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Préface de Gérard Huber, écrivain, chercheur et psychanalyste, auteur de Moïse et le retour des Dieux (éditions Safed).

Ce livre n’est pas seulement une thèse scientifique, mais aussi une avancée considérable dans la connaissance de la pensée de l’unité divine qui a déterminé et détermine encore les projets et les valeurs de notre monde.

Son titre peut sembler polémique, mais, lorsqu’on prend conscience que le mot « Juif » renvoie au mot « Yahoud » et que le mot« Yahoud » est partout présent à l’époque pharaonique, on comprend que ce titre se contente de nommer une réalité que seul Champollion avait entrevue, mais qui paraît encore aujourd’hui inouïe.

Quant au mot « Pharaon » et à la réalité cosmique à laquelle il renvoie, ils sont entièrement repensés à partir d’une lecture méticuleuse de leurs rapports avec le dieu unique et son voyage eschatologique.

Cet ouvrage démontre, en effet, que, du point de vue même de la tradition ancestrale égyptienne, sortir d’Égypte et mourir sont une seule et même chose pour Pharaon.

Ainsi, à l’époque des premiers Ramsès, les effigies montrent-elles qu’après la première mort l’âme du roi traverse la mer des Roseaux, précédemment ouverte en deux par la volonté divine, et qu’elle doit faire face aux dix épreuves du désert, avant que de se régénérer. En conséquence, cette « sortie d’Égypte » qui est d’abord égyptienne avant que d’être dite « juive » nécessite une nouvelle grille de lecture des symboles des effigies des tombes royales et surtout du sarcophage.

Pour atteindre ce niveau de réalité, Roger Sabbah confronte les livres égyptiens et le texte biblique (la Torah)à l’aide d’une grille de lecture qui repose sur « l’évidence de rapports étroits entre lettres hébraïques et hiéroglyphes qui se manifestent dans leur phonétique, leurs formes, et souvent la valeur symbolique en liaison avec les nombres, les divinités et croyances égyptiennes ».

Selon Roger Sabbah, l’écriture hébraïque est une adaptation de l’écriture égyptienne ; elle est un alphabet « hébraïco-hiéroglyphique », et certaines lettres qui n’ont pas été transformées sont de véritables hiéroglyphes.

On mesure ainsi l’innovation introduite dans l’étude multidisciplinaire et comparative de ce passé de l’humanité qui nous est parvenu à travers des textes aussi distincts que Le Livre des Morts et la Torah et dont il ne s’agit nullement de vouloir prouver quelque origine unique, mais au contraire, les spécificités, par-delà une approche du divin et une thématique mythologique largement partagées.

Quelle est l’origine d’Israël? D’où vient le peuple juif? Pour répondre à ces questions, on ne disposait, jusqu’au XVIIe siècle, que de la Bible (versions hébraïque et araméenne), ainsi que des sources historiques de Manéthon et de Flavius Josèphe. On pouvait aussi se tourner vers les Évangiles, le Talmud et la Kabbale – pendant juif des Évangiles – et même le Coran.

En Occident, l’Église avait mis au point une sorte de « pacte » intellectuel et moral, entre le respect des origines sacrées d’Israël et la justification théologique du christianisme comme Verus Israël (le vrai Israël).

Or en 1670, dans son Traité des autorités théologiques et politiques, le philosophe juif Baruch Spinoza, faisant l’éloge de la raison, ouvrit une voie royale à la recherche scientifique, qui désormais disputait aux théologiens le monopole de l’interprétation de la Bible. La science bibliste était née. L’étape suivante fut le résultat de l’expédition d’Égypte de Bonaparte (1799). « L’Égypte éternelle » faisait son entrée dans le concert des textes explicatifs de l’antiquité du peuple d’Israël. Un véritable retour aux sources.

