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Assurés de la stabilité de leur condition au lendemain de la Grande Guerre, les Israélites français se montrent particulièrement attentifs à celle des autres communautés du monde juif et cherchent notamment à mettre en regard les cas français et étrangers.

Le sentiment d’appartenir à une aire géographique et culturelle commune – le monde latin et méditerranéen – ainsi que les profondes affinités unissant les Juifs de part et d’autre des Alpes, orientent notamment leurs regards vers l’Italie.

Aussi, de l’avènement du régime fasciste, en 1922, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, les Juifs français scrutent-ils avec intérêt l’attitude italienne face à la « question juive ».

Cette attention ne se révèle cependant pas désintéressée et semble porteuse d’enjeux qui tiennent aux choix idéologiques et politiques de chacun. Les modérés et les conservateurs, admiratifs du « modèle » d’assimilation italien qui paraît se perpétuer jusque dans les années 1930, ne retiennent que les aspects positifs de l’attitude italienne, tandis que les plus progressistes et les antifascistes se contentent d’en pointer les zones d’ombre.

C’est que, jusqu’en 1938 et la mise en place d’un antisémitisme d’État, les fluctuations ambiguës du régime fasciste devant la question juive peuvent donner raison à l’un et l’autre camp.

Quelles sont toutefois véritablement la part de l’idéologie et celle de la sincérité dans les prises de position?

Éloignés du théâtre des événements, les Israélites français, qui ont parfois accès à des informations partielles ou partiales, n’ont-ils pas tendance à repousser toute forme de nuance, en cherchant absolument une cohérence dans la politique mussolinienne?

À travers le prisme italien, réapparaissent ainsi les déchirures qui agitent les Israélites français. En éclairant un aspect peu connu de l’attitude de la judaïcité française face aux fascismes, l’on pourra ainsi cerner plus avant les contours et clivages de l’« opinion juive » de l’époque, les prises de position relatives à des sujets internationaux qui ne mettent pas en jeu les intérêts directs de chacun laissant transparaître plus nettement les clivages idéologiques [1].

L’Italie, patrie du philosémitisme?

L’idée selon laquelle l’Italie compte parmi les nations les plus philosémites d’Europe constitue à l’époque un topos profondément ancré dans les esprits. Dès les années 1920 cependant, plusieurs incidents viennent entacher cette image. Cela suffit-il à freiner les bonnes dispositions initiales des Juifs de France?

Une vulgate alors largement diffusée soutient que l’antisémitisme est complètement étranger aux Italiens : doux, raffinés, ignorant toute cloison humaine, ceux-ci auraient toujours accepté l’Autre et, y compris pour les plus nationalistes d’entre eux, considéré les Juifs comme des compatriotes égaux. Si bien que le philosémitisme compte parmi les caractères essentiels de « psychologie collective » attribués aux Italiens, pour reprendre la terminologie en vogue à l’époque [2].

Autant dire que les Israélites français donnent à plein dans le mythe des « Italiani brava gente » [3], qu’ils peineront à remettre en cause jusqu’à la fin des années 1930.

Les manifestations d’antisémitisme dont l’Italie a été le théâtre à travers les âges sont tenues pour mineures, sporadiques et circonscrites à un bataillon restreint d’individus, observation qui ne résiste pas à une analyse minutieuse de l’histoire transalpine.

Il ne se trouve guère que Pierre Paraf pour rappeler que « le mot de ghetto est italien » [4].

L’on préfère louer la tradition italienne de tolérance et d’amitié à l’égard des Juifs, laquelle a hâté le processus d’intégration et d’assimilation de ces derniers.

Paradoxalement, alors que l’émancipation des Juifs français, en 1791, a précédé de soixante ans celle de leurs coreligionnaires italiens, qui remonte seulement à 1848, les premiers s’estiment en retard par rapport aux seconds sur le plan de l’intégration à la nation.

Hippolyte Prague, rédacteur en chef des Archives israélites, prend amèrement conscience de cet état de fait :

« C’est […] l’Italie, la première, qui confia des postes diplomatiques à des Juifs, tandis que dans la France républicaine et laïque, la carrière leur est encore fermée, en violation de la fameuse Déclaration des Droits de l’Homme qui est pourtant la charte de notre pays [5]»

Le comportement exemplaire de la judaïcité transalpine n’a fait, ajoute-t-on, que conforter les choix généreux des pères de l’émancipation : installés en Italie depuis des temps reculés, les Israélites ont constamment manifesté une fidélité et un patriotisme à toute épreuve ; leur fort investissement aux côtés des pères du Risorgimento a définitivement scellé leur place dans la nation [6] et inauguré l’ère de l’israélitisme transalpin [7].

De « Juifs italiens », ils sont devenus des « Italiens juifs ».

L’assimilation totale, loin de comporter un risque pour l’identité juive, semble au contraire renforcer celle-ci aux dires des Israélites français : appartenance à la nation et judéité coexistent harmonieusement. De cette manière, l’Italie apparaît, selon Aimé Pallière, grand connaisseur du judaïsme transalpin, comme l’un des plus vigoureux porte-flambeaux du mouvement de « réveil juif », qui gagne l’Europe [8].

