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Six cent soixante-treize ans de règne musulman se terminaient. Des images emblématiques montrent des Juifs accueillant le général comme s’il était une sorte de messie, et la Terre ne fut plus jamais la même… (article sur la prise de Jérusalem en 1917)

Jules Cambon, ministre français des Affaires étrangères au sioniste Nahum Sokolov. Ministère des Affaires étrangères, Cabinet du ministre, Paris, le 4 juin 1917:

Monsieur,

Vous avez bien voulu m’exposer le projet auquel vous consacrez vos efforts et qui a pour objet de développer la colonisation israélite en Palestine. Vous estimez que si les circonstances le permettent et l’indépendance des Lieux saints étant assumée d’autre part, ce serait faire oeuvre de justice et de réparation que d’aider à la reconnaissance, par la protection des puissances alliées, de la nationalité juive, sur cette terre dont le peuple d’Israël a été chassé il y a tant de siècles.

Le gouvernement français qui est entré dans la présente guerre pour défendre un peuple injustement attaqué et qui poursuit la lutte pour assurer le triomphe du droit sur la force, ne peut éprouver que de la sympathie pour votre cause dont le triomphe est lié à celui des alliés.

Je suis heureux de vous en donner ici l’assurance.
(signé) J. Cambon

Le secrétaire général du Quai d’Orsay est le premier diplomate européen à prendre officiellement position en faveur du projet sioniste.

La France souhaite que le mouvement sioniste, en revanche, pèse sur les Juifs de Russie pour que leur pays reste en guerre; elle veut également éviter que la Grande-Bretagne ne dispose après guerre de l’avantage pour s’être fait l’avocat des nationalités [2]

Lord Balfour, secrétaire au Foreign Office, le 2 novembre 1917 à Lord Rothschild (Déclaration Balfour)

Cher Lord Rothschild,

J’ai le grand plaisir de vous adresser, au nom du gouvernement de Sa Majesté, la déclaration de sympathie pour les aspirations juives qui ont été soumises au cabinet et approuvées par lui.

« Le gouvernement de Sa Majesté voit avec ferveur l’établissement en Palestine d’un Foyer National pour le peuple juif et fera tous les efforts possibles pour faciliter l’accomplissement de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte aux droits civiques et religieux des communautés non juives résidant en Palestine, ni aux droits et au statut politique des Juifs dans tout autre pays. »

Je vous serai reconnaissant de porter cette déclaration à la connaissance de la Fédération Sioniste.

(signé) Balfour

La déclaration s’accompagne donc déjà, pour ainsi dire, d’une clause de réserve. Et les Britanniques, de fait, hésitent.

Mais ils craignent d’être devancés par les Allemands et tablent sur une capacité des sionistes à mobiliser la Russie ainsi que l’Amérique [3]

La prise de Jérusalem (9 décembre 1917)
La prise de Jérusalem (9 décembre 1917)
Un plan topographique de Jérusalem en 1900
Un plan topographique de Jérusalem en 1900

On pourra remarquer le nom utilisé pour le Mont du Temple : Mont Moriah… L’appellation Esplanade des mosquées semble être une trouvaille récente…!

Notes

[1]
L’auteur, président du Center for Monitoring the Impact of Peace (New York-Jérusalem), a déjà publié ces deux documents in Yohanan Manor, Naissance du sionisme politique, Paris, Gallimard & Julliard, 1981.
[2]
Ibid., p. 205 et Henry Laurens, La question de la Palestine, I, 1799-1922, L’invention de la Terre sainte, Paris, Fayard, 1999, p. 348-349.
[3]
Ibid., p. 206-207. Lord Curzon, à la réunion du Cabinet de guerre qui examine la Déclaration le 31 octobre 1917 : un petit pays ; déjà habité par une ethnie de croyance différente ; dénué de capitale possible (Jérusalem exclue à cause des Lieux saints) ; exclusivement propre à certaines formes d’agriculture…

Texte de Yohanan Manor sur https://www.cairn.info

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