Par la suite, la découverte de Champollion (1822) donna accès aux grands textes hiéroglyphiques, Livre des Morts, Textes des pyramides, etc., éclairant la civilisation du Nil, que l’Écriture n’avait jamais prise en compte. Les origines d’Israël bénéficièrent d’un nouvel éclairage. Un peu plus tard, en 1857, après le décryptage des textes cunéiformes mésopotamiens, par Rawlinson, Hincks, Fox Tabot et Oppert, il devint impossible de comprendre la Bible sans se référer aux textes de l’Égypte et de la Mésopotamie.

Mais l’Église n’avait pas dit son dernier mot. Son « pacte de stabilité » résista aux assauts de la science. Ce fut tout à fait flagrant, lorsqu’en 1896, Sir Flinders Petrie mit au jour la « stèle du pharaon Mineptah », appelée aussi « stèle de la victoire » ou « stèle d’Israël ». Hâtivement, les égyptologues se mirent d’accord sur la traduction d’un texte apportant la preuve de l’existence du peuple d’Israël 1230 ans au moins avant l’ère chrétienne.

Selon eux, on y trouvait même la mention suivante : « Israël est détruit, sa semence même n’est plus. » L’Église ne pouvait qu’être satisfaite. Le nom « Israël » était associé à l’idée d’un anéantissement total. Le fantasme de tuer le juif originaire en soi était accompli.

Le lecteur découvrira, en effet, que la traduction « Israël » s’est faite hâtivement, sans tenir compte des voyelles Y (Yod) et des consonnes S et R, mais aussi des deux personnages qui sont les figuratifs de la population. De ce fait, le mot « Israël » doit, en fait, se lire« Ayssiryari », peuplade proche de l’ancienne Assyrie, et non « Israël ».

Au demeurant, dans la Bible, la lecture « Israël » ne représente pas une population mais le signifiant du « Fils de Dieu pour Pharaon », quand Yahvé se révèle à Moïse. En effet, le « pacte » reposait sur l’image traditionnelle d’un combat sans merci entre le polythéisme des oppresseurs égyptiens et le monothéisme des ancêtres du christianisme.

Or, depuis la découverte, en 1897, des lettres adressées au pharaon Akhénaton (1370 avant l’ère chrétienne), consignées dans des tablettes, à Tell-El Amarna, et surtout depuis leur publication, cette image avait implosé.

Le centre névralgique de l’égyptologie se déplaçait de Ramsès II à Akhénaton, c’est-à-dire d’un Pharaon réputé polythéiste à un pharaon antérieur qui apparaissait comme l’inventeur du monothéisme dans l’histoire. Il n’était plus possible de se contenter de l’opposition triviale antérieure. Aussi, et tout naturellement, en vint-on à rapprocher l’Israël antique de l’épopée amarnienne, mais sans pour autant œuvrer à la dissolution du pacte.

Il revint à Freud d’opérer cet acte de transgression.Son livre L’Homme Moïse et la religion monothéiste (1939) est une tentative inouïe de tirer toutes les conséquences d’une archéologie du disparu (Akhénaton, le monothéisme égyptien) encore balbutiante et de réaliser une synthèse d’Akhénaton et de Moïse, expliquant d’autant mieux le progrès représenté par le judaïsme que celui-ci apparaît comme issu, quoique transformé, d’un autre progrès – égyptien, celui-là – de la vie de l’esprit.

Et si, pour Freud, il ne faisait plus de doute que Moïse fût un Égyptien, cela signifiait aussi clairement que la querelle théologique entre Pharaon et Moïse (en laquelle il vit plutôt une complémentarité entre les deux héros) était une querelle entre deux monothéistes et non plus, comme on le croyait jusqu’alors, entre polythéistes et monothéistes.

On se souvient du drame qui a consisté, pour Sigmund Freud, à avoir tenu Moïse pour un Égyptien, et à avoir ainsi « enlevé au peuple juif l’homme qu’il honore comme le plus grand de ses fils».

Eh bien, c’est à un semblable et douloureux travail que Roger Sabbah nous invite, mais, cette fois, à propos de l’ancrage de ce peuple dans la narration de l’Égypte par l’égyptologie et l’exégèse biblique. Dès lors, s’il n’existe aucune mention d’un Moïse hébreu sur les murs des temples et des nécropoles, la mention d’un Israël sur la Stèle de Mineptah ne peut plus servir de consolation.