Ce tableau idyllique dépeint par les Israélites français risque-t-il d’être terni à terme par l’arrivée du fascisme au pouvoir?

L’on peut en effet penser que l’antagonisme entre les valeurs d’Israël et celles prônées par le fascisme constitue un germe de défiance réciproque. Or, le régime des faisceaux paraît s’inscrire aux yeux de tous dans la tradition de l’Italie libérale concernant les Juifs et 1922 ne marque aucunement une rupture. Dès le mois de novembre, Hippolyte Prague note ainsi : « le mouvement fasciste qui vient de conquérir le pouvoir n’est pas, comme on l’avait prétendu, hostile à l’élément israélite [9]».

Intrinsèquement, le fascisme ne porte pas l’antisémitisme, note-t-on, et, au grand étonnement de certains, celui-ci se montre même d’une extrême bienveillance vis-à-vis des enfants d’Israël.

Aussi n’est-il pas étonnant que les Juifs transalpins adhérent en grand nombre au régime fasciste [10] ; le nombre d’Israélites inscrits au parti entre ses débuts et la fin des années 1930 atteint de fait le total de 10 125, soit environ 25 % de la population juive, estimée à plus de 45 000 âmes [11].

Étonnamment, les Juifs antifascistes sont passés sous silence. Est-ce le fait d’un choix délibéré? D’une erreur d’appréciation? Ceux-ci passent en fait d’après une importante partie de l’opinion juive pour nettement minoritaires, leur judéité apparaissant comme un facteur de second plan [12].

Que d’un avis unanime le fascisme italien ne se révèle pas antisémite par essence ne l’empêche pourtant pas de cultiver l’ambiguïté selon les moments ou les endroits, ce qui ne manque pas de semer le trouble dans l’esprit des Juifs français. Une question se pose alors à eux : faut-il voir là des écarts anodins ou l’annonce d’une dégradation à venir?

Ambiguïtés fascistes

C’est d’abord en observant la Tripolitaine, annexée à l’Italie depuis 1911, que l’on glane des éléments de réponse. Alors que les Italiens de cette colonie considèrent souvent les Juifs avec mépris, les déclarations fascistes officielles rejettent toute forme d’antisémitisme et se veulent rassurantes.

Mais de nombreux Juifs français se fondent en la circonstance sur les faits plutôt que sur les discours.

Préoccupé par la prégnance de l’antisémitisme local, un membre du comité de l’Alliance israélite universelle à Tripoli dresse une sombre description de la réalité : « Il est incontestable que les relations cordiales qui existaient entre la colonie italienne et la population juive depuis l’occupation de la Tripolitaine ont été gravement troublées après l’avènement du fascisme au pouvoir. […]/ Au fur et à mesure que le gouvernement de M. Mussolini s’implantait dans la métropole, les dirigeants fascistes de cette ville [Tripoli] se montraient de plus en plus arrogants. Dans son journal hebdomadaire Libia fascista, le parti fasciste menait campagne contre nos coreligionnaires [13] »

Les accrochages entre Juifs et Italiens de Libye atteignent leur paroxysme en août 1923, lorsque plusieurs jours de rixes se soldent par la mort d’un soldat fasciste.

Arrestations sommaires et procès expéditifs s’en suivent [14] ; les vexations deviennent quotidiennes [15]. Le calme finit par reprendre ses droits mais, de l’avis de tous, l’antisémitisme quotidien devient la règle [16].

Gagnés par la stupéfaction, les Israélites français n’en prônent pas moins la modération et cherchent des indices d’apaisement : les incidents demeurent localisés et l’attitude des Italiens de cette région, éloignés des centres de décision, ne semble pas traduire fidèlement la politique générale de Mussolini.

L’accueil chaleureux réservé au Duce par les Juifs de Tripoli en avril 1926 vient plus tard conforter cette interprétation et soulager les observateurs israélites [17].

Les tensions ne tardent cependant pas à réapparaître et gagnent cette fois la péninsule italienne elle-même : elles s’articulent autour du sionisme.

Une grande partie des Israélites français éprouve méfiance et parfois hostilité à l’égard du sionisme jugé contraire aux intérêts du judaïsme français [18], et fait preuve de la plus insigne prudence à son endroit.

L’on a tôt fait de pointer les manœuvres intéressées de Mussolini en direction des dirigeants sionistes : si d’aucuns n’y voient rien de plus qu’une manifestation supplémentaire de philosémitisme, d’autres accusent l’Italie de vouloir instrumentaliser les sionistes pour mettre la main sur la Palestine et asseoir son influence en Méditerranée [19], attitude caractéristique du pragmatisme des relations internationales, pense-t-on.

