A la lecture de certains fragments des manuscrits de la mer Morte, trouvés à Qumrân, et récemment publiés, Israel Knohl parvient à démontrer l’existence de celui qui peut être considéré comme le précurseur messianique de Jésus.

Menahem l’Essénien a vraiment existé…

Menahem l’Essénien (en hébreu : מנחם, Menahem) était un juif Tanna (sage) vivant à l’époque du roi Hérode le Grand (37 – 4 av. J.-C.). En tant que zougot (litt « paires »), il est «jumelé» avec Hillel l’Ancien. Lorsque Menahem est « sorti » c’est Shammaï qui lui a succédé.

La Mishna qui est le plus ancien recueil de la littérature talmudique énumère cinq couples de guides religieux qui se succèdent, Hillel l’Ancien et Menahem sont les deux leaders actifs à l’époque d’Hérode.

Selon Flavius Josèphe, il aurait été en bon terme avec le roi de Judée, Hérode le Grand.

En se fondant sur certaines mentions de la Mishna, plusieurs critiques estiment qu’il est devenu un de ses conseils ou de ses ministres. C’est peut-être à cette occasion qu’il est sorti du sanhédrin, mais il semble que certaines autorités pharisiennes ont considéré qu’il était « sorti » du judaïsme, voire qu’il avait été excommunié avec ses disciples, bien que tous les « sages » n’aient pas été d’accord à ce sujet.


Menahem l’Essénien, appelé le Messie de Qumran

Israël Knohl traduit par « armure » le mot rare « tirki » que l’on trouve dans le passage du Talmud de Jérusalem qui décrit Menahem et ses « 80 couples de condisciples » comme étant « couverts de tirki d’or. »


Pour lui, la scène de l’excommunication décrite se situe après la mort d’Hérode le Grand (4 av. J.-C.) où trois « messies » royaux ont surgit pour revendiquer la succession royale et tenter de prendre le pouvoir avec leurs partisans, dont Judas le Galiléen.

Menahem aurait fait la même chose qu’eux et c’est pour cela que 160 de ses disciples portaient des vestes cuirassées étincelantes (dorées) lorsqu’ils ont été excommuniés par les sages pharisiens qui ont refusé de le reconnaître comme Messie.

Lors de la scène décrite « Menahem était à la tête d’un groupe militaire aux ambitions révolutionnaires. »

Pour Knohl, le personnage messianique qui est exalté dans certains hymnes retrouvés à Qumrân est Menahem. C’est clairement un haut personnage essénien et Knohl retient comme datation de ces hymnes la période hérodienne.

Dans certains des hymnes trouvés en 1947 parmi les manuscrits de la Mer Morte et publiés récemment, Menahem se décrit lui-même comme siégeant sur un trône céleste entouré d’anges. Il se voyait lui-même comme le “ serviteur souffrant ” d’Isaïe 53 qui fait advenir une nouvelle ère, l’âge de la rédemption et du pardon dans lequel le péché et la culpabilité n’ont plus de place.

Ces idées audacieuses conduisirent à son rejet  par les pharisiens.

Menahem l’Essénien fut, en fin de compte, tué à Jérusalem par les Romains en l’an 4 avant J.-C. c’est à dire avant la naissance présumée de Jésus. Son corps fut laissé dans la rue pendant trois jours, afin que tous le voient, avant d’être enterré. Ses disciples crurent qu’il était ressuscité après trois jours et était monté au ciel dans une nuée.

L’humiliation, le rejet et le meurtre du Messie provoquèrent une remise en cause de la foi chez ses adeptes. Afin de trouver une solution à cette crise, ils repérèrent les passages de la Bible qui pouvaient être entendus comme des prophéties de l’humiliation et de la mort de Menahem.


Ainsi, pour la première fois dans l’histoire du judaïsme, la conception d’un messianisme “ catastrophique ” vit le jour, qui considérait l’humiliation, le rejet et la mort du Messie comme inséparable du processus de rédemption.

Menahem constitue selon Knohl le chaînon manquant qui nous permet de comprendre comment le christianisme est issu du judaïsme.

Knohl démontre aussi que l’évangile de Jean conserve une tradition, le concept mystérieux de Paraclet, qui reflète un lien de continuité entre Menahem et Jésus.

Le mot paraclet était employé dans d’anciennes traductions de la Bible pour rendre le terme hébreu Menahem (le consolateur).

De même que tous les empereurs qui ont succédé à César ont été appelés César, de même le nom de Menahem, le premier des messies juifs, en est venu à représenter le Messie en tant que tel.

Les manuscrits de la mer morte parlent de lui.. Et son histoire a été reprise par Rome, afin de créer la légende qui va révolutionner le monde païen.

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Découverte du probable chaînon manquant entre judaïsme et christianisme

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