Nous sommes alors irrémédiablement conduits à nous demander si l’existence du peuple juif commence « seulement » à l’époque de la stèle de victoire érigée par Mesha, roi de Moab, vers 830-805 avant J.-C.,non sans remarquer, une nouvelle fois, que les mentions que l’on tient pour des preuves extra-bibliques de l’existence du peuple d’Israël dans la haute antiquité sont toujours porteuses de sa défaite (« Israël anéanti », pour l’une, dynastie des Omri, rois d’Israël, « vaincue », pour l’autre).

Or Roger Sabbah propose une autre voie. Il est vrai qu’il est nourri d’une connaissance profonde de l’hébreu, de la lecture traditionnelle du texte biblique et des commentaires midrashiques, haggadiques et kabbalistes qui lui indiquent clairement que l’historicité des ancêtres du peuple juif en Égypte est tenue pour une exigence par le judaïsme.

C’est pourquoi, il ne peut imaginer que ce même peuple qui a donné au monde la Torah, c’est-à-dire un ensemble de hauts préceptes pratiques et moraux, ait situé sa propre histoire originaire en Égypte par pure fantaisie.

Aussi s’efforce-t-il de chercher les traces de cette historicité dans l’histoire égyptienne même telle qu’elle est écrite et racontée par les hiéroglyphes. Cela lui est d’autant plus possible que, depuis plusieurs années, il plonge en apnée dans la lecture des textes égyptiens les plus anciens et dans les ouvrages d’égyptologie.

Le résultat est qu’il découvre non seulement un nombre infini de correspondances entre les-dits textes égyptiens et la Torah, dépassant de la sorte et de très loin le constat de certains égyptologues sur ce qu’ils avaient appelé des « coïncidences » ou des « communautés de pensée », entre l’Égypte et Israël, mais encore et surtout un principe totalement original de réécriture biblique des mythes et des événements historiques qui se sont déroulé sen Égypte et dont les scribes, les talmudistes et les kabbalistes semblent avoir eu, pour partie, connaissance. Cette découverte est l’objet de ce livre…

LES SOURCES ÉGYPTIENNES DU JUDAÏSME

L’Ancien Testament et la Kabbale révèlent que les Hébreux sont les « âmes » des anciens Égyptiens, et que la traversée de la mer Rouge est la métaphore du grand voyage vers l’au-delà, évoqué depuis des siècles dans les tombeaux des pharaons.

Affirmer que les pharaons de la vallée du Nil, dont le souvenir habite nos mémoires, furent les premiers juifs de l’histoire, les premiers rois d’Israël, les vraies figures historiques de la Torah, et par conséquent les inspirateurs des trois grandes religions monothéistes, constitue un véritable défi à la science et à l’humanité. Et une entreprise hasardeuse à l’aube du troisième millénaire, au règne de l’informatique, alors que les obscurantismes, les fondamentalismes et les guerres de religion refont surface, obscurcissant l’avenir de l’humanité au nom de Dieu.

Démontrer, preuves archéologiques et épigraphiques à l’appui, avec l’aide de la Kabbale et des découvertes récentes, que les symboles, les livres sacrés, les mythes fondateurs des juifs, des chrétiens et des musulmans sont directement issus de la civilisation des pharaons, peut inspirer de la méfiance.

Pourtant, le lecteur qui aura la patience d’aller jusqu’au terme de cet ouvrage en sortira convaincu et éclairé. Nous apporterons la preuve que la Torah, les Évangiles et le Coran sont l’héritage de l’ancienne Égypte. Que la Kabbale juive, réunion des commentaires et des « décodages » de l’Ancien Testament, transmis de siècle en siècle depuis les temps les plus reculés par les Rabbis, est directement inspirée par le savoir secret des anciens Égyptiens. Elle recèle et explique le mystère de cette filiation.

Les pharaons, qui ont fait la grandeur de la civilisation du Nil, étaient des juifs avant la lettre. On leur doit bien les fondements des religions occidentales.