C’est au contraire un émoi sans précédent qui s’empare de l’opinion juive française lorsqu’une polémique éclate outremonts entre les Juifs italiens acquis au sionisme et le régime fasciste : l’on comprend massivement les appréhensions de ce dernier.

Après le congrès sioniste de Milan, en novembre 1928, la judaïcité italienne est invitée par le fascisme, au sein d’une vaste campagne orchestrée par Il Popolo di Roma et d’autres organes de presse [20], à adopter une position claire quant au risque de double allégeance voire, pis, d’allégeance étrangère.

D’une manière générale, les Israélites français sous-estiment – sincèrement ou volontairement? – le poids du sionisme dans la judaïcité italienne. Leur incompréhension s’en trouve d’autant plus forte : comment un groupe si réduit de Juifs sionistes peut-il remettre en cause l’intégration que leurs frères ont lentement construite depuis des siècles?

Aussi, l’indignation des Italiens apparaît-elle parfaitement légitime, des dires mêmes d’un lecteur de L’Univers israélite : « Et voici que tout à coup l’Italien entend parler “d’un peuple juif qui reprend vers Sion le chemin suivi par ses pères” ; voici qu’il lit un appel invitant les sionistes à régénérer leur conscience juive. […] Par conséquent, les Italiens se demandent si leurs concitoyens juifs représentent une religion ou une nation » [21]. Il n’y a là aucune trace d’antisémitisme, ajoute-t-on.

Craignant que cet incident ne remette en cause le « modèle » italien, les Israélites français se rassurent en notant la virulence des contre-attaques menées par leurs coreligionnaires italiens hostiles au sionisme. Au fil des semaines et des mois, la polémique prend fin, ce que l’on accueille en France avec soulagement [22].

Une brèche vient cependant de s’ouvrir qui inquiète l’opinion juive. Même si la certitude selon laquelle le sionisme représente un danger pour l’assimilation s’en trouve confortée, l’on commence à s’interroger quant à la face cachée du fascisme italien.

Certes, la question du sionisme doit être découplée de celle de l’antisémitisme, mais le discours transalpin a pris, aux yeux des Juifs français, une tonalité fort déplaisante qui obscurcit les perspectives d’avenir.

Cependant, à la suite de la réorganisation du judaïsme italien consécutive aux accords de Latran de 1929, les signes d’apaisement et d’amitié renforcée à l’égard d’Israël convainquent pendant quelques années les Israélites français que les incidents récents constituent une exception et non un exemple de la politique juive de Mussolini. Le philosémitisme semble plus que jamais reprendre ses droits. Mais pour combien de temps encore?

L’optimisme succède ainsi à la perplexité et la perplexité à l’optimisme selon les moments. L’immédiateté et la faiblesse des réactions négatives ne suffisent pas à remettre en cause la force des images stéréotypées favorables qui s’inscrivent au contraire dans la longue durée. Mais l’évolution belliqueuse du fascisme, l’avènement d’Hitler en Allemagne et, sur un plan différent, la mobilisation croissante des Juifs français antifascistes font ployer le consensus entre 1933 et 1936.

Mussolini ami d’Hitler ou d’Israël? Perceptions contrastées du Janus italien

Lequel des deux visages du Janus italien est-il le véritable? Celui qui sourit aux Juifs ou celui, menaçant, qui multiplie les gages d’amitié envers les sectateurs de l’antisémitisme? Ces interrogations plongent les Juifs dans la discorde.

Dans le domaine des représentations, les mots valent parfois plus que les actes.

La profession de foi proclamée en 1932 par Mussolini à l’historien juif allemand Emil Ludwig, selon laquelle « l’antisémitisme n’existe pas en Italie » [23], entraîne une vive satisfaction dans l’opinion juive de France [24].

Force est néanmoins pour celle-ci de constater que de nombreux éléments contredisent une telle déclaration. Les premières inquiétudes pointent au moment de la mise en place en Europe des premiers jalons d’une « Internationale fasciste », qui induit, à terme, un rapprochement avec les mouvements et régimes européens se réclamant du fascisme, qui s’adonnent souvent à un antisémitisme virulent.

En mars 1934, L’Univers israélite s’empresse ainsi de reproduire la déclaration d’Eugenio Coselschi, président de l’Istituto per l’universalità di Roma, faite à l’Agence télégraphique juive et selon laquelle les principes sous-tendant cette nouvelle organisation n’augurent en rien une dégradation des rapports entre judaïsme et fascisme [25].

Le congrès fasciste qui se tient à Montreux les 16 et 17 décembre 1934 confronte les intentions à la réalité : si l’Italie rejette l’antisémitisme, moyen pour elle de se démarquer de l’Allemagne, elle estime qu’il n’est pas de son ressort d’appeler à la fin des persécutions antijuives dans les pays fascistes ou fascisants qui en sont le théâtre [26], ce qui permet à chaque tendance de l’opinion juive de ne retenir que les aspects confortant ses propres présupposés.

