moïse ne mentionne qu’à la fin du deuxième chapitre du Deutéronome. »

Selon Rav Ron Chaya, Il y a 3 frontières différentes de la terre d’Israël :

Celle de la promesse qu’a faite Hachem à Avraham, un pays allant depuis le fleuve d’Egypte (l’identité de ce fleuve d’Egypte n’est pas claire, le targoum Yonathan dit qu’il s’agit du Nil, le Ibn Ezra dit qu’il ne s’agit pas du nil mais d’un fleuve appelé « chikhor », peut-être qu’il s’agit de la mer rouge, je l’ignore) jusqu’à l’Euphrate.

grand israel

Selon le rav Ron Chaya, la carte ci-dessus est exagérée car elle fait passer la frontière d’Israël beaucoup trop au sud.

Il dit : « Quoi qu’il en soit, il est clair que cette frontière n’a jamais existée, il s’agit d’une promesse qu’a faite Hachem à Avraham avinou qui se réalisera à l’époque messianique, mais pas avant. »

Selon lui, au niveau de la sainteté de la terre d’Israël, il y a deux frontières:

Celle des émigrants d’Egypte, et celle des émigrants de Babylonie lors de la reconstruction du deuxième Temple à l’aide d’Ezra environ 400 ans avant l’ère chrétienne.

Ce ne sont que les frontières de cette dernière émigration qui ont un statut de terre sainte.

Les territoires des frontières de la première émigration, celle d’Egypte, ont un statut de terre sainte mais dans une mesure beaucoup plus légère. Cela concernera principalement les lois relatives à l’agriculture telles que les teroumot ou-maasserot, cheviit, orla, révaï, etc., ainsi que l’obligation de faire 1 ou 2 jours de yom tov.

Les frontières de l’émigration de Babylonie sont sensiblement celles de l’état d’Israël actuel, à la différence qu’elles arrivaient au nord jusqu’au fleuve Litani, et s’arrêtaient au sud à environ 50 kilomètres au sud de Béér chéva.

A ce titre, Eilat est considéré comme hors d’Israël (néanmoins, certains décisionnaires considèrent qu’on pourra y faire un jour de yom tov, toutefois d’autres affirment qu’il est impératif d’y faire deux jours de yom tov).

Tout ça ne répond pas encore à la vraie question du Grand Israël.

Or pour les chrétiens messianiques, la réponse est simple : c’est la réunion de Juda et d’Ephaïm…

Comme Moshe Feiglin du parti ZEHOUT, je crois en la vérité d’un seul état… qui englobe tous ceux qui sont des vrais « enfants d’Israël », quelque soit leur religion…

moshe feiglin

« Si ce n’est ni la « paix » ni la « sécurité », ni la « démographie », ni le « nationalisme palestinien », ni la pression internationale et ni l’économie, dans quel but recherchons-nous un programme politique ? La réponse vraie et profonde est que nous demandons la reconnaissance de la légitimité de l’identité israélienne. »

« Nous aspirons à l’« israélité » au lieu de la judaïté. »

Dossier réalisé à partir de plusieurs sources

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