D’ailleurs – même si l’idée est loin d’être acceptée par tous – les spécialistes, archéologues, égyptologues, etc., commencent à mettre en relief le lien entre l’Égypte ancienne et l’Ancien Testament. Par exemple, Christiane Desroches Noblecourt, dans son livre Le Fabuleux Héritage de l’Égypte, ou Alexandre Herrero Pardo du Musée égyptien de Barcelone.

En vérité, l’existence de cette filiation mystérieuse a été souvent évoquée dans le passé. Jean-François Champollion, en décryptant les hiéroglyphes, avait été frappé par les similitudes existant entre les écritures hébraïque et égyptienne, et signalé une relation intime, secrète, plusieurs fois millénaire entre le peuple de l’ancienne Égypte et celui de la Bible.

« La connaissance réelle de l’Égypte ancienne importe également aux études bibliques, et la critique sacrée doit en retirer de nombreux éclaircissements », écrit-il dans sa Grammaire égyptienne.

Sigmund Freud, père de la psychanalyse, a médité et écrit sur les origines égyptiennes de Moïse. Plus récemment, l’égyptologue Jan Assmann écrit que les anciens Égyptiens s’organisaient comme les Hébreux, avec leur Loi (leur Torah), fondée sur le respect des commandements divins : « Les quatre-vingts interdictions environ qui ont été codifiées dans Le Livre des Morts et qui constituent dans le Nouvel Empire le fondement – la Torah – d’une vie agréable à Dieu. »

Selon l’égyptologue John Adams Wilson, « l’Égypte s’affirmait élue entre toutes les nations».

On le voit, le thème du peuple élu de Dieu n’est pas nouveau. Le lien entre l’Égypte antique et le judaïsme a fait l’objet de bien des réflexions. Mais j’ai été frappé, je dirais même ébloui, par les confirmations que j’ai trouvées dans la Kabbale.

En effet, de manière indiscutable, la Kabbale affirme que YAHVÉ ÉLOHIM, le Dieu de l’Ancien Testament, est le Dieu de l’Égypte, celui qui permet la crue du Nil, amène l’abondance et la prospérité, ouvre la mer Rouge, ressuscite les morts, les Hébreux, tous un seul peuple, celui de Dieu, c’est-à-dire l’Humanité.

« Rabbi Eléazar commença à parler ainsi : “J e suis le Seigneur, ton Dieu du pays d’Égypte” […] l’Écriture ajoute “Et tu ne connaîtras d’autre dieu que moi”, “Je suis lemême et c’est moi qui ai tout fait”. »

Une étude approfondie de la Kabbale m’a permis de dégager beaucoup d’autres éléments qui fondent ma démonstration : c’est bien dans l’Égypte antique et millénaire que se trouvent les sources de nos trois grandes religions.

Les pharaons étaient bien les plus anciens juifs. Et les juifs d’aujourd’hui sont bien les descendants spirituels des pharaons.

Ce n’est un secret pour personne, la lecture et l’interprétation de la Kabbale ne sont pas simples et requièrent une approche particulière. Deux passages de la Kabbale constituent un avertissement adressé aux lecteurs de toutes religions, contre les dangers de la lecture littérale et de l’interprétation erronée de la Torah : « Maudit soit l’esprit de celui qui prétend que les récits de L’Écriture n’ont d’autres significations que leur sens littéral ! »

« À plus forte raison convient-il que l’interprétation de l’Écriture soit adaptée convenablement aux mots qui constituent les joyaux du Roi sacré ! Une interprétation n’est pas bonne non plus quand elle est spirituelle, ou quand elles’adapte bien au texte, MAIS QUAND ELLE EST CONFORME À LA VÉRITÉ, ainsi qu’il est écrit : “Car les voies du Seigneur sont droites et les Justes y marcheront.” »

Pour les anciens Égyptiens, le peuple de Pharaon incarne l’humanité entière, qui se régénère après les soixante-dix jours du deuil pharaonique.

