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Qui aujourd’hui a entendu parler des furies d’Hitler? Presque oubliées par l’histoire, ces femmes nazies doivent être prises très au sérieux et ne pas être considérées comme des anomalies.

«Ce n’était aucunement des sociopathes marginales», avertit Wendy Lower, auteure du livre Hitler’s Furies: German women in the nazi killing fields (Les furies d’Hitler: les femmes allemandes sur les champs de tuerie nazis) dans un article pour le Daily Beast.

Bien que les exemples documentés de mise à mort directe ne soient pas nombreux, comme leur pendant masculin, elles croyaient en la justesse de leur cause.

Tuer reflétait dans leur esprit l’expression même de la loyauté.

Dans son livre, Wendy Lower relate notamment un «épisode» survenu le 16 septembre 1942 dans la ville de Volodymyr-Volynskyï, à la frontière entre l’Ukraine et la Pologne.

Johanna Altvater, 22 ans à son arrivée en 1941, décide de participer elle aussi à la «Solution finale», pratiquée à «100%» dans ce camp.

ATTENTION, LE PASSAGE SUIVANT RELATE UN ACTE PARTICULIÈREMENT BARBARE

«Elle s’approcha de deux enfants juifs, l’un âgé de six ans et l’autre encore bambin qui vivait près du mur du ghetto. Elle les appela, fit un geste comme si elle allait leur donner une friandise.

Le bambin vint vers elle. Elle souleva l’enfant dans ses bras et le garda si serré que l’enfant cria et se dégagea. Altvater attrapa l’enfant par les pieds, le tint à l’envers, et écrasa sa tête contre le mur du ghetto comme si elle battait la poussière d’un petit tapis.

Elle jeta l’enfant sans vie aux pieds de son père, qui plus tard témoigna: “Je n’avais jamais vu un tel sadisme de la part d’une femme, je n’oublierai jamais cela.” Il n’y avait pas d’autres officiers allemands présents, se souvient le père. Altvatar avait tué l’enfant de son propre chef.»

Des histoires similaires, Wendy Lower en a tristement beaucoup à raconter.

Plus de 13 millions de femmes étaient engagées au sein du Parti nazi, rappelle le Daily Mail.

«Minimiser le comportement violent des femmes crée un faux bouclier», prévient Lower.

La professeure du département d’histoire de l’université de Towson (dans le Maryland) estime qu’au moins un demi-million de femmes ont vu et participé aux opérations et à la terreur de la Shoah.

Laszlo Perelstein
http://www.slate.fr/

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Envoyées dans les pays occupés par l Allemagne nazie, des femmes jeunes, endoctrinées et ambitieuses, se sont transformées en meurtrières. Cette enquête fait voler en éclats bien des idées reçues.

Non, les femmes allemandes n ont pas été les témoins passifs de meurtres de masse accomplis par les Einsatzgruppen, leurs maris, leurs fiancés, leurs amants ou leurs supérieurs. Elles leur ont prêté main forte. De 1941 à 1945, près d un demi-million d entre elles secrétaires, infirmières, maîtresses d école, dactylos, assistantes, auxiliaires se sont portées volontaires pour rejoindre les rangs des persécuteurs, des assassins, des bourreaux. Établissant des listes de Juifs à éliminer, apportant à boire et à manger aux soldats pendant les exécutions de masse, les encourageant, ou les réconfortant, voire en tirant elles aussi sur les Juifs affectés aux travaux forcés.

Plongée dans les archives, journaux intimes, correspondances pendant la guerre et compte-rendus d audience de procès tenus après-guerre, Wendy Lower nous brosse un tableau saisissant de ces femmes qu elle qualifie de véritables furies tant elles ont donné libre cours à leur haine, avec violence, en brutalisant des êtres humains qu elles pouvaient dominer, malmener, voire tuer. Un livre choc. (Cliquez l’image pour acheter ce livre.)

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