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Guillaume d’Auvergne, scolastique français, Évêque de Paris de 1228 à 1249, fut l’un des initiateurs de la scolastique chrétienne au XIIIe siècle.

Guillaume était aumônier de la reine Blanche, mère du roi Louis, et à l’époque du sectarisme, il excellait dans le sectarisme excessif.

Il fut théologien, conseiller et confesseur de Saint Louis, Evêque de Paris, il a participé en 1241 à Paris au procès du Talmud.

En 1240, Guillaume d’Auvergne, assiste à une forme d’audience, de procès, de dispute ou d’inquisition entre chrétiens et juifs pour déterminer si les juifs parisiens doivent ou non faire détruire leurs exemplaires du Talmud. Le Talmud a été condamné.

Quelque deux ans plus tard, la grande quantité – probablement vingt-quatre cartouches – de livres juifs confisqués en 1240 et enfermés depuis lors dans le couvent des Dominicains fut brûlée publiquement. L’enfermement des livres dans les flammes rappelle l’incendie des hérétiques et est l’une des circonstances de l’ensemble de l’événement qui a conduit certains commentateurs à considérer le procès comme une forme d’Inquisition.

Guillaume d’Auvergne, fasciné par les sages d’Israël

Or, Guillaume d’Auvergne (1190 – 1249), dans ses écrits, affichait une connaissance approfondie de la littérature hébraïque, et, bien qu’il n’ait jamais cité le nom de Maïmonide, il a souvent été influencé par le « Moreh Nebukim ».

Ainsi, le philosophe hébreu anonyme cité par Guillaume d’Auvergne sur la supériorité de la matière des corps célestes n’est autre que Maimonide, ou plus précisément Abou-‘Amram Moussa Ben-Maïmon’ Abid-Allah (ou Ibn ‘Abid Allah) dit le Rambam.

Maïmonide, astronome, médecin, chef de Communauté, décisionnaire, conciliateur, grammairien et philosophe, justifie une vision du monde, où la foi s’impose par la raison à la communauté vertueuse.

Dépendance à Maïmonide et Gabirol

Le travail de Maïmonide était fréquemment utilisé par Guillaume, notamment dans la première partie de son « De Legibus ». Il suit les théories de Maïmonide sur le symbolisme du culte du sacrifice et la motivation rationnelle des commandements bibliques.

Commençant par Deut. iv. 6, Guillaume, comme Maïmonide, conclut que, outre leur sens exotérique, les préceptes ont une signification ésotérique.

Les nombreux commandements étaient destinés à détourner les Israélites de certaines idées et coutumes en vogue parmi les nations idolâtres, en particulier des enseignements des Sabéens.

Guillaume combat le point de vue de Maïmonide selon lequel le sacrifice ne devait être considéré que comme une concession aux idées de l’Antiquité, mais il accepte ce point de vue en ce qui concerne certaines prescriptions concernant les sacrifices.

Le philosophe juif que Guillaume a le plus vénéré est Salomon ibn Gabirol, dont il a souvent cité « Fons Vitæ » sous le titre « Fons Sapientiæ ».

Salomon Ibn Gabirol, qui était connu de Guillaume sous le nom « Avicebron », aurait, selon lui, été un chrétien ayant vécu dans un pays islamique…

Le nom d’Avicebron a été conservé par les philosophes du Moyen âge qui, depuis Guillaume d’Auvergne jusqu’à Duns Scot, ne cessent de le citer comme l’auteur d’un livre qui les intéresse au plus haut point. Les uns l’invoquent comme un guide éclairé, les autres le maudissent comme un impie, mais tous s’accordent à ignorer s’il est juif, chrétien, ou musulman…

Guillaume était très impressionné par la théorie de la volonté de Gabirol, qu’il considérait comme le « Logos » chrétien.

Ainsi, bien qu’il ait combattu la théorie de l’émanation d’Avicenne au motif que Dieu ne serait pas la cause immédiate de tous les êtres créés, il ne s’est pas opposé à celle de Gabirol qui aboutit au même résultat.

Même lorsqu’il juge nécessaire de combattre les idées de Gabirol, il le fait sans mentionner son nom.

Par exemple, quand il objecte à la théorie qu’il n’y a pas de substances immatérielles, ou que même les substances intellectuelles sont constituées de matière et de forme.

L’attitude de Guillaume d’Auvergne envers les Juifs était loin d’être bienveillante.

Durant son évêché et sous son influence personnelle, le Talmud fut brûlé à Paris. Il n’a pas épargné les Juifs dans ses écrits. Pour lui, l’omission dans la Bible de certains dogmes très importants, tels que la création d’anges, l’immortalité de l’âme, etc., était due à l’étroitesse de la perception intellectuelle des Juifs et à leur dépravation morale.

Guillaume distingue trois périodes dans le développement intellectuel des juifs:

  • (1) la période biblique, lorsque la nation juive se contente de la Bible;
  • (2) le Talmudique et le Midrashique, qu’il appelle « la période des fables »;
  • et (3) la période des philosophes.

La ligue des autorités civile et religieuse, la conjuration du Pape, du clergé et du roi de France, ce coup monté contre un peuple désarmé, auquel on enlève ses livres saints, après lui avoir ôté son indépendance, et le rôle joué par l’Evêque de Paris malgré son intime connaissance de la pensée hébraïque, prouvent encore une fois que la jalousie est le plus souvent à l’origine de la haine antisémite.


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