Pour la Kabbale, les soixante-dix Hébreux ou fils de Jacob symbolisent les soixante-dix êtres célestes ou soixante-dix nations venues peupler l’Égypte à l’aube des temps.

D’après le kabbaliste Charles Mopsik, « soixante-dix est le nombre des enfants de Jacob entrés en Égypte, il est donc possible de voir dans cette correspondance numérique une représentation de l’équivalence de chaque Hébreu avec un des peuples du monde. Ainsi les Enfants d’Israël entrés en Égypte symbolisent la totalité de l’humanité ».

Les douze tribus d’Israël qui sortent d’Égypte forment les douze constellations du cosmos, mais aussi le corps de l’Homme universel, Adam. C’est à partir de ce système cosmogonique que s’articulent les très nombreuses métaphores de l’Ancien Testament.

Les personnages de la Bible participent, à chaque fois d’une manière différente, à une nouvelle sortie d’Égypte.

Adam et Ève sont chassés du jardin d’Éden, pou ravoir mangé le fruit défendu. La Kabbale, comme la Bible d’ailleurs, identifie le jardin d’Éden à l’Égypte. Abraham et Sarah sont eux aussi « sortis d’Égypte », chassés par Pharaon.

Dans le premier livre de l’Ancien Testament, la Genèse, Pharaon est pour la toute première fois victime de nombreuses plaies nocturnes (dix, selon la Kabbale…), pour avoir tenté de s’approprier Saraï, l’épouse d’Abram (futur Abraham). Ce dernier est contraint de sortir d’Égypte,avec son épouse et sa famille, sur l’ordre de Pharaon. À l’exemple des Hébreux, sortis eux aussi sur l’ordre de Pharaon, le roi d’Égypte octroie à Abraham de très nombreuses richesses. Or, la Kabbale affirme que Saraï, devenue Sarah (fille de Dieu), s’était révélée aux Égyptiens comme l’image resplendissante de la beauté du soleil (Sa-Râ = Fils de Râ en égyptien).

Plus loin, dans le récit biblique, Joseph vendu par ses frères parvient au plus haut sommet de la hiérarchie égyptienne en décryptant le rêve de Pharaon. Le souverain accueille les douze fils de Jacob, qui forment ainsi les douze tribus d’Israël (les Hébreux).

Un illustre rabbin de la Kabbale, Rabbi Siméon Bar Yokhaï, affirme que les « soixante-dix » fils de Jacob, formant les douze tribus d’Israël incarnent (outre l’humanité, les soixante-dix nations) la famille de Dieu. Mais l’explication du Rabbi va encore plus loin: C’est « Yahvé lui-même, avec ses quarante-deux juges », qui monte en Égypte. C’est capital, sachant que pour les anciens Égyptiens, Osiris est le soleil, et que pour la Kabbale, « le soleil, c’est Jacob »…

On sait aussi que le Tribunal céleste d’Osiris était lui aussi formé de quarante-deux juges assesseurs, formant avec Osiris le corps du Juge Suprême, le Corps de Dieu (bien entendu, toutes ces notions nouvelles seront développées dans les prochains chapitres)…

« En vérité, “Israël vint en Égypte”, il s’agit du Saint béni soit-il. »

La légende rapporte qu’Osiris fut le premier roi à régner sur l’Égypte avant de régner sur le monde des morts avec son tribunal céleste de quarante-deux juges.

Poursuivons. Pharaon fait don aux soixante-dix Anciens des plus grandes richesses du pays en leur octroyant la meilleure terre d’Égypte. Ce qui signifie que Pharaon fait offrande, non pas aux Hébreux, mais au Dieu de l’Égypte (Israël= Jacob = le soleil = Yahvé/Élohim) et à l’humanité entière (soixante-dix Anciens = soixante-dix nations = humanité), au nom d’Amon-Râ, Aton, Atoum, Osiris, etc., de la terre d’Égypte.