Les plus modérés saluent principalement la résistance italienne aux idées antisémites [27] tandis que les antifascistes de la Ligue internationale contre l’antisémitisme (LICA), fondée en 1928 par Bernard Lecache, dénoncent par l’intermédiaire de leur organe, Le Droit de Vivre, l’hypocrisie fasciste [28].

Jusqu’où les Transalpins iront-ils pour mener leur entreprise à bien? Pour le savoir, l’on se penche sur les rapports entre le fascisme italien et son plus puissant épigone, le nazisme. Là encore, le consensus n’est pas la règle. Il se révèle aisé, selon beaucoup, de relever les indices témoignant des divergences entre Hitler et Mussolini. Ce dernier n’a-il pas ouvertement dénoncé l’antisémitisme hitlérien et assuré qu’il ne suivrait jamais une voie similaire [29]? N’a-t-il pas accueilli des Juifs allemands persécutés, même s’il ne s’agit que des plus fortunés [30]?

Pour les plus sceptiques, ce n’est là qu’une instrumentalisation supplémentaire d’Israël [31].

Selon l’intellectuel Daniel Halévy, la nature profonde du fascisme et du nazisme doit entraîner une convergence à plus ou moins long terme : « Il faut se souvenir que les partis nazis, fascistes, sont tous deux animés d’un violent esprit raciste [32]».

À quoi peut se greffer une alliance de circonstance ; si l’intérêt de l’Italie fasciste la porte vers l’Allemagne, celle-ci n’hésitera pas à faire volte-face, soutient un lecteur de L’Univers israélite qui s’inscrit en faux contre les positions par trop optimistes de ce journal : « Il ne viendra jamais à l’esprit du gouvernement italien de miner sa politique extérieure, qui est liée à celle de l’Allemagne, pour être agréable au judaïsme. L’Italie de Mussolini n’est pas “sur le point de rompre”, comme le voudraient certains journaux juifs, avec Hitler [33] »

Un élément paraît lever le voile sur la véritable attitude de l’Italie fasciste : les timides réactions des Israélites italiens face à l’antisémitisme allemand ne traduiraient-elles pas leurs craintes, dans un contexte de plus en plus menaçant?

De fait, une nouvelle campagne visant cette fois à assimiler systématiquement judaïsme et sionisme fait rage outremonts en 1934 [34].

Si bien que le faible investissement des Juifs transalpins pour combattre l’antisémitisme allemand pourrait s’expliquer, estime-t-on, par la volonté de contrer les assertions selon lesquelles il existerait une solidarité juive mondiale.

La restriction de la liberté d’action de la judaïcité italienne paraît un motif complémentaire. De fait, une lettre adressée à l’Alliance israélite universelle par le grand-rabbin de Rome Angelo Sacerdoti fait état de la « grande délicatesse de [sa] mission » [35].

Nul n’est dupe : les initiatives sont étouffées. Aussi la journaliste Madeleine Israël, qui obtient à Rome une entrevue avec le grand-rabbin Sacerdoti, lui lance-t-elle : « À tort ou à raison, certains avaient cru pouvoir penser qu’étant donné la situation politique de l’Italie, le judaïsme italien n’avait pas protesté (ou tout au moins avec suffisamment de vigueur) contre l’attitude antisémite du gouvernement allemand [36]».

Son interlocuteur a beau énumérer les actions diverses menées en Italie, sa gêne apparaît patente, selon la journaliste. Les Juifs italiens ne peuvent s’opposer frontalement à Hitler ; leur condition, malgré ce que laisse entendre la propagande déployée par Mussolini, se dégrade [37], même si, comparée au reste de l’Europe, elle demeure nettement privilégiée, aux yeux de l’opinion juive.

La période qui s’ouvre en 1933 témoigne ainsi des doutes, mais surtout des divisions, de l’opinion juive.

L’on ne s’oppose pas simplement sur les analyses des rapports entre fascisme et question juive, mais aussi sur l’attitude à adopter face à l’Italie fasciste. Alarmés par la situation, les Juifs les plus à gauche reprochent à leurs coreligionnaires modérés de demeurer passifs et bienveillants à l’égard de la sœur latine.
Quelle attitude adopter?

Les Juifs divisés

L’observation de Pierre Lazareff selon laquelle « les Juifs français étaient aussi divisés […] que tous les autres Français » [38] face à l’Allemagne pourrait parfaitement s’appliquer à l’Italie fasciste.

Juif, chacun n’en a pas moins des attaches idéologiques et politiques qui l’emportent sur les considérations directement relatives à la question juive.

L’incompréhension mutuelle règne : les plus modérés, qui demeurent somme toute indulgents vis-à-vis de l’Italie et, surtout, refusent de prendre politiquement position de peur d’attiser l’antisémitisme et d’accréditer la thèse assimilant judaïsme et bolchevisme [39], s’opposent aux antifascistes de gauche. Il paraît pourtant incohérent à ces derniers, qui s’expriment principalement par la voix de la LICA, que leurs coreligionnaires, pourtant hostiles à Hitler, mettent Mussolini à l’abri de toute critique acerbe ; il existe bel et bien « un seul fascisme, un seul ennemi » [40].

