Grâce aux écrits de Yizhar Hirschfeld. Qumrân est resitué dans le contexte stratégique et économique de l’antiquité. À la croisée des routes menant de Jérusalem ou de Jéricho à Engaddi, vers le sud sur les bords de la mer Morte.

Sous les Hasmonéens, c’était une place fortifiée dont il reste la tour ; sous Hérode, le centre d’un domaine agricole appartenant à de riches et pieux citadins. Il y avait une annexe proche, l’oasis de Aïn Feshkha.

À cette époque, les environs de la mer Morte étaient fertiles.

On cultivait le palmier-datier pour les fruits et le bois, le baumier pour les produits de luxe. La mer Morte était exploitée pour ses ressources de goudrons et de sel.

Qumrân n’avait rien d’une communauté retirée d’ascètes ou de moines.


On y trouve des infrastructures et des équipements de type industriel destinés au stockage et au traitement des produits récoltés : magasins, fours, bassins de trempage des denrées et des objets (et non de purification rituelle des personnes). D’où les liens avec l’économie régionale.

Les jarres circulaires dans lesquelles étaient placés des manuscrits furent retrouvées dans le site. Leur finalité première était la conservation des denrées alimentaires. On les utilisa pour abriter des rouleaux dans un second temps seulement, d’une façon opportuniste (contre les démonstrations de Jodi Magness et d’autres, fervents tenants d’exclusives « jarres à manuscrits »).



Quant aux rouleaux, ils auraient été apportés de Jérusalem ou de Jéricho dans le but d’être mis en lieu sûr avant l’arrivée des troupes romaines en 68.

Pour cette thèse dont Y. Hirschfeld est le chantre, qu’en est-il des Esséniens, si bien attestés par les auteurs antiques?

Il ne pouvait y en avoir à Qumrân.

Pline est le seul qui atteste leur implantation aux abords de la mer Morte. Josèphe les mentionne à Jérusalem dans un quartier réservé.

Ils vivent au-dessus d’Engaddi comme l’affirme Pline, suffisamment à distance des eaux malsaines pour en éviter les nuisances. Or, à proximité de cette oasis, prospère en ces temps comme toute la bordure de la mer Morte, les archéologues ont retrouvé quelque vingt-huit cellules individuelles, chacune dotée d’une entrée séparée. Ce seraient les cellules des Esséniens connus de Pline ou de ses informateurs.

En allant d’Engaddi vers le nord, en suivant le littoral à distance de la mer, on peut identifier seize autres sites de la période romaine, avec eux-mêmes des groupes de cellules. À raison de six en moyenne par lieu, ces dernières ressemblent fort à celles des environs d’Engaddi.

Ces moines esséniens auraient assuré leur subsistance en travaillant dans les domaines agricoles voisins. Ils étaient totalement étrangers à l’établissement de Qumrân, trop bien construit et équipé pour leur genre de vie.

Ce sont de vrais ascètes dont les auteurs antiques décrivent à leur façon les mœurs rigoureuses.

Ils n’ont rien à voir non plus avec les manuscrits retrouvés plus au nord, dans les grottes des environs plus ou moins proches du site de Qumrân.


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