Ce qui signifie également que Pharaon reconnaît que la terre appartient à Dieu. Les rois d’Égypte bénissaient les meilleurs produits de la terre à toutes les époques. Parmi les nombreux Textes des Sarcophages, une inscription rapporte les paroles du dieu de l’Égypte, qui rappellent les paroles de Yahvé, possesseur de la terre : « À Moi appartient le ciel (et) la terre ! À moi appartiennent Ceux qui s’y trouvent ! À Moi appartient le pays du dieu »…

Comme les fils de Jacob, le souverain d’Égypte incarnait Osiris avec son tribunal de quarante-deux juges ; il incarnait également les soixante-dix lumières de la création. Pharaon et Osiris sont symboles d’abondance, de générosité et de fécondité. À cet exemple, il est dit que les Hébreux se multiplièrent considérablement. En récompense, le roi d’Égypte reçoit la suprême bénédiction de Jacob, père de Joseph et petit-fils d’Abraham. La bénédiction fait monter les eaux du Nil. Béni par Jacob, Pharaon adopte par conséquent le dieu Jacob, Israël = Yahvé/Élohim comme dieu de l’Égypte, qui amène l’inondation annuelle.

Pharaon adopte le principe même de la bénédiction de Jacob, le Père des soixante-dix Anciens, le Père des quarante-deux juges, le Père des douze tribus d’Israël, le soleil, Yahvé/Élohim lui-même !…

Selon le Midrash (ensemble des commentaires rabbiniques de l’Ancien Testament transmis de génération en génération), les Égyptiens sortis d’Égypte avec les Hébreux sont appelés les « convertis » car ils ont reconnu Yahvé.

Le pharaon de l’Exode, qui connaissait Élohim, a fini par reconnaître Yahvé ; il a demandé la bénédiction à Moïse et s’est converti au judaïsme.

Si nous faisons le point, Pharaon est « devenu juif » car il reconnaît que Yahvé (qui se lit Yahouh) est le dieu de l’Égypte…

Or, Yahou, Yah,Hou, sont les noms du dieu de l’Égypte, selon l’archéologie…, et les noms de Yahvé selon la Kabbale… Pharaon est juif car il reconnaît le dieu de l’Égypte !

La Kabbale affirme que les Égyptiens sortis d’Égypte seraient devenus juifs par la pratique de la circoncision…ce qui veut dire qu’un Hébreu ou un Yahoud « est un Égyptien circoncis ».

L’archéologie prouve que le rituel de la circoncision avait été adopté par les pharaons et leurs prêtres, depuis les temps les plus reculés de leur histoire, pour concrétiser leur alliance avec Osiris ou avec Rê, qui s’était circoncis lui-même, tout comme Abraham !…

Depuis fort longtemps, en effet, les Yahouds et les anciens Égyptiens ne formaient qu’une seule et unique entité,cimentée par le sceau de la circoncision, l’Alliance avec Dieu.

Et pour cause : Yahvé-Élohim, le dieu de la Bible, n’est autre que le dieu unique venu des eaux célestes, que les anciens Égyptiens avaient adopté sous divers noms, Yahou, Yah, Hou, Hé, Amon’, Aton’, Atoum, etc., depuis les premières dynasties pharaoniques, comme en attestera la Kabbale : cette dernière a en effet conservé les noms des dieux égyptiens, qui sont les noms de Yahvé…

Allons plus loin : la Kabbale identifie Yahvé-Élohim comme le dieu de l’Égypte. Un texte très clair affirme qu’à l’origine des temps le serpent primordial de l’Égypte illuminait Israël. Un autre précise qu’en présence des Enfants d’Israël l’Égypte « s’éleva au-dessus des autres peuples de la terre».

L’ancienne Égypte ne pouvait donc survivre sans la présence du symbole Israël, le fils de Dieu, le fils de Yahou, le fils de Râ.

Nous allons le voir, le terme YAHOU-DAÉ (Juif) dans la Torah araméenne (le Targoum), fait directement référence au fils du serpent primordial de l’Égypte, métaphore de la lumière naissante à l’aube de l’univers, apparue au premier jour sur les rives du Nil…

LA MER ROUGE ENTRE MORTS ET VIVANTS

Cet ouvrage démontre, contre toutes les idées reçues depuis plus de deux millénaires, que la personne maudite, diabolisée, du roi d’Égypte prend sa place, tout au contraire, aux antipodes de ce qui a été enseigné dans la tradition religieuse judéo-chrétienne.