Quiconque ne combat pas fermement le fascisme le soutient. L’on ne trouve pas de mots assez durs pour les Israélites proches des mouvements et partis français se réclamant de Mussolini : « ces larves d’Israël qui se traînent dans les officines racistes méritent qu’on les écrase tranquillement », tranche le président de la ligue Bernard Lecache [41]. Que l’Italie protège les Juifs paraît éphémère : il existe une équation simple selon laquelle « fascisme = antisémitisme », pense la LICA [42] ; tôt ou tard, la réalité le prouvera.

Les modérés et conservateurs, proches des instances officielles du judaïsme, cherchent à contrer les arguments de leurs coreligionnaires. Ils en critiquent la forme : le judaïsme ne doit pas se politiser et l’on dénie à la LICA tout pouvoir représentatif [43].

 Sur le fond, il importe de distinguer fascisme et nazisme, notamment sur la question juive.

En 1936, David Knout, sous le pseudonyme d’Amarti, estime ainsi que le lien établi entre fascisme et antisémitisme ne constitue rien d’autre qu’un ressort de la propagande d’extrême gauche : « Avez-vous remarqué […] que nos maladroits marxistes attaquent le fascisme en faisant croire au monde que tous les fascistes sont antisémites ? N’en déplaise à ces messieurs, j’aime mieux vivre à Rome qu’à Moscou [44]»

Bien qu’elle se révèle en marge des débats centraux qui opposent les Juifs de France, la question des rapports entre le fascisme et Israël ne fait qu’accuser davantage les tensions et donne à voir l’ampleur des dissensions idéologiques entre Juifs français.

La guerre d’Espagne, l’émergence d’un racisme italien en Éthiopie, la formation de l’Axe Rome-Berlin et la radicalisation du régime fasciste font naître des craintes, partagées cette fois. Nul, pas même parmi les plus réalistes, ne prévoit pour autant une mise au ban totale des Juifs italiens. La réalité dépassa tout ce que l’on pouvait redouter et fit voler en éclat les dernières illusions [45].

La volte-face italienne ou la fin des illusions

Les Israélites français, dont beaucoup lisent l’actualité à travers une grille datant de l’époque préfasciste, tardent à prendre la mesure exacte du tournant antisémite du régime des faisceaux.

Quand, en 1936-1937, s’ouvre dans la presse italienne une violente campagne antisémite, les hésitations du temps se retrouvent dans les esprits.

Habituée depuis 1922 aux palinodies intempestives du Duce, l’opinion juive oscille entre inquiétude et espoir. Bien que chacun reste cramponné à ses préjugés, l’on conserve un certain recul face aux événements. Avec ironie, Samedi traduit cette attitude : « l’observation quotidienne de la politique italienne nous a appris qu’elle est sujette à des fluctuations qui restent souvent incompréhensibles au commun des mortels [46]».

L’on invoque ainsi plusieurs circonstances à l’origine de l’hostilité fasciste : le rapprochement avec l’Allemagne ou la lutte contre l’antifascisme juif.

Seuls les progressistes avancent des raisons plus subtiles ; selon Pierre Péral, l’antisémitisme vise à retarder les difficultés nées de l’effritement du consensus au lendemain de la guerre d’Éthiopie et à donner un nouvel élan à la fascisation du pays : « La consécration officielle de l’antisémitisme en Italie […] est une nécessité politique pour le régime transalpin. On peut déjà l’annoncer sans crainte de se tromper. […] Le Duce tente de rejeter sur une minorité les fautes d’un régime. C’est contre le Juif qu’il s’efforce de refaire l’Union sacrée des Italiens, qu’il n’a pas pu réaliser dans le fascisme [47]»

Opinion contredite par les modérés aux yeux desquels « l’Italie ne sera pas antisémite [48]». Pour l’heure, la Tripolitaine mise à part [49], la haine du Juif semble en effet, selon un grand nombre, se cantonner au stade verbal, ce qui ne constitue rien d’inédit et rassure les inquiets [50].

Hautement symbolique apparaît en revanche la publication en italien des Protocoles des Sages de Sion, pourtant toujours empêchée jusqu’alors par Mussolini [51] et qui vient gonfler le volume des pamphlets antisémites fleurissant alors outremonts.

L’on juge probable que cette frénésie éditoriale ne traduit rien d’autre que la volonté du régime de faire pénétrer l’antisémitisme au sein d’une opinion publique demeurée majoritairement philosémite. Les ennemis italiens d’Israël, tel Roberto Farinacci, cible de toutes les attaques des Juifs français, semblent ainsi prêcher dans le désert [52].

Une fois encore, prédit-on, la fièvre retombera rapidement et Mussolini courtisera de nouveau Israël.

À l’exception des progressistes donc, l’opinion juive, emmurée dans ses certitudes, se révèle peu lucide quant à la réalité de la situation transalpine et s’accroche à l’espoir. La promulgation de la législation antisémite outremonts réduit celui-ci à néant.

« Depuis dix ans nous avions raison, Mussolini avoue son racisme [53]», affirme la LICA au moment de la promulgation des lois antisémites de l’été 1938.

Si cela ne constitue aucunement une surprise pour les Israélites progressistes, le reste de l’opinion juive est en proie à un puissant choc [54].

En dépit de quelques variantes ponctuelles, les grands traits de l’analyse de cette législation se rejoignent [55]. Face à l’adversité, les tensions s’effacent.

La législation en question paraît des plus injustes, compte tenu du niveau d’assimilation de la judaïcité transalpine : « Inhumaines et lâches quand elles s’en prennent à la collectivité juive, les lois racistes deviennent révoltantes et infâmes quand elles s’appliquent à des hommes qui ont donné le meilleur de leur être à la patrie, qui n’ont vécu que pour elle », déplorent certains [56].

Compte tenu de la dette de l’Italie envers Israël, « les Juifs n’étaient-ils pas autorisés à croire qu’ils avaient bien et définitivement conquis l’italianité ? », demande-t-on tristement [57].

Une chose paraît sûre en effet : l’action des Juifs italiens n’explique en rien l’antisémitisme, Mussolini désire copier Hitler. Il est frappant de remarquer que même les Juifs les plus à gauche, qui ont décelé les raisons internes de l’antisémitisme d’État, concluent également à l’uniformisation des politiques fascistes. Prospero, de la LICA, parle ainsi d’un « antisémitisme “made in Germany” » [58].

Au sein d’analyses qui sonnent comme des circonstances atténuantes, les modérés et conservateurs estiment que Mussolini ne jouit d’aucune marge de manœuvre et n’a pas choisi lui-même d’officialiser l’antisémitisme. C’est l’opinion d’Alfred Berl : « Mussolini est plus ou moins prisonnier d’Hitler. S’il fait de l’antisémitisme, ce n’est pas par conviction, mais par procuration, et en cette conjoncture, l’Italie semble jouer le rôle de second, sinon de satellite de l’astre germanique » [59]. B. Messino, revenant sur cette législation, va même jusqu’à affirmer qu’« elle a été exigée par l’Allemagne » [60].

Rien n’y fait : pas même les dénégations de Mussolini ne parviennent pas à infléchir un tel jugement, en grande partie infondé [61]. Pour les uns, il permet de démontrer l’unité des fascismes, pour les autres, de minimiser la gravité des événements.

Faut-il rejeter en bloc le « modèle » d’assimilation italien?

Certes, pense-t-on, la fusion totale avec la nation ne semble pas pouvoir éviter définitivement une dégradation de la condition juive – et, en cela non plus, la France n’est pas épargnée [62]. Mais, clame-t-on, le fascisme n’est pas l’Italie, dont la population reste fidèle à sa tradition philosémite. Aussi, comme pour adoucir sa peine, faut-il se faire bruyamment l’écho des réactions italiennes à l’antisémitisme fasciste. Outre la réprobation d’intellectuels illustres [63], la résistance du peuple à la haine suscite l’intérêt : « on ne peut trouver la moindre trace de sentiment antisémite dans la population italienne », soutient-on à l’unanimité [64].

Il est donc toujours permis de croire en l’avenir et d’aimer l’Italie, « qui était pour beaucoup comme une seconde patrie européenne [65]». Le génie transalpin – latin – demeure intact et « bien des gens […] gardent au cœur (et ils ont raison), une grande tendresse pour l’Italie [66]».

L’Italie, sitôt le fascisme renversé, redeviendra, espère-t-on, le paradis d’Israël.

« Que cela me flatte ou m’humilie, mon sort est lié à celui de tous les autres juifs », écrit Albert Memmi [67]. À plus d’un titre, ce sentiment s’applique bien à l’opinion juive française : sitôt que les intérêts du judaïsme sont en jeu, la passion l’emporte sur tout autre sentiment, car l’on craint indirectement la dégradation de sa propre condition.

Quand ils regardent l’Italie, les Juifs français se montrent d’abord rassurés : l’assimilation tue l’antisémitisme.

Mais les vieux démons ne tardent pas à réapparaître et l’on peut mesurer que rien ne peut assurer à Israël un avenir définitivement radieux. Même si la question italienne est amplement instrumentalisée par les Israélites français, car elle impose en creux de cerner leur propre identité religieuse et politique, l’on s’accorde sur l’existence d’un inébranlable philosémitisme transalpin.

En France, l’image du « bon Italien », qui sera largement diffusée après la Seconde Guerre mondiale, pendant laquelle les autorités transalpines firent preuve de bienveillance envers les Juifs des régions françaises qu’ils administraient, prend ainsi toute sa force dès l’entre-deux-guerres.

De fait, le miroir italien reflétait tous les errements, aveuglements et incertitudes du judaïsme français de cette époque décisive, pendant laquelle celui-ci entama une lente marche vers la désillusion.