Bien que la sortie d’Égypte ait été en général considérée par l’égyptologie comme un événement non historique, sans envergure en regard de la civilisation pharaonique, les pages qui suivent révèlent que l’Ancien Testament et la Kabbale renferment un code de lecture de la mythologie et de la cosmogonie de l’ancienne Égypte.

Ce code de la Kabbale révèle que les Hébreux ou Enfants d’Israël de l’Ancien Testament ne sont autres que les âmes des anciens Égyptiens « sortis d’Égypte », confondus avec les étoiles, telles qu’elles sont décrites dans Le Livre des Morts, les Textes des Sarcophages, les autres livres sacrés et les tombes royales des pharaons.

« Ce sont les Enfants d’Israël qui sont Néphesh [les âmes]. » Les âmes sorties d’Égypte, Mitsraïm !

Cela signifie, selon la Kabbale, que l’âme de l’humanité, l’âme universelle sort de Mitsraïm, le corps symbolique du chef céleste des anciens Égyptiens, Pharaon, sous la forme d’un oiseau à tête humaine, selon le livre d’Hénoch : « “Mitsraïm” désigne le chef céleste chargé de gouverner le peuple égyptien. »

Plus généralement, dans la Kabbale, Mitsraïm désigne les impurs, les « Égyptiens du monde d’en bas », les idolâtres, adorateurs d’Élohim (dieu de l’obscurité, du tohu-bohu), poursuivant les Hébreux, les Justes, « Égyptiens du monde d’en haut », convertis à Yahvé (dieu de lumière) :« Mais la vérité est que Mitsraïm désigne les Égyptiens d’ici-bas, qui disaient “fuyons les Israélites !” parce qu’ils avaient vu que la force de leur chef céleste était brisée. »

Le monde d’en bas fuit le monde d’en haut, et inversement. Les chefs célestes des Égyptiens et des Hébreux se poursuivent, mais dans la réalité historique, ils ne forment qu’un seul dieu, en combat avec lui-même : le serpent céleste de l’Égypte, le cosmos du jour et de la nuit.

Si le peuple des Hébreux a été désespérément introuvable en Égypte, si l’endroit où il a traversé la mer Rouge n’a pas été localisé à ce jour, c’est parce qu’il s’agit des âmes des anciens Égyptiens qui traversent le désert des morts et le vaste océan céleste, le Noun.

Le passage de la mer Rouge (qui se traduit aussi par la mer des Roseaux) n’est pas démontré en tant que fait historique, comme une sortie d’Égypte géographique vers Canaan, à une période donnée. La sortie d’Égypte constitue le fondement symbolique de la religion égyptienne.

Pour la Kabbale, les Hébreux et les Égyptiens circoncis effectuent un franchissement vertical de la mer Rouge : c’est le passage des âmes du monde des vivants vers le monde des morts, et non plus une sortie physique, horizontale, dans l’histoire des pharaons, comme l’a longtemps suggéré le sens littéral du récit biblique.

C’est ainsi que, depuis plus de deux mille ans, l’humanité vit dans l’erreur : la sortie d’Égypte vers le pays de Canaan et le passage de la mer Rouge, la mort de Pharaon, sont interprétés comme des événements inscrits dans un temps et dans l’histoire. Alors qu’il s’agit de phénomènes célestes, eschatologiques, intemporels : le passage de sâmes de l’humanité dans l’autre monde, « l’En-Haut ».

« …tout dépend de l’En-Haut. Voilà pourquoi c’est si difficile pour Lui [Dieu] de fendre la mer Rouge, car la fission de la mer, visant à ouvrir des sentiers, a lieu En-Haut… »

le pharaon juif

Roger Sabbah
17, rue Jacob 75006 Paris
Directeur d’ouvrage Gilles Lambert

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