Notes

[1]
René Rémond, « Les Églises et la politique extérieure » in Opinion publique et politique extérieure, t. II : 1915-1940, Rome, École française de Rome, 1984, p. 316.
[2]
Ralph Schor, « Le nationalisme italien : la psychosociologie à la française au XXe siècle » in Enrico Decleva, Pierre Milza (a cura di), Italia e Francia. I nazionalismi a confronto, Milan, Franco Angeli, 1993, p. 227.
[3]
Cf. Angelo Del Boca, Italiani brava gente ? Un mito duro a morire, Vicenza, Neri Pozza, 2005.
[4]
Pierre Paraf, Israël 1931, Paris, Valois, 1931, p. 119.
[5]
Hippolyte Prague, Archives israélites (ci-après AI), 7 avril 1927.
[6]
Ibid.
[7]
Cf. Gadi Luzzatto Voghera, « L’isra-élitisme en Italie aux XIXe et XXe siècles » in Patrick Cabanel, Chantal Bordes-Benayoun (dir.), Un modèle d’intégration : juifs et israélites en France et en Europe, XIXe-XXe siècles, Paris, Berg International, 2004, pp. 197-207.
[8]
Aimé Pallière, L’Univers israélite (ci-après UI), 1er juin 1923. Concernant le « réveil juif », voir le dossier « Le “réveil juif” des années vingt », Archives Juives, revue d’histoire des Juifs de France, n° 39/1, 1er semestre 2006, pp. 4-109.
[9]
Hippolyte Prague, AI, 16 novembre 1922.
[10]
Voir la déclaration du grand-rabbin de Rome Angelo Sacerdoti soulignant l’enthousiasme des Israélites italiens face au fascisme, qui fut reproduite dans deux journaux : UI, 19 août 1927 ; AI, 1er septembre 1927.
[11]
Renzo De Felice, Storia degli ebrei italiani sotto il fascismo, Turin, Einaudi, 1993 [1961], p. 75.
[12]
Il fallut attendre 1932 pour que l’on fît clairement allusion aux Juifs antifascistes : UI, 8 janvier 1932.
[13]
Archives de l’Alliance israélite universelle (ci-après AIU), Libye I – C 26. Lettre de L. Loubaton, du comité de Tripoli, au Président de l’Alliance israélite universelle, 18 septembre 1923. Une version quasiment complète de ce texte a été publiée dans Paix et Droit, organe de l’Alliance, en septembre 1923.
[14]
Renzo De Felice, Ebrei in un paese arabo. Gli ebrei nella Libia contemporanea tra colonialismo, nazionalismo arabo e sionismo (1835-1970), Bologne, Il Mulino, 1978, p. 191 sqq.
[15]
AIU, Libye I – C 26. Lettre de L. Loubaton, du comité de Tripoli, au Président de l’Alliance israélite universelle, 22 octobre 1923.
[16]
UI, 12 octobre 1923.
[17]
UI, 14 mai 1926.
[18]
Catherine Nicault, La France et le sionisme, 1897-1948. Une rencontre manquée ?, Paris, Calmann-Lévy, 1992, pp. 146-148.
[19]
UI, 3 février 1928.
[20]
Michele Sarfatti, Gli ebrei nell’Italia fascista. Vicende, identità, persecuzione, Turin, Einaudi, 2007 [2000], pp. 82-84.
[21]
UI, 29 mars 1929.
[22]
AI, 10 novembre 1929.
[23]
Emil Ludwig, Entretiens avec Mussolini, Paris, Albin Michel, 1932, p. 85.
[24]
Cf. par exemple, Janine Auscher, UI, 20 octobre 1932.
[25]
UI, 16 mars 1934.
[26]
Max Gallo, Contribution à l’étude des méthodes et des résultats de la propagande et de l’information de l’Italie fasciste dans l’immédiat-avant-guerre, 1933-1939, thèse de 3e cycle sous la direction d’André Nouschi, Université de Nice, 1968, p. 92.
[27]
UI, 4 janvier 1935.
[28]
Jean Emsey, Le Droit de Vivre, janvier 1935. Voir. F. Gattegno, Le Journal Juif, 28 décembre 1934.
[29]
Paix et Droit, avril 1933. En 1933, même la LICA oppose fascisme et nazisme sur la question juive : René Assael, Le Droit de Vivre, septembre-octobre 1933.
[30]
UI, 13 décembre 1935. En juin 1935, 1 100 réfugiés allemands avaient gagné l’Italie, Renzo De Felice, Storia degli ebrei…, op. cit., p. 134.
[31]
À cette époque, comme la presse juive s’en fit d’ailleurs nettement l’écho, se renforcent significativement les liens entre l’Italie fasciste et les sionistes. Cf. Alberto Bianco, « Les sionistes révisionnistes et l’Italie : histoire d’une amitié très discrète (1932-1938) », Bulletin du Centre de recherche français de Jérusalem, n° 13, automne 2003, pp. 22-45.
[32]
Daniel Halévy, Courrier d’Europe, Paris, Grasset, 1933, p. 294.
[33]
B. Colombo, UI, 8 septembre 1933. Même opinion dans Jacques Rozner, Le Droit de Vivre, juillet-août 1933.
[34]
Aimé Pallière, UI, 27 avril 1934.
[35]
AIU, Italie VI – B 32, Lettre du grand-rabbin Angelo Sacerdoti à Jacques Bigart, secrétaire général de l’Alliance israélite universelle, 4 juin 1933. Voir aussi la lettre d’Angelo Sacerdoti au grand-rabbin de France Israël Lévy, 4 juin 1933.
[36]
Madeleine Israël, UI, 19 octobre 1934.
[37]
Opinion confirmée par Alessandra Minerbi, « Tra solidarietà e timori : gli ebrei italiani di fronte all’arrivo dei profughi ebrei dalla Germania nazista » in Alberto Burgio (a cura di), Nel nome della razza. Il razzismo nella storia d’Italie, 1870-1945, Bologne, Il Mulino, 1999, pp. 309-319.
[38]
Pierre Lazareff, De Munich à Vichy, New York, Brentano, 1944, p. 87.
[39]
Ralph Schor, L’Antisémitisme en France pendant les années trente. Prélude à Vichy, Bruxelles, Complexe, 1992, p. 211.
[40]
Bernard Lecache, Le Droit de Vivre, 24 octobre 1936.
[41]
Id., Le Droit de Vivre, 20 juin 1936.
[42]
Richard Millman, La Question juive entre les deux guerres. Ligues de droite et antisémitisme en France, Paris, Armand Colin, 1992, p. 202.
[43]
AIU, Comité de Vigilance, boîte 6, dossier 16. « Pour un Groupement National et Républicain des Israélites de France en vue d’enrayer les dangers d’un mouvement antisémitique », 1er juillet 1936.
[44]
Amarti, Samedi, 5 septembre 1936.
[45]
Le revirement global de l’opinion juive face à l’Italie apparut ainsi nettement plus tardif que celui de l’opinion française générale. Pierre Milza, L’Italie fasciste devant l’opinion française, 1920-1940, Paris, Armand Colin, 1967, pp. 148-149.
[46]
Samedi, 3 juillet 1937.
[47]
Pierre Péral, Le Droit de Vivre, 12 juin 1937. Sur cette interprétation, voir Marie-Anne Matard-Bonucci, L’Italie fasciste et la persécution des Juifs, Paris, Perrin, 2007, p. 139 sqq.
[48]
Samedi, 16 janvier 1937.
[49]
Cf. AIU, Libye I – C 26. Lettre du Comité de Tripoli au secrétaire de l’Alliance israélite universelle, 7 décembre 1936 ; Samedi, 2 janvier 1937 ; Bernard Lecache, Le Droit de Vivre, 6 février 1937.
[50]
Paix et Droit, mars 1937.
[51]
UI, novembre 1937.
[52]
Samedi, 22 mai 1937.
[53]
Le Droit de Vivre, 21 juillet 1938.
[54]
Voir par exemple les lettres adressées à Mussolini d’Israélites installés en France, comme Henry Bernstein ou Arthur Rubinstein. Archives du Centre de documentation juive contemporaine (CDJC), CDL XXIV-20, lettres respectivement datées des 5 et 9 septembre 1938.
[55]
Pour l’ensemble des réactions, Jérémy Guedj, Les Juifs de France et l’Italie fasciste, 1922-1939. Incertitudes, ambiguïtés, divisions, mémoire de master 2 sous la direction de Ralph Schor, Université de Nice, 2008, pp. 235-263.
[56]
Paix et Droit, mars 1939.
[57]
Alfred Berl, Paix et Droit, octobre 1938.
[58]
Prospero, Le Droit de Vivre, 19 février 1938.
[59]
Alfred Berl, Paix et Droit, octobre 1938.
[60]
B. Messino, UI, 26 mai 1939.
[61]
Marie-Anne Matard-Bonucci, « L’anti-sémitisme fasciste, un “transfert culturel” de l’Allemagne vers l’Italie ? », Relations internationales, n° 116, hiver 2003, pp. 483-494.
[62]
La Tribune juive, 9 septembre 1938.
[63]
Bernard Lecache, préface à Giuseppe Gaddi, Le Racisme en Italie, Paris, Le Droit de Vivre, 1939, p. 2 ; Sam Lévy in L’Antisémitisme, les Juifs d’Italie, Paris, Jouve, 1939, p. 29.
[64]
Geoffroy Fraser, Le Droit de Vivre, 14 mai 1938 ; Paix et Droit, janvier 1939.
[65]
Jules Braunschvig, UI, 14 octobre 1938.
[66]
Le Droit de Vivre, 17 septembre 1938.
[67]
Albert Memmi, Portrait d’un Juif, Paris, Gallimard, 1969, p